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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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Par Talha Mahamat Allim

Genève, Suisse

 

Depuis son accession à  l’indépendance il y a 50 ans aujourd’hui, le Tchad  a connu plus d’instabilité et de turbulences que de véritable progrès. La commémoration du cinquantenaire de cette indépendance (officiellement le 11 janvier 2011) est une opportunité de nous interroger tous sur quel Tchad nous voulons aujourd’hui à la lumière du passé et en nous projetant dans le futur au regard de l’évolution actuelle du monde. Dans le même ordre d’idées, une question mérite d’être prise en compte : quels sont la place et le rôle de chaque tchadien, qui qu’il soit, dans la construction socio-économique, politique, culturelle, spirituelle…de son pays ?

 

A notre avis, le point de départ de cette réflexion devrait être les causes et les ingrédients de cette instabilité et ces turbulences. Qu’est ce qui en a causé l’émergence et qu’est ce qui en entretient la pérennité ? 

 

Sans entrer dans les détails, on peut esquisser un tableau non exhaustif des facteurs déclencheurs et reproducteurs : les injustices à tout point de vue, les discriminations, exclusions et marginalisations dans la gestion publique, le problème de gouvernance (la loi du plus fort et du mieux armé prend le dessus sur tout, détournements et gestion malsaine des fonds publics et des ressources naturelles du pays,  corruption, carence en démocratie, les mensonges et la culture de la peur…), le problème de l’armée, la main-mise des puissances extérieures, la naïveté et la résignation de la population, dévalorisation et sous-exploitation des compétences des tchadiens, etc.

 

C’est de la réflexion et du débat sur ces facteurs qu’émergeront un mode de vie nationale consensuel pour le Tchad ainsi que les défis, enjeux et projets que tous les tchadiens seront prêts à soutenir et à porter pour un avenir meilleur.

 

Nous avons donc du pain sur la planche. De ce fait, la commémoration du cinquantenaire de manière générale, et en particulier dans les représentations diplomatiques tchadiennes, ne devrait pas se réduire à un simple festin mondain ; mais elle devrait être aussi un cadre pour une production intellectuelle et collective des solutions à ces instabilités et turbulences, donc des remèdes aux facteurs que nous venons d’esquisser. Il faudra aussi tenir compte de la prédominance, dans la réalité quotidienne tchadienne, des aspects ethniques et coutumiers, des cercles d’affinité et d’influence ainsi que de multiples soubassements socio-culturels, politiques, économiques, spirituels, etc. aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du Tchad.

 

Par ailleurs, les questions d’unité nationale, d’Etat de droit, du développement, de la lutte contre la pauvreté, de la paix, de la cohésion, de la citoyenneté…se sont posées et se posent toujours ; c’est dans cette perspective que devraient être abordés ces problèmes évoqués plus haut.

 

A notre niveau, nous pouvons déjà émettre ici quelques propositions de pistes de solutions, mais il nous semble responsable de le faire dans un cadre de débat avec nos concitoyens pour que nous puissions dégager un point de vue collectif et consensuel du fait que plusieurs paramètres devraient être pris en compte et une seule personne ne peut épuiser toutes les questions qui se posent actuellement.

 

Nous espérons que la commémoration du cinquantenaire serait une occasion d’une véritable prise de conscience des défis et enjeux qui attendent les tchadiens ainsi que de la naissance d’une nouvelle vision collective et responsable pour le Tchad et ses enfants.

 

A chaque tchadien de décider quel rôle il entend jouer dans la construction de cet avenir du Tchad, qui interpelle chacun de nous en tant que citoyen ; tous les acteurs tchadiens, quel que soit leur niveau, s’accorde à reconnaître que le pays a besoin de la synergie de tous ses enfants pour son progrès.

 

Bonne fête d’indépendance à tous et meilleurs vœux pour 2011.

 

Talha Mahamat Allim