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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

stylo_lumineux.jpgLes hommes politiques tchadiens vertueux sont très rares et ceux que vous avez cités entre autres, ne peuvent représenter que des gouttes d’eau dans la mer, encore faut il prouver leur exemplarité.

S’agissant de Yorongar, il faut saluer son intransigeance dans un contexte particulièrement difficile et son courage à dire la vérité, en dépit des pressions et du climat d’insécurité qui lui sont soumis. Mais Yorongar, faut il l’avouer constituerait difficilement une alternative plausible au Tchad  à cause de son intégrisme. Ses idées de fédéralismes outranciers dans un milieu où les gens sont peu préparés à cette forme de cohabitation, son mépris avoué ou non avoué en vers nos frères du Nord et majoritairement de confession musulmane sont des bombes à retardement pour un pays fragile comme le Tchad. La situation actuelle au Tchad exige des qualités de consensus et de rassembleur  de celui qui sera appelé à le piloter.

Quant à Mika Lelita, il est peu connu de la population tchadienne. Son parti vient d’être crée et il circonscrit ses actions exclusivement à la Capitale Ndjamena. Personnellement, je suis impressé par son parcourt et ses fortes convictions d’aider le pays à surmonter ces difficultés mais l’homme n’a encore rien prouvé. Tout n’est que théorique et le Tchad a connu déjà dans le passé plusieurs personnalités très prometteuses au debut mais devenues décevantes au contact avec les réalités du terrain.

Le troisