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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

QUI POUR BATTRE LE REGIME LIBERAL EN 2012 ?

Très  tôt lancée, la campagne pour la présidentielle de 2012 s’engage dans une phase décisive empreinte de passions et de contentieux annoncés. Déjà, de nombreuses candidatures sont déclarées ou attendues ; et pourtant, les véritables enjeux, les contenus programmatiques et les différences manquent de clarté. C’est pourquoi, il est encore possible, pour des citoyennes et des citoyens de s’immiscer dans les débats et les controverses ou de les provoquer afin de contribuer à l’élaboration d’une option heureuse.

 

I.                  UN COUP D’ŒIL FURTIF SUR LE CONTEXTE

La plupart des citoyens sénégalais, surtout parmi les plus jeunes, qui exhibent leur déception par rapport au régime actuel, estiment avoir contribué à son avènement.

D’ailleurs, certains poussent le spleen au point de considérer que tous les hommes politiques sont pareils, uniquement guidés par leurs intérêts égoïstes.

Evidemment, les espoirs suscités par ce que le président WADE appelait la déferlante de 2000 ont vite déchanté et le rêve de révolution démocratique brandi par une certaine école de sociologie de Dakar a fait place nette à un réveil plutôt brutal.

Au fil des jours, en effet, le régime répétait à l’envi ce qui semblait honni auparavant, il s’inscrivait dans la continuation de  ses prédécesseurs. C’est alors la pérennisation des rapports initiés par l’esclavage et la colonisation. D’ailleurs, pour le Président WADE, en convergence avec son idole et rival, le Président Senghor, toute la problématique politique est basée sur « le rattrapage » du modèle occidental.

Cette conception, souvent intériorisée et véhiculée par l’élite politique et intellectuelle, annihile les tentatives de déverrouillage des blocages introduits dans les processus africains par l’esclavage et la colonisation. Le professeur Cheikh Anta Diop lui opposerait encore le recours à l’histoire authentique pour féconder une véritable renaissance et une résurgence

De toute façon, la crise profonde du système capitaliste international, avec le bouleversement et la remise en cause des dogmes et des paradigmes, qui ont ponctué son évolution, dévoile en même temps de manière incontestable, la crise de la civilisation occidentale qui en est la base.

C’est ainsi que les pillages des pays qui comme le Sénégal occupent une place de dominé dans la répartition internationale  des forces,  du capital et des richesses, dégradent de manière drastique les conditions de vie des populations.

Dans cette mouvance, le cadre de vie est fortement perturbé par des inondations provoquées par les changements climatiques. Or, ceux-ci  découlent dans une large mesure de l’activité des industries productrices de gaz nocifs.

Dès lors, on comprend comment l’orientation déroulée par le régime actuel  est en décalage par rapport aux véritables questionnements et aux intérêts des couches sociales démunies. Celle-ci est, en effet,  une pâ le copie du modèle occidental et des devanciers.

 Bien sûr, le président WADE a lancé des travaux d’infrastructures de toutes sortes. Cependant, les choix, le manque de transparence et les coûts gigantesques des ouvrages induisent le doute dans leur pertinence.

D’ailleurs, les approches théoriques hasardeuses suscitent des questions.

C’est ainsi que dans le système éducatif les contestations et les grèves sont permanentes et nécessitent  la convocation de larges concertations.

Ainsi, le malaise profond et la paupérisation massive des citoyens Sénégalais s’ajoutent aux scandales financiers et à l’impunité, non seulement impliquent la nécessité du changement mais ouvrent aussi un espace d’aventures. Et, cela campe le décor de la présidentielle de 2012 et ses nombreux candidats.

II. CANDIDATS ET PROGRAMMES

Ainsi, les nombreuses candidatures et celles qui se manifesteront les jours prochains indiquent l’éclatement des directions, multiplient  les offres mais préfigurent absolument les aventures et les surenchères. Pourtant, certains candidats issus des flancs  du principal parti de la mouvance présidentielle, très virulents contre leur ancien mentor, devraient d’abord rendre compte de leur complicité antérieure.

Quel rapport ont-il établi avec le vote de la loi Ezzan ; l’adoption du sénat, la reconduction du septennat ? 

Tous ces faits sont graves et laissent croire que le discours est forgé selon la place qu’on occupe par rapport au gouvernement. C’est important de convoquer le président  WADE devant le tribunal de l’éthique et de le condamner sans appel. Mais, il faut dès lors, étendre  la mesure afin de ne pas servir deux poids et deux mesures. Les citoyens ne devraient-ils pas exiger des clarifications sur l’origine des moyens financiers manipulés par les uns et les autres ?

Peut-on occulter les programmes et les thèses programmatiques des candidats ?

Certains nous promettent vaguement l’application des conclusions des Assises nationales.

Or, on sait que celles-ci n’ont pas adopté un programme de gouvernement.

Aussi, les candidats en lice dans la compétition doivent préciser leur rapport avec les propositions des Assises. Les clarifications s’imposent.

 

Pour l’heure, les discours les plus fréquents préconisent des changements d’hommes et de cabinets. Les risques électoralistes sont importants et inhibent les véritables confrontations dans les orientations. Du coté du Benno Siggil Sénégal, certains acteurs nous promettent encore un candidat de l’unité et du rassemblement. Et, dans cette dynamique des citoyens proposent une jonction entre Benno Siggil Sénégal et les acteurs de la société civile et des mouvements citoyens pour en finir avec le président et son régime.

Ces derniers groupes accompagnent leurs manœuvres de mesures qui empêcheraient de subir les graves distorsions imposées par le régime actuel.

 

III. LE SENS DE NOTRE VOTE

Dans cette situation, les citoyens et les citoyennes peuvent se démarquer de la passivité et formuler des exigences qui détermineraient leur vote et interagiraient avec l’élaboration des directions politiques.

Et d’abord, la question de l’éthique pourrait être cardinale dans le choix. Est-il acceptable de continuer avec des hommes politiques démagogues  que leurs discours n’engagent pas ?

De plus, dans cette dynamique, il faut que les partis et les candidats nous révèlent clairement le projet social qu’ils veulent inventer.

Ensuite, il est indispensable que les candidats se déterminent sur les ruptures à conduire contre le modèle néolibéral et les dogmes imposés par la civilisation occidentale.

D’ailleurs, les candidats doivent préciser leur engagement à placer les citoyens au cœur de l’élaboration et du contrôle des politiques.

C’est dire, au total, qu’il n’est pas satisfaisant de se limiter à déclarer que Wade est le problème du Sénégal pour répondre aux exigences des citoyens. Au contraire, ceux-ci attendent des discours, moins démagogiques et trompeurs qui se déterminent clairement sur le modèle de société, les questions d’éthique, les audits des scandales financiers, l’élaboration de la constitution, le système de la dette, ect.

Pour conclure, il faut bien s’entendre sur le sens de la crise du système mondial, de ses manifestations actuelles et de ses impacts.

Dès lors, s’établit la nécessité de la  remise en cause du modèle que la civilisation occidentale a imposée au monde depuis quelques siècles.

C’est pourquoi, en adossant les tares du régime actuel au contexte mondial, il faut promouvoir un candidat opposé au paradigme néolibéral et capable d’annoncer des alternatives crédibles.

 

                                                                                                           Alioune DIOP

                                                                                                    Président du CIMAC

                                                                                            (Comité d’Initiative pour une

Mobilisation Alternative et Citoyenne)

                                                                                             e-mail :badadiop@hotmail.com

                                                                                                   Tél : +221 76 680 08 23