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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

290858_DAV136-WEF_dbcf1b7f---1501_0_124579920-copie-1.jpgL’arrivée mercredi à Ndjaména, sur invitation officielle d’Idriss Deby, du dirigeant soudanais Oumar Hassane El-béchir, sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis par la Cour Pénale Internationale (CPI), pour prendre part au sommet de la CEN-SAD , a suscité un émoi  dans les rangs des défenseurs des droits de l’homme au Tchad et de par le monde, mais aussi  un tollé général  des manifestations de protestations au sein de très hautes instances européennes et internationales.

 

Pour rappel, Oumar Hassane El-béchir est accusé par de nombreuses organisations de défense des droits de l’homme des violations graves des droits reconnus à la personne humaine. Pour ce fait, le Conseil de Sécurité de l’ONU a autorisé par une résolution,  à la Cour Pénale Internationale (CPI) d’ouvrir une enquête internationale pour vérifier les allégations qui lui son reprochées ; elle a fini par l’inculper des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité doublé de génocide à l’encontre des populations négro-africaines du Darfour, région occidentale du Soudan.

 

En dépit d’un mandat d’arrêt international lancé contre lui, le Président soudanais n’est pas totalement restreint dans ses marges de  mouvements, car il voyage librement et nargue la communauté internationale avec la complicité de certains Etats connus pour leur irrespect à l’égard des traités et conventions internationaux qui régissent l’ordre mondial.

 

Nombreux sont les observateurs tchadiens et étrangers qui sont préoccupés et atterrés par l’attitude  d’Idriss Deby et les déclarations à l’emporte-pièce des autorités tchadiennes.

 

En effet, après la décision en 2008, de la Cour Pénale Internationale (CPI) d’émettre un mandat d’arrêt contre Oumar Hassane El-béchir, à l’époque, Idriss Deby avait déclaré publiquement dans les médias  internationaux que le Tchad soutient pleinement la démarche de l’institution judiciaire internationale et qu’il exécutera la volonté unanime de la communauté internationale.  

 

Aujourd’hui, le Chef de l’Etat tchadien, qui, lui-même, dirige un régime autoritaire avec un appareil policier répressif, est pris aux mots dans ses propres ambivalences et contradictions. On nous dira souvent que c’est le « realpolitik » qui détermine les relations entre les Etats et les hommes qui les administrent.

 

A cela, il convient d’ajouter également les déclarations des voix autorisées des membres du gouvernement du Tchad dont le zélé et désœuvré ministre de l’intérieur Ahmat Bachir qui assure que  le Président El-béchir du Soudan : « n’aurait rien à craindre durant son séjour à Ndjaména ».

 

De même que dans le site Alwihda, proche du régime tchadien, on a pu, aussi, lire des articles dignes de la presse soudanaise à la suite de la visite au Tchad d’Oumar Hassane El-béchir.

 

Le journal dirigé par l’inconstant et l’instable Ahmat Yacoub, fait l’apologie d’un régime accusé de génocide,  défend l’auteur des crimes contre l’humanité et des violations massives des droits de l’homme au Darfour, qui ont ému le monde entier.

 

Ainsi, on ne peut donc pas s’attarder sur le Tchad, mais il y a également la France, principal soutien du régime de Ndjaména dont le silence  de cathédrale de sa diplomatie devant le  refus de son protégé Idriss Deby d’exécuter immédiatement le mandat d’arrêt de la Cour Pénal Internationale (CPI), pose problème d’interprétation.

 

Pourtant, la France officielle a été toujours bavarde sur le cas du dirigeant soudanais à chaque fois qu’il se déplace à l’étranger, tout comme, on peut se souvenir que  le Président Nicolas Sarkozy avait signifié à Oumar Hassane El-béchir, lors du dernier sommet France/Afrique, qu’il n’est pas le bienvenu.

 

Néanmoins, il sied de saluer la position adoptée par  l’Union Européenne (UE), qui,  dans un communiqué et par voix officielle de la chef à la diplomatie aux affaires étrangères, a exprimé sa vive préoccupation puis enjoint le régime tchadien à « remplir ses obligations légales » et procéder à l’arrestation immédiate du président soudanais présent sur son territoire et recherché par la Cour Pénale Internationale (CPI).

 

Comment, la France, protectrice d’Idriss Deby ose-t-elle jusqu’à là s’enfermer dans un silence déconcertant pour  refuser de s’exprimer sur la visite au Tchad d’Oumar Hassane El-béchir ?

 

Le régime d’Idriss Deby qui occupe une place de choix dans la politique africaine de Paris, souffre donc de plusieurs manquements pour le respect de ses engagements nationaux et internationaux.

En dépit de toutes nos remarques et critiques, Idriss Deby a été l’invité de marque de la France lors de la célébration de la fête de la libération du 14 juillet dernier.

 

Les analystes restent étonnés par le fait que la France continue d’entretenir des relations nébuleuses avec un pouvoir comme celui d’Idriss Deby au Tchad,  dont elle est diamétralement opposée par ses principes ?

 

Jusqu’à quand, la France peut-elle encore donner de leçon aux pays en voie de développement dés lors qu’elle-même ne respecte pas du tout les valeurs qu’elle prétend défendre ?

 

Paris doit donc  sortir de son silence pour se prononcer sur la visite d’El-béchir au Tchad et interpeller Idriss Deby devant ses obligations internationales. Au cas contraire, la France soutient et cautionne la position et les dérives du régime de Ndjaména connu pour ses tares et par ses  violations répétées  de traités et  conventions sous-régionaux et internationaux.

 

Alors, le Quai d’Orsay doit faire vite, une déclaration sur le cas El-béchir et le non respect par le Tchad d’exécuter l’arrêt de la Cour Pénale Internationale.

 

En sommes, nous estimons donc que la visite d’El-béchir chez Deby, a permis à l’opinion publique en général de mieux connaître  le  régime tchadien en porte à faux avec lui-même et que les uns et les autres doivent dorénavant traiter le Tchad au même titre que les pays qui transgressent allégrement les conventions internationales et encouragent l’impunité au monde.

 

La communauté internationale est tenue par l’obligation de surveiller de prés Idriss Deby, véritable menace humaine pour son peuple et la sous-région.

 

Makaila Nguebla