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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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Communiqué :

Sortir de l’influence militaire et engager la politique française dans le soutien de la démocratie en Afrique

 

L’intervention militaire française au Mali a été déclenchée officiellement au nom de la démocratie, mais elle engendre aussi le soutien français à des régimes non démocratiques qui apportent leur appui, et a eu des conséquences très négatives dans plusieurs pays.  

La répression de la presse et des députés de l’opposition en mai 2013 au Tchad n’est pas une surprise. Le gouvernement français avait fait appel aux troupes d’une dictature, et, il est maintenant dans l’impossibilité de condamner comme il se doit les nouveaux crimes d’Idriss Déby [1]. En ce qui concerne le Togo, en danger en raison de l’impossibilité d’aller vers une alternance et des élections législatives sans fraudes, le gouvernement français a évité de condamner fermement la répression [2], et s’est impliqué dans la mascarade judiciaire des incendies par le rapport des experts français [3]. A Djibouti, les résultats inversés des élections législatives frauduleuses, le 22 février, ont été implicitement validés par les interventions croisées des diplomaties françaises et européennes, qui sont apparues plus soucieuses des intérêts économiques et militaires liés à la région [4]. Profitant de sa contribution à la résolution de la crise des otages enlevés au Cameroun, Paul Biya a bénéficié du silence du gouvernement français en pleine élection sénatoriale, sur un système électoral non démocratique, et ceci avant les législatives annoncées le 30 septembre. Les réceptions à l’Elysée du président camerounais le 30 janvier et du président congolais Sassou N’Guesso le 8 avril 2013, n’ont même pas été l’occasion d’un signal en faveur de la démocratie et des droits humains. Au Mali, l’injonction d’organiser la présidentielle dès juillet 2013, ignorant les conditions techniques et politiques internes garantissant la réussite de cette élection, souligne une mauvaise prise en compte des enjeux démocratiques.

Ainsi, les discours de François Hollande en faveur de la démocratie, prononcés à Kinshasa puis devant le parlement européen, s’effacent devant des actes de soutien affirmés ou tacites à des régimes non démocratiques, et, le gouvernement semble improviser sa politique étrangère en Afrique en privilégiant uniquement la gestion des crises. Cette priorité profite aux acteurs français et africains les moins légitimes ou disposant de forces militaires. La volonté de former et entraîner les armées africaines [5] contre le terrorisme ou pour faire face aux conflits ne tient pas compte que la plupart de ces armées servent à maintenir au pouvoir des dictateurs.

Dès lors, la politique africaine de la France apparait victime de l’influence de l’armée française et du lobby militaro-industriel. Les autres aspects, développement, droits humains, démocratie, lutte contre la corruption, passent au second plan. En période de crise des finances publiques et de discussion sur la construction européenne, l’influence des militaires et du lobby industriel touche également l’Union européenne, dont la politique étrangère est mal définie. Le silence du gouvernement au moment de l’anniversaire du génocide des Tutsis du Rwanda a accentué les inquiétudes.

La politique actuelle conduit vers une impasse qui aura des conséquences graves à plus long terme. Aussi, le Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique demande au gouvernement français de :
-  mettre fin aux actions et aux silences renforçant les régimes non-démocratiques en Afrique,
-  dénoncer toutes les fraudes électorales, telles l’inversion du résultat des législatives à Djibouti,
-  engager la réforme de la politique française dans le sens d’un soutien sans ambiguïté à la démocratisation des Etats africains, et de s’impliquer en faveur de processus électoraux conformes aux normes internationales au Togo, en Guinée-Conakry, à Madagascar, au Mali, et au Cameroun,
-  mettre fin à la coopération militaire avec les dictatures.

Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique

13 signataires : Parti de Gauche, Parti Communiste Français (PCF), Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique, Afriques en lutte, Alliance Républicaine pour le Développement (ARD, Djibouti, USN), Mouvement pour Renouveau Démocratique (MRD, Djibouti, USN), Rassemblement National Républicain (RNR, Tchad), Fédération des Congolais de la Diaspora (FCD, Congo Brazzaville), Alliance Nationale pour le Changement Ile-de-France (ANC-IDF, Togo), Collectif des Associations Contre l’Impunité au Togo - France (CACIT-France), Mouvement pour la Restauration Démocratique en Guinée Equatoriale (MRD), Union des Populations du Cameroun, Collectif des Organisations Démocratiques et Patriotiques de la Diaspora Camerounaise (CODE, Bruxelles).

Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique – Paris