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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak


L’ancien dictateur tchadien accusé de crimes contre l’humanité, crimes de guerre et torture

(Dakar, le 2 juillet2013) – L’inculpation de Hissène Habré le 2 juillet par un tribunal spécial sénégalais donne enfin raison aux survivants du régime de l’ancien dictateur du Tchad et à leur campagne menée depuis 1990, a déclaré aujourd’hui une coalition d’organisations de défense des droits humains.

 

« C’est une première victoire pour les victimes », a déclaré Jacqueline Moudeina, avocate des victimes et présidente de l’Association tchadienne pour la promotion et la défense des droits de l’homme (ATPDH). « L’inculpation de Hissène Habré est un point culminant de nos 22 années de campagne pour que justice soit rendue ».

Habré est accusé de milliers d’assassinats politiques et de l’usage systématique de la torture alors qu’il était au pouvoir, de 1982 à 1990. Depuis lors, il vit en exil au
Sénégal. En février 2013, les Chambres africaines extraordinaires ont été créées par le Sénégal et l’Union africaine pour juger les crimes commis par son régime et le 30 juin dernier, Hissène Habré a été placé en garde à vue sur ordre du parquet des Chambres. Les juges d’instruction des Chambres l’ont inculpé lors de son entretien de première comparution le 2 juillet pour crimes contre l’humanité, crimes de guerre et torture puis l’ont placé sous mandat de dépôt. Il a été emmené au pavillon spécial pour les détenus de l’hôpital principal de Dakar

 

« Cette étape marque le début de la fin de cet interminable feuilleton politico-judiciaire auquel étaient soumises les victimes », s’est réjoui Reed Brody, conseiller juridique à Human Rights Watch et qui travaille avec les victimes depuis 1999. « Avec un procès juste et équitable, l’affaire Habré peut devenir un véritable précédent pour les victimes de tyrannies dans le monde ». 

 

Si Hissène Habré venait à être jugé pour les crimes dont il est accusé, ce serait la première fois dans l’histoire moderne que les tribunaux d’un Etat jugent le dirigeant d’un autre Etat pour violations graves du droit international.

 

« Le Sénégal s’acquitte enfin de ses obligations internationales » a déclaré Assane Dioma Ndiaye, coordinateur du collectif des avocats sénégalais des victimes de Hissène Habré. « Le Sénégal devient l’épicentre de la justice internationale en Afrique ».

 

Le parquet des Chambres a aussi requis l’inculpation de cinq responsables du régime Habré : Saleh Younous et Guihini Korei, deux anciens directeurs de la Direction de la Documentation et de la Sécurité, la police politique de Hissène Habré. Guihini Korei est le neveu de Hissène Habré et fait l’objet, comme Abakar Torbo, ancien régisseur du service pénitencier, d’un mandat d’arrêt international émis par le Tchad en mai 2013. Mahamat Djibrine dit « El Djonto », l’un des « tortionnaires les plus redoutés du Tchad » selon la commission d’enquête tchadienne et actuellement en détention au Tchad et Zakaria Berdei, ancien conseiller spécial à la sécurité de la présidence et l’un des responsables présumés de la répression dans le sud du Tchad en 1984, font aussi partie de la liste retenue par le parquet des Chambres. Aucun d’entre eux ne se trouve au Sénégal pour le moment.

 

Le parquet a aussi demandé « des mesures conservatoires sur les biens des inculpés », notamment l’identification des biens et meubles et immeubles pour un éventuel dédommagement des victimes. 

 

La phase d’instruction devrait durer 15 mois. Elle pourra être suivie d’un procès à la fin de l’année 2014 ou en 2015.

« Une inculpation n’est pas une condamnation, mais c’est déjà beaucoup pour les milliers de victimes de ce régime », s’est félicité Souleymane Guengueng, ancien prisonnier politique du régime Habré qui avait promis à ses compagnons de cellule qu’il se battrait pour la justice, puis qui a fondé en 1991 l’Association des Victimes des Crimes du Régime de Hissène Habré (AVCRHH). « C’est un signal fort pour les familles des personnes qui n’ont jamais revu leurs proches ».

Le Comité international pour le jugement équitable de Hissène Habré - regroupant notamment la RADDHO, l’ATPDH, l’AVCRHH, Human Rights Watch, la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), la Ligue sénégalaise des droits de l’Homme et Agir ensemble pour les droits de l’Homme - a souligné que cette étape majeure de la justice internationale est le fruit de la persévérance et de la ténacité des victimes.

