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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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M.Roland Marchall, chercheur et spécialiste
des cornes de l'Afrique (CERI)


En 2007, pour justifier son ralliement au régime de Ndjaména, un de mes amis, opposant tchadien, présent lors des négociations de Tripoli en Libye, me disait ceci : « Mon frère Nguebla, on ne peut faire la guerre avec les moyens de son voisin ».

 Rallié  au pouvoir de Ndjaména, cet ami est aujourd’hui, conseiller à la Primature au Tchad.


Avec du recul, on réalise qu’il n’a pas totalement tort dans ses affirmations antérieures par rapport à la question liée à l’autonomie militaire des rebelles tchadiens tributaires d’un allié extérieur imprévisible par ses voltes-faces.


Aujourd’hui, ses propos sont appuyés par le chercheur et spécialiste français Roland Marchall, du  Centre d’études et de recherches internationales (CERI) qui le dit en toute humilité et franchise : « Les rebelles tchadiens n’ont pas de moyens propres pour lancer une offensive, les Soudanais peuvent les contrôler assez facilement (...) Ce sont les grands perdants (de ces accords)», souligne Roland Marchal, du Centre d’études et de recherches internationales (CERI) à Paris.

Aussi, ajoute-il le spécialiste français : « Le Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM), un des principaux groupes rebelles du Darfour, est « plus autonome » par rapport au pouvoir tchadien que les rebelles tchadiens le sont de Khartoum.


Le problème des mouvements d’opposition armée au Tchad, est simple à percevoir et analyser, il s’agit d’une série de constats faits par plusieurs observateurs nationaux et étrangers qui découvrent au même titre que nous autres que les chefs rebelles tchadiens sont autistes, se croient suffisants et animés d’une fierté mal placée qui ne se justifie face aux règles des jeux politiques de l’ère.


La carence des leaders de l’opposition armée tchadienne ne fait l’ombre d’aucun doute ; ils n’aiment pas les contradictions politiques et sont frileux aux propositions venant d’ailleurs, ce complexe qui les ronge nuit aux efforts déployés par les acteurs indépendants qui viennent en aide à leurs côtés devant les défis du changement politique au Tchad.


Or depuis un certain temps, on a toujours soutenu que lorsqu’il s’agit d’un mouvement d’émancipation à dimension nationale, il faut intégrer au chapitre tous les paramètres se rapportant à l’unité de toutes les sensibilités sociopolitiques du pays.

Mais hélas, la culture d’exclusion et  du mépris est devenue l’un des pesanteurs voire l’handicap principal à la base des échecs politiques et militaires successifs des forces en lutte à l’est du Tchad.


Par ailleurs, pour asseoir une légitimité aussi bien nationale qu’internationale, une rébellion doit avoir une assise militaire au niveau local afin de crédibiliser sa lutte et démentir les  propos des détracteurs de tout genre que sont : la France, l’Union européenne et autres puissances étrangères dont le soutien au pouvoir d’Idriss Deby est devenu un acquis.


La rébellion tchadienne est limitée à tous les niveaux : aucun plan de communication médiatique, politique et diplomatique, aucune culture de relations publiques avec les organisations sous-régionales et internationales pour véhiculer son message et justifier le bien-fondé de son combat.


Elle vit en autarcie, repliée sur elle-même sans faire aucun effort d’ouverture avec l’extérieur.


On n’est pas surpris aujourd’hui qu’aucune voix au plan international n’a froncé les sourcils pour s’indigner et plaider en faveur des revendications politiques et militaires des rebelles tchadiens après l’accord intervenu entre le Tchad et le Soudan. Tout simplement, c’est parce que les chefs rebelles n’ont su développer un partenariat avec la communauté internationale.


Comment peut-on expliquer qu’en dépit de nombreux postes à responsabilités politiques qu’ils avaient occupés durant l’exercice de leurs fonctions, les différents leaders de la rébellion de l’est n’aient pu se faire un carnet d’adresse pour les mettre aux services de leurs luttes ?


Il y a de choses écœurantes lorsque l’on voit des telles personnalités aspirent à la magistrature suprême.


Il est temps que les Tchadiens conscients de la menace qui pèse désormais sur le changement politique au Tchad, prennent et assument pleinement leurs responsabilité individuelle et collective afin d’en empêcher le règne à vie d’un pouvoir décrié qui n’a trop duré et qui, malheureusement  n’a en face de lui aucun adversaire politique de poids lourds.

Pour les rebelles tchadiens, la situation est-elle quasiment désespérée ?

A méditer ensemble !

Makaila Nguebla