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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

VIOLENCES DAK

Le vendredi 24 juin, dès l’après midi du lendemain de la journée du jeudi historique, les partis politiques membres de la coalition Benno siggil Sénégal se réunissent avec quelques organisations appartenant à la société civile au domicile de Monsieur Amath DANSOKHO, président d’honneur du parti de l’indépendance et du travail (PIT) pour porter sur les fonts baptismaux un mouvement destiné à prendre en charge le départ du Président de la République en poste, maître Abdoulaye WADE.

Au même moment, dans les allées amères du pouvoir, s’agitent pêle-mêle les déceptions, les dénonciations mutuelles et les menaces revanchardes.

 

Au sortir de la réunion du 24 juin, la déclaration martelée par Monsieur Abdoulaye BATHILY, le tribun de la situation, annonce la métamorphose des anciens amis en « pires ennemis » du Président WADE. Evidemment, les redresseurs de torts enhardis par la râclée portée à l’entêtement arrogant du Président et de ses laudateurs oublient les couleuvres avalées et  les distorsions scandaleuses, dont certains d’entre eux ont été les complices, pour étaler des revendications articulées de manière insuffisante.

C’est ainsi que la réclamation du départ de WADE, hic et nunc, est suivie de celles des ministres de l’intérieur et de la justice comme si la démission de WADE n’impliquait pas, au demeurant, la chute de son gouvernement.

Ainsi, l’orientation que les  dirigeants impriment à la poursuite de la mobilisation populaire du 23 juin manque encore de lucidité. Et, nul n’a le droit d’induire le mouvement social dans les proclamations démagogiques qui ont servi à l’avènement du Président WADE  et qui font le lit des déceptions accumulées ces dix dernières années.

En effet, comment peut-on comprendre que les dirigeants qui ont convoqué l’assemblée générale constitutive du mouvement à la salle Brottier perdent subitement le sens de la mesure.

En tout cas, les directions politiques qui ont des comptes à rendre ou à tout le moins une autocritique à livrer au peuple sénégalais ne doivent pas manquer de prudence dans le management du mouvement social. Faut-il être oublieux des menaces proférées contre le juge constitutionnel à la veille des élections du 1993 et de leurs suites hideuses.

 

Les associations habituellement classées dans la société civile (ou les sociétés civiles) récuseront  tout embrigadement. Elles ont raison d’ériger  comme boussole la transparence des procédures et le contrôle citoyen. C’est vrai que la revendication essentielle sur la révision constitutionnelle fédérait fortement les énergies mais il ne faut pas se leurrer au point d’escamoter les approches différentes.

Déjà des difficultés sont apparues lors de la rencontre du centre Daniel Brottier. C’est pourquoi, le courage des citoyennes et des citoyens lors de la manifestation du 23 juin impose le devoir d’élaborer des convergences plus solides pour en faire le socle d’autres victoires pour les populations. Or, les luttes sociales qui triomphent dans la durée font rarement l’économie de ressorts organisationnels.

Evidemment, les provocations des zélateurs du régime du Président WADE, ont précipité la réaction des manifestants de la place Soweto dont la détermination à s’opposer au projet de «  coup d’état constitutionnel » surpassait l’épreuve. Ainsi, la mobilisation de la journée du 23 juin marque un jalon important qu’il convient d’observer attentivement.

D’ailleurs, les émeutes de l’électricité consécutives, avec les dégâts répugnants constatés, devraient inciter les leaders à plus d’humilité. Ceux de la mouvance présidentielle qui agitent une inopportune loi du talion ont-ils conscience de donner une pertinence aux rumeurs de recours aux mercenaires ?

Les partisans du pouvoir doivent se faire à l’évidence que les revendications soulevées sont ,  d’abord, celles des citoyens et que les partis politiques, qu’ils soient de la mouvance présidentielle ou de l’opposition, n’ont pas le privilège de la citoyenneté et de la réflexion politique.

Au contraire, de plus en plus, les citoyens et les citoyennes veulent participer à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques publiques. Dès lors, la démocratie représentative cède le pas à l’action directe et à ce qu’on appelle communément la démocratie participative.

C’est pourquoi, ceux qui, péremptoires, clament que le parlement est l’espace principal du débat démocratique procèdent à l’inversion des places.

Celui-ci est, en effet, important mais il ne supplante pas les autres espaces et lieux de parole. La vision qui privilégie le parlement facilite dans beaucoup de cas le détachement de l’élite politique en caste crânant au-dessus des populations.

C’est d’ailleurs cette vision qui cherche à maintenir la société civile et les associations à équidistance des partis politiques. C’est une camisole de force qui a la prétention de dépossession des citoyens de leur souveraineté. La journée du 23 juin pose un jalon incontestable dans le cours des luttes sociales de cette dernière période.

Elle met en scène des citoyennes et des citoyens qui, subitement, ont refusé les manœuvres un régime qui se prévalait d’un état de grâce. Pourtant, le réveil brutal de celui-ci pourrait aider à établir un climat serein et propice à l’organisation d’une élection transparente et juste. D’ailleurs le décalage par rapport à cette perspective ne conduirait-il pas à des contestations, des émeutes et au chaos?                                    

 

                                                                            M. Alioune DIOP

                                                                            Président du CIMAC

                                                                           E-mail : badadiop@hotmail.com

                                                                            Tél : +221 76 680 08 23