« Les victimes vont pouvoir faire face au principal responsable de leur souffrance. Un dirigeant accusé de crimes contre l’humanité ne doit plus rester impuni » a déclaré Sidiki Kaba, président d’honneur de la FIDH.

 

Des documents de la Direction de la Documentation et de la Sécurité, la police politique de Habré, découverts par Human Rights Watch en 2001, ont révélé les noms de 1 208 personnes exécutées ou décédées en détention, et de 12 321 victimes de violations des droits de l’homme.

 

Habré a été inculpé une première fois au Sénégal en 2000. Mais les tribunaux sénégalais ont statué qu’il ne pouvait pas y être jugé, et ses victimes ont alors déposé plainte en Belgique. En septembre 2005, après quatre années d’enquête, un juge belge a inculpé Habré et la Belgique a demandé son extradition. Après le refus du Sénégal d’extrader Habré vers la Belgique et trois années de négociations pointilleuses au sujet d’une demande de l’Union africaine, la Belgique a porté plainte contre le Sénégal devant la Cour internationale de Justice. Cette dernière a ordonné au Sénégal, le 20 juillet 2012, de poursuivre Habré « sans aucun autre délai » à défaut de l’extrader.

 

Après l’élection de Macky Sall à la présidence du Sénégal en avril 2012, l’Union africaine et le Sénégal se sont mis d’accord sur un projet pour créer les « Chambres africaines extraordinaires » en vue de mener le procès au sein du système juridique sénégalais. Ces Chambres sont compétentes pour poursuivre les crimes les plus graves commis sur le territoire tchadien entre 1982 et 1990.


Pour plus d’informations sur le travail de Human Rights Watch et de la FIDH sur l’affaire Habré :

·         http://www.hrw.org/fr/habre-case (en français)

·         http://www.hrw.org/habre-case(en anglais)

·         http://www.fidh.org/-Affaire-Hissene-Habre- (en français)

·         http://www.fidh.org/-Hissene-Habre-Case- (en anglais)


Questions et réponses sur l’affaire Hissène Habré devant les Chambres africaines extraordinaires au Sénégal :

·         http://www.hrw.org/fr/news/2012/09/11/questions-et-r-ponses-sur-l-affaire-hiss-ne-habr-devant-les-chambres-africaines-extr (en français)

·         http://www.hrw.org/news/2012/09/11/qa-case-hiss-ne-habr-extraordinary-african-chambers-senegal (en anglais)

 

Chronologie de l’affaire Habré :

·         http://www.hrw.org/fr/news/2012/03/09/les-grandes-lignes-de-laffaire-habr (en français)

·         http://www.hrw.org/news/2012/03/09/chronology-habr-case (en anglais)

 

Pour suivre l’affaire Habré sur Facebook :
https://www.facebook.com/pages/Hiss%C3%A8ne-Habr%C3%A9-Justice-pour-les-victimes-Justice-for-the-victims/106827982684266

Pour suivre les Chambres africaines extraordinaires :
http://www.chambresafricaines.org/

Pour plus d’informations, veuillez contacter :
À New York, pour Human Rights Watch, Reed Brody (anglais, français, espagnol, portugais) : +1-917-388-6745 ou brodyr@hrw.org. Suivez-le sur Twitter @reedbrody.
À N’Djaména, pour l’Association tchadienne pour la promotion et la défense des droits de l’Homme, Jacqueline Moudeïna (français) :
+235-66-27-09-92.
À N’Djaména, pour l’Association des Victimes de Crimes du Régime de Hissène Habré, Clément Abaïfouta (français) : +235-66-28-19-08.

À Dakar, représentant les avocats sénégalais, Assane Dioma Ndiaye (français) : +221-77-638-79-13.

À New York, pour l’Association des Victimes de Crimes du Régime de Hissène Habré, Souleymane Guengueng (français) : +1-646-541-7450.

À Paris, pour la Fédération Internationale des ligues des Droits de l’Homme, Arthur Manet (français, anglais, espagnol) : +33 6 72 28 42 94 ou presse@fidh.org.

À Paris, pour la Fédération Internationale des ligues des Droits de l’Homme, Audrey Couprie (français, anglais, espagnol) : +33 6 48 05 91 57 ou presse@fidh.org.