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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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                                                                            Les législatives et la démagogie des nouveaux dirigeants

 

Les coalitions, les partis et les listes de candidats s’acharnent dans des débats  et des confrontations afin de conquérir la sympathie, l’adhésion et les suffrages des citoyens à l’occasion des législatives du 1 er juillet 2012.Celles-ci ,consécutives a l’alternance du 25 mars, imposent de fonder les positions et le choix sur le décryptage du nouveau cours et ses enjeux.Ainsi, les citoyens et les mouvements ont la possibilité, si ce n’est le devoir, derepréciser leurs urgences, leurspréoccupations et leurs revendications afin de participer à l’éclairage des problématiques à l’œuvre dans cette situation et ce scrutin.C’est pourquoi, dans cette dynamique, il faut  revenir sur l’acceptation ou le rejet des conclusions des assises nationales, les audits et la récupération des biens mal acquis.

Dans l’étape actuelle des controverses, emboitant le pas des partisans du nouveau président, nombre de ses allies s’évertuent dans la renonciation des assertions importantes de la charte de gouvernance démocratique des Assises.C’est ainsi qu’ils évoquent toutes sortes d’alibis  pour tolérer la présence de Macky SALL à la tête d’un parti et d’une coalition .Ne justifie-t-on pas l’incursion du président dans la campagne électorale en le présentant comme chef de coalition ?

Pourtant la plupart de ses défenseursont combattu, toute  une décennie,le président WADE  sur cette question .S’agissait-il d’une revendication agitée de manière crypto-personnelle et démagogique ?Comme dans le style de WADE les nouveaux dirigeants  excellent dans la face obscure du « waxon waxeet ».Les signataires de la charte de gouvernance démocratique ont-ils oublié leurs engagements  ?

Dans cette mouvance, beaucoup de partis et de leaders deviennent amnésiques de leur revendication de suppression du sénat .N’avait –on pas reproché aux  régimesprécédents de chercher des planques pour leur personnel politique ? De toute façon,il faut se rendre a l’évidence  que le sénat n’est pas consubstantiel à la démocratie.Il est un mode de structuration de la représentationdémocratique  dans des conditions socio-historiques précises.L’expression large  des opinions et les débatsdémocratiques  et contradictoires ne l’impliquent pas forcément .Dés   lors,la pertinence n’est pas dans l’imitation des formes développées ailleurs mais plutôt dans l’installation de modes opératoires populaires justes et efficaces en rapport avec le niveau de vie et les moyens de la société.

Les nouveaux dirigeants ne doivent-ils pas s’en ,d’abord, aux promesses et aux engagements antérieurs s’ils veulent convoquer un nouveau type de comportement ? Peuvent-ils faire l’économie de l’exemplarité sans favoriser un mauvais modèle ?

Les leaders politiques et les partis ne devraient-ils pas accorder plus d’attention au recul de la catégorie politique et son remplacement par l’affairisme et les opportunistes calculs égoïstes ?C’est pourquoi en renonçant aux thèsesprésentées  par la charte de gouvernance démocratique ,les nouveaux dirigeants et  leur coalitionprocèdent comme WADE,au « wax waxeet »et réinstalle le style politique de la démagogie .Aussi ,le régime qu’ils veulent établir en sollicitant la majorité à l’assemblée  est congénitalementscellée dans la contradiction entre le discours et les actes :la démagogie pure et simple.

De plus, les régimesprécédents, réputés dans la corruption et les scandales financiers, ontrenforcé des reflexes de défiance  par rapport au  jeu politique  .C’est pourquoi, les nouveaux dirigeants gagneraient à fonder leur action sur la conformité avec les principes et les engagements annoncés.Point n’est besoin de distraire les citoyens et de jouer avec l’imaginaire populaire. D’ailleurs, lerégime actuel n’est-il pas entrain de répéter les pratiques du régime de WADE a propos des audits ? Ceux-ci semblaient servir de base à des actions discriminatoires et surtout à domestiquer les adversaires.

Les erreurs et les impairs dans les procédures ne sont-ils pas voulus par les nouveaux dirigeants ?S’agit-il d’apeurer des adversaires et de les neutraliser ?Les citoyens ne devraient pas accepter de telles interventions .Les audits sont des revendications citoyennes et correspondent à l’exigence de rendre compte des gestions publiques .Or,tels qu’ils sont agités  dans la situation actuelle,ils sèment une confusion extrême .En effet, certains lesassimilent aux convocations des dirigeants de l’ancien régime devant les enquêteurs de la police.Pourtant, en principe ,les audits sont exécutés d’abord par des experts ,des structures spéciales et des cabinets auditeurs .De plus,depuis un quart de siècle ,les mouvements sociaux et citoyens ont inscrit dans leur agenda et leurs  revendications l’audit de la dette multilatérale et le contrôle citoyen .Cette dynamique est, aussi ,inspirée par la crise de la dette,survenue dans les années 80 ,qui a contraint certains pays à subir les programmes drastiques des institutions financières internationales (IFI).Or ,très souvent dans ces pays des sommes importantes étaient placées par des dirigeants dans les banques du Nord et les paradis fiscaux.Par conséquent, restent dans une logique revancharde  ceux qui limitent les audits à quelques dignitaires de l’ancien régime.Du reste, leprésident SALL  s’est engagé à faire procéder àl’audit de la dette multilatérale .Ce qui, contrairement à l’affirmation de certains zélateurs, autorise  à reprendre et  à remonter le passé afin de porter le diagnostic jusqu’aux origines de la dette .C’est la profondeur et l’amplitude des investigations qui garantiraient la meilleuretraçabilité des capitaux distraits et des biens mal acquis.

Assurément, comme la précédente, l’alternance de2012 semble répéter les pratiques revanchardes et démagogiques .Les subterfuges et le dilatoire occultent les revendications et les principes défendus dans un passé récent. C’est ainsi que des thèses explicites dans la charte de gouvernance démocratique  des Assises sont abandonnées  et certains  qui, il y a quelques  mois, forgeaient toutes les belles illustrations pour les faire adopter, s’échinent  à inventer des raisons de les récuser. Ainsi d’un régime à l’autre   les pratiques politiques restent les mêmes, gravées  dans la démagogie et les mensonges .C’est incontestablement une belle manière  d’inhiber l’engagement des citoyens et d’endiguer les changements rêvés par le peuple.

 

Alioune DIOP

Président du CIMAC                     

badadiop@hotmail.com

Tél : 76 680 08 23