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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Le sacrifié est-il justifié?

La jeunesse tchadienne est de loin, la tranche de la population qui écope de tous nos problèmes. Les jeunes par leur ardeur et leur fougue sont sur tous les fronts, sur les chemins du savoir, de la reconstruction et pour la défense de la patrie. Ils l’ont démontré courageusement lors des glorieux faits d’arme des années 80 contre l’ignoble occupant Libyen qui gardera encore des souvenirs et des hallucinations indélébiles pour son aventure au pays de Toumaï.

Aujourd’hui encore, ces braves jeunes ne dorment pas sur leur laurier en étant au front pour défendre un idéal qui leur sied. La question que nous devons nous poser est de savoir si ces jeunes qui meurent dans l’indifférence, font-ils un sacrifie  justifié? Faut-il mourir décapité ou déchiqueté par un obus ou une balle assassine pour accéder à l'honneur et au rang des martyrs. Est-ce  un devoir de mourir pour faire le bonheur des politiciens? Les jeunes doivent-ils selon les expressions de politiciens, mourir pour l’honneur ou vivre comme un lâche ? Faut-il mourir pour une cause même biaisée, plutôt que de vivre pour rien ? Les ainés pour qui les jeunes sacrifient  leur vie pour leur cause, se préoccupent-ils de leur sort des ?

Au Tchad, on utilise les jeunes qui ont offert leur vie, leur jeunesse et hypothéquer leur avenir pour défendre une cause. Le plus souvent, une fois l’objectif souhaité atteint, les jeunes sont laissés aux oubliettes par ceux là qu’ils ont défendu bec et ongle. Outre, les morts qui ne sont répertoriés dans aucun registre pour devoir de mémoire, les victimes vivantes estropiées ou paralysées dans la guerre sont laissées à elles même. Les plus chanceux de nos mutilés de guerre se retrouvent au Camp des martyrs attendant des hypothétiques aides du gouvernement.

Las, jouant le chat et la souris avec les Bogo-bogo, nos mutilés  de guerre doivent survivre en faisant la dure navette entre Kousserie et Ndjamena pour pouvoir gagner leur subsistance. Aucun suivi psychothérapeutique ou médical n’est offert à ces jeunes qui ont pourtant versé leur sang pour permettre à beaucoup de se pavaner aujourd’hui dans des grosses cylindrées, constituer un harem digne des pachas et dormir dans des villas dont les prix dépassent l’entendement.

 Au Tchad, il n’est plus question de vaincre un ennemi, mais de nous accorder pour vaincre la violence, l’injustice, l’impunité, le tribalisme, le confessionnalisme, le népotisme, le clientélisme, la corruption, les détournements des deniers publics et tous les maux qui minent notre pays. Pour ça, chacun de nous est responsable de quelque chose. Car, nous sommes tous des tribalistes, des régionalistes, des intégristes, de clientélistes, des corrupteurs. Mais certains d’entre nous sont quasiment des impunis, des corrompus, des détourneurs de deniers publics, des violeurs, des tortionnaires et des cruels.

Les débats sur la toile entre les jeunes dénotent que ceux-ci sont entrain d’imprimer une autre vision des choses au Tchad. Nous ne pourrions que féliciter et encourager tout d’un chacun, ne serait que ceux qui se cachent derrière les pseudonymes comme Waldalbatha, lamia, Ab, tchadien, Teguene CFAN et que sais-je encore ? Car, c’est de la discussion qui jaillira la lumière.

 

Abbas Kayangar