Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

Géo-localisation

Publié par Mak

senegal-abdoulaye-wade 292

                  « Ma waxoon waxeet » : une glissade ou un  style politique ?

Revenu de la surprise provoquée par la raclée subie le 23 juin, le Président Wade, en rencontrant ses partisans dans un hôtel de luxe de la capitale sénégalaise, le 14 juillet dans l’après-midi, s’est retranché dans un « wax waxeet » en vue de clore la controverse sur sa candidature à la prochaine élection présidentielle. Pourtant, loin de laisser les citoyennes et les citoyens indifférents, son propos a relancé le débat en le connotant plus fortement de passions. Aussi, cela incite à interroger cette figure et sa place dans les représentations individuelles et collectives.

 

Il faut, tout d’abord, préciser que la figure de rhétorique   « ma waxoon waxeet » présente dans les cultures négro africaines deux faces dont l’une est obscure. C’est ce côté obscur qui relève, dans le symbolisme, du déni de l’engagement, de la trahison voire de la perfidie. C’est cette face qui est convoquée dans la situation installée par le Président WADE.

 

En effet, en niant des propos qu’il a avancés et répétés, le Président pose un défi qu’il ne peut pas soutenir. Or, dans la consécration des héros et des hommes de valeur, le respect de la parole occupe une place importante dans la hiérarchie structurante.

 

C’est ainsi que le patrimoine socioculturel négro-africain affiche des archétypes dans lesquels la parole engage, elle est sacrée.

Ces constructions idéelles surgies des profondeurs de l’histoire sont confirmées et consolidées par les religions chrétienne  et musulmane très répandues dans notre aire.

 

Dés lors, il n’est pas étonnant que le << ma Waxon Waxeet>> du Président Wade, brandi de manière péremptoire, sur la base d’un oubli réel ou volontaire, ait heurté ses opposants et beaucoup de Sénégalais. C’est pourquoi, ce propos transformé en quolibets et véhiculé par des artistes a fait le tour du Sénégal, et, peut-être, du monde.

Ainsi, le succès de la formule et la position sociale de celui qui l’a réactualisée nous imposent de décrypter sa réalité.

Dans cette perspective, il  faut convenir que si c’était une glissade, ce serait grave, indigne et inacceptable de la posture d’un chef d’Etat

Or, le propos du Président Wade n’est pas une exception dans sa démarche politique. Il s’agit, plutôt, d’une option axée sur la manipulation des sentiments les plus arriérés, le culte des simplifications et des facilités afin de conquérir ou de conserver le pouvoir. Cette pratique politique s’appelle bien démagogie et le Président Wade en a fait son style depuis le début.

En effet, on peut établir de nombreux faits montrant le rapport que le président Wade établit avec la réalité et l’orientation qu’il  confère à son action politique.

D’abord, en fondant le parti démocratique sénégalais (PDS), la doctrine adoptée par le Président était le « socialisme travailliste ». C’est en se soumettant à la scandaleuse loi des courants de pensées imposée par le Président Senghor que le Président Wade est devenu libéral.

En plus, on peut rappeler l’épisode préparatoire de la présidentielle de 1988.

Plusieurs partis, dont le PDS, avaient décidé du boycott de la présidentielle si le code électoral n’était pas modifié.

A cette occasion, Wade rompit l’entente des partis de l’opposition et proclama sa candidature dans la presse en France.

Il est vrai qu’on tenta  d’endiguer la réprobation par les fameuses « nuances ». Les partis se divisent  alors et certains poursuivent la stratégie jusqu'au boycott de la présidentielle de  1988. La parole donnée et l’éthique ne liaient pas le président Wade. Pour lui, les promesses n’engagent que ceux qui y croient.

C’est là une conception de la politique qui ne s’accommode pas d’éthique. Ainsi, dans la quête du pouvoir et sa conservation tous les coups sont permis car la fin justifie les moyens.

C’est dans cette veine que se déploie la pratique politique du président Wade depuis 1974.

 Le recours aux promesses démagogiques et la manipulation de l’imaginaire sont systématiques dans le parcours du président.

Les dénégations fréquentes lors des premières années de son magistère lui ont valu le sobriquet de  « maître Weddi ».

C’est, bien sûr, cette vision politique qui constitue le soubassement de la suppression-reconduction du sénat,   

La suppression-reconduction du septennat, etc….

C’est, d’ailleurs, lors de l’amendement de la constitution pour réinstaller le septennat que le président Wade, pour apaiser l’opposition, proclamait qu’il était favorable à cela pour son successeur car il ne pouvait plus être candidat

 

Des lors, personne ne peut nier la constance du président Wade dans le registre politique de la démagogie. C’est son style.

Ainsi, il faut élucider  le choix par lequel notre peuple a décidé de l’avènement de Wade.

Quels vices  ont orienté le choix sur le style démagogique ? Avons-nous agi par erreur ou par  légèreté ? Sommes-nous complaisants ou complices de la démagogie ?

Ces questions attendent des réponses claires, cohérentes et justes. Il n’est pas possible de faire l’économie du bilan et de l’autocritique s’il faut éviter de remplacer l’actuel président par son << clone politique>>

 

En définitive, il est indéniable que la démagogie est consubstantielle de la démarche politique du président, elle a rythmé celle-ci de 1974 à nos jours. C’est cette ligne, en rupture avec l’éthique, qui a servi d’accoudoir au «wax waxeet » provocateur et arrogant.     Ainsi, des interpellations urgentes imposent aux citoyennes et aux citoyens de réconcilier la politique et l’éthique ou plus précisément de restaurer cette dernière au cœur de la politique. C’est, peut-être, dans cette voie que résident le renouveau et la  résurgence.

 

                                                                                                                  Alioune DIOP

                                                                                                             Président du CIMAC

(Comité d’Initiative pour une Mobilisation

                                                                                               Alternative et Citoyenne)

                                                                                                             Tél : +221 76 680 08 23

                                                                                                    e-mail : badadiop@hotmail.com