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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

 

                                    Quand le petit David se prépare à la rencontre du géant Goliath

  

L’on a encore en mémoire la dernière lettre ouverte de Max Y. Loalngar administrant une véritable leçon de droit, de justice et d’honnêteté à l’ambassadrice de l’UE au Tchad et partant à l’institution elle-même. Depuis lors, c’est le silence le plus total des deux côtés. Est-ce le calme qui précède la tempête? Dieu le sait.

De sources bien renseignées cependant, le plaignant, ayant pris la mesure du caractère vicieux de l’UE serait en train de travailler à la mise en place d’une défense qui ne serait plus composée d’un seul avocat comme au départ, mais d’un collectif d’au moins trois défenseurs. La manœuvre viserait à mieux enserrer l’institution dans ses contradictions avec des avocats se complétant en mettant ensemble leur savoir-faire et leurs talents. 

C’est dire que le procès s’annonce proprement corsé, Max ne voulant en effet pas faire cadeau à une maison qu’il a servie de tout son cœur et de toute son énergie, et qu’il considérait presque comme une famille, mais qui l’a chassé comme un malpropre après l’avoir pressé comme un citron. Du reste, l’intéressé qui est lui-même un juriste de formation et dont le rapport de stage de DESS en droit des affaires à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis au Sénégal avait porté sur les contrats comme outils de prévention du contentieux --était-ce une prémonition ?-- est lui-même son premier avocat.

 

S’il travaille ardemment à un procès en justice, Max se réserve cependant le droit de porter le fer dans la plaie béante que constitue l’attitude de l’UE en entreprenant l’une ou l’autre des actions qu’il énumérait dans sa dernière lettre ouverte. Ce serait alors bien dommage, d’autant plus que le contrat le liant à l’UE stipule clairement qu’en cas de conflit résultant de l’interprétation dudit contrat, l’affaire devrait obligatoirement être examinée par une instance arbitrale. Cette disposition n’a jamais été mise en application par l’UE qui s’est par contre embrouillée dans des affirmations contradictoires, déclarant tantôt que le problème l’opposant à son ancien employé avait été réglé, tantôt qu’il n’en avait pas été le cas.

 

L’on peut se demander pourquoi, cette clause du contrat pourtant rédigée pour servir les intérêts de l’UE, qui ne voudrait pas se voir trainer devant les tribunaux, réputation oblige, n’a pas été mise en œuvre par cette dernière pour régler cette affaire sale en silence. Et pourquoi elle a plutôt choisi une troisième voie qui est celle de ni règlement, ni justice avec comme armes de frappe le mensonge et la politique de l’autruche. L’UE escomptait peut-être que cette tactique en imposerait à Max et l’intimiderait. Erreur monumentale. Ce dernier, après avoir paré à tous les coups, n’attend plus que l’occasion de porter l’estocade au géant. Max qui sait que cette dernière n’aurait pas perdu une seule seconde pour appliquer la clause compromissoire afin de lui mettre sous le nez ses fautes s’il avait été en tort, ronge pour l’instant ses freins en criant au scandale, soupçonnant l’UE de vouloir torpiller la justice. Du reste, son procès, il le conduit déjà un peu au-travers des lettres ouvertes musclées qu’il a jusque-là écrites et qui mettent à nue l’attitude somme toute obscure et peu glorieuse de l’UE, ces lettres ouvertes étant exposées tous les jours que Dieu fait à la vue du monde entier à travers l’incontournable outil du 21ème siècle qu’est internet. Un internaute ouest-africain n’a –t-il pas ainsi fait de sa dernière lettre un scoop sur son blog ?

Pour le plaignant, qui se trouve un peu dans ce qu’on pourrait appeler la position du tank russe, toutes les cartes sont donc sur la table. En effet, après avoir subi pendant longtemps le diktat de l’UE qui a fait jouer beaucoup plus ses muscles que son cerveau, ce qui fait dire à certains que l’institution a fait montre d’une véritable cécité morale et intellectuelle, il peut à présent mener la danse à sa guise.

Verra-t-on ainsi, par exemple, l’un de ces quatre matins, une foule d’hommes et de femmes remontés débouler dans les rues de N’Djaména pour protester contre l’UE, le petit David de Max ayant reçu le soutien de plusieurs personnes de tous les horizons? Ce serait une première dans le pays. Quand on sait que d’habitude c’est elle qui donne des leçons et que les autres écoutent, une telle action serait un véritable camouflet pour l’institution.

Rappelons que Max est cet ancien cadre de la Représentation de l’UE au Tchad qui a été licencié sans droits par l’institution sur fond de sanctions qu’il dit injustifiées et de contestation sur l’interprétation de son contrat de travail. Après examen de ce qu’il avait à dire pour sa défense, un responsable du siège lui avait pourtant dit au téléphone que l’institution n’avait rien contre lui, mais drôle d’attitude, elle n’en exigeait pas moins qu’il rejoigne une autre section, entrainant ainsi une situation de sanction dans la sanction et, par voie de conséquence le refus de ce dernier d’obtempérer. 

En somme, Max était en même temps innocent et coupable, coupable peut-être d’avoir cru que l’UE était un système démocratique dans lequel il pouvait élever la voix pour réclamer justice. Dans les mois qui suivirent son licenciement, l’UE revenait sur la modification de l’organigramme à laquelle elle avait procédé afin de légitimer son renvoi et recrutait un autre employé pour le remplacer. Dans l’hypothèse où l’affaire aboutissait en justice, l’on se demande donc la raison que l’institution invoquerait finalement pour justifier le tort commis à ce dernier. L’on comprend dès lors que pris dans cette contradiction ainsi que dans plusieurs autres, l’ambassadrice de l’UE n’ait pas trouvé mieux que de dire au Ministre des Affaires Etrangères du Tchad que cette affaire avait été réglée et qu’elle ne voulait plus en entendre parler, déclenchant ainsi l’ire de Max qui ne trouva, dans une lettre ouverte mémorable, pas d’autres qualificatifs pour décrire ce comportement que celui de « gangstérisme diplomatique », un terme dont on se demande s’il fut jamais employé auparavant. Gageons que les semaines et les mois à venir seront riches en rebondissements dans ce qu’il est dorénavant convenu d’appeler l’affaire Max-UE.

Louba-ré-Louba Joël, N’Djaména, Tchad.