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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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Saleh Kebzabo

Député, Assemblée Nationale

N’Djaména

Le 15 novembre 2011

Monsieur le Directeur de Publication,

Vous avez rendu compte, dans votre édition du  7 novembre 2011, du point de presse de M. Samir Adam Annour, Ministre, Secrétaire Général du Gouvernement. Vous voudrez bien me permettre d’user de mon droit de réponse que voici.

  C’est  une bande de jeunes jouisseurs du pouvoir que le régime a lancée à mes trousses depuis quelques semaines. Le projet consiste, à n’en pas douter, à m’abattre à tout prix, politiquement s’entend, et, au besoin, physiquement. Les informations qui circulent à ce propos sont nombreuses et de plus en plus précises. Les connaisseurs du système savent que ces messieurs n’ont pas les épaules solides pour oser m’affronter.

 A l’approche des élections communales, cruciales pour le pouvoir-Mps, il est en effet important de déstabiliser l’opposition dans sa détermination à présenter des listes uniques, ce qui pourrait être un risque pour le pouvoir qui nourrit l’espoir de l’emporter, et d’avoir une mainmise totale sur le pays. Les nombreuses manifestations de la population ces dernières semaines sont ainsi présentées comme l’œuvre de l’opposition : les vendeurs de médicaments, les commerçants délogés, les ex-travailleurs de TCC, les retraités, les grèves des travailleurs, les manifestations des étudiants… qui sont la preuve de l’impéritie du pouvoir, l’on cherche à en attribuer la responsabilité à l’opposition. Cette démarche a amené à concevoir tous les scénarii connus, dont la face visible est l’activisme du Ministre-SGG avec qui je n’ai jamais eu aucun rapport, si ce n’est qu’il m’ouvrait les portes lors de mes audiences avec le Président de l’Assemblée nationale au début de la présente législature. Il ne saurait donc y avoir un contentieux quelconque entre nous.

Quand on l’entend lire les textes qui lui sont soumis, on réalise bien, dans sa voix monocorde, hésitante et sans conviction, qu’il est loin d’en être l’initiateur, le concepteur et l’auteur.

 

Les contractuels qui ont rédigé ces textes sont le bras armé de ce complot qui cherche à m’éliminer et dont ne sont pas étrangers les plus hautes autorités de notre sphère politique. Comment en effet regretter mon absence du pays le soir du 3 février 2008 qui a vu la « disparition » d’Ibni Oumar Mahamat Saleh ? L’aveu est de taille. En 2008 déjà, nous disions qu’une rafle aussi importante, suivie de crime, ne saurait être le seul fait des forces de sécurité. Il en est de même aujourd’hui.

En ce qui concerne la grave accusation dont je suis l’objet, à propos de mon incarcération puis de mon évasion de prison d’un « pays voisin », je prends l’opinion à témoin et pose les questions suivantes à M. Samir : 1- De quel pays s’agit-il ? 2- A quelle date aurais-je été arrêté ? 3- De quel délit ou crime avais-je été accusé ? 4- A quelle peine ai-je été condamné ? 5- Quand me serai-je évadé ? 6- Peut-il citer nommément le témoin évoqué qui serait  le complice de mon évasion ? 7- Le pays voisin concerné aurait-il saisi le Tchad de mon évasion et demandé mon extradition ?

 Je rappelle l’affirmation de M. Samir selon qui j’aurais été « extirpé de la prison dans des conditions plus que douteuses. Le témoin capital qui  avait mené cette opération d’exfiltration est bel et bien vivant. »

Il s’agit ici de laver l’honneur d’un homme public qui est le Chef de File de l’Opposition Politique et aspire à diriger le pays. J’invite donc M. Samir, s’il est un homme d’honneur, à répondre sans faux-fuyants à ces questions. S’il le fait et que ses réponses sont exactes, je m’engage à renoncer à mon mandat actuel de Député. S’il ne le fait pas et s’enferme dans le mutisme ou si ses réponses étaient inexactes, j’exigerai du Gouvernement des excuses publiques et son départ de ce Gouvernement. Je laisserai le soin aux autres, tapis dans l’ombre pour tirer à vue sur moi, d’en tirer toutes les conséquences.

Ce faisant, ce faux débat aura au moins eu le mérite de lever définitivement l’équivoque sur une affaire qui traine de puis 1996. Je rappelle en effet que pour m’empêcher de me présenter à l’élection présidentielle, le pouvoir avait  cherché partout les preuves de ma (non) nationalité et un éventuel séjour en prison pour crime. En vain. La même rengaine reprend…

 

Je suis toujours là et mènerai le combat pour la démocratie de toutes mes forces et avec la même conviction.

 

Veuillez croire, Monsieur le Directeur de Publication, en mes sentiments distingués.

Saleh Kebzabo