Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

Géo-localisation

Publié par Mak

images-copie-19.jpeg 

Mon cher Makaila,


Je vous écris en tant que Magistrat pour protester contre la situation que traverse actuellement notre pays et l’instrumentalisation à outrance de notre justice. Je salue au passage la réaction responsable et honorable de mon collègue Emmanuel D. qui a claqué la porte lors du procès du député Gali.



Pas moins que la mascarade du procès Gali, les arrestations de Zen Bada et plus récemment de Mahamat Saleh Annadif ne sont que des moyens d’instrumentaliser la justice de la République à des fins personnelles.

Il n’est point ici d’accuser ou d’absoudre quiconque de ses actes. Je ne suis ni en mesure de dire que Annadif est coupable ou non coupable.


Mais, en tant qu’acteur judiciaire, je me dois de vous dire qu’en matière pénale, la forme, c'est-à-dire la procédure, est plus importante que le jugement au fond d’une affaire. C’est pour cela qu’il faille nécessairement respecter la procédure. Mais qu’est ce qu’on observe aujourd’hui ?

C’est invité devant Idriss Déby que Zen Bada se voit intimer l’ordre d’arrestation et envoyé par les Gardes du Corps au Commissariat Central pour être livré entre les mains de la Police Judiciaire. Qu’est ce qui c’est passé pour qu’Idriss Déby instruise sa garde d’arrêter son collaborateur ? On ne saura vous le dire, mais la procédure n’y est pas. Le Chef de l’Etat aurait dû porter plainte pour mettre en branle l’action judiciaire.

De la même façon, alors que Zen Bada a attaqué la procédure devant des instances supérieures à savoir la chambre d’accusation et la cour suprême, le juge d’instruction qui est dessaisi de l’affaire du fait même de la saisine des chambres supérieures à lui, continu son job comme si de rien n’était. C’est ainsi qu’il convoque Annadif une première fois et face à l’évidence des preuves brandies, il lui demande de reprendre son travail.


Le 17 avril dernier, il le réconvoque pour lui signifier son inculpation pour complicité de détournement de biens publics. Il faut dire que le juge a visé une lettre d’Annadif qui demandait à la banque de mettre 700 millions de Francs Cfa du compte Hadj au compte des Grands Travaux et Projets Présidentiels. Le SGPR avait agi sur instruction écrite du Chef de l’Etat qui répondait à une demande du Conseil Supérieur des Affaires Islamiques.


Il faut aussi savoir, que toutes les recherches des magistrats n’ont pas réussi à identifier la vraie responsabilité de MSA dans les détournements des Grands Travaux puisque les signataires des chèques sont Zen Bada et Idriss Déby en personne. Les contrats sont également signés directement par le DG et le PR. Le SGPR ne transmet au DG que les instructions du Chef de l’Etat comme il le fait pour tous les membres du Gouvernements et les autres structures.


C’est bien dommage que nous autres magistrats ne servons qu’à nuire aux adversaires des tenants du pouvoir public. J’en appelle au sens patriotique de tous mes confrères.


Un magistrat en courroux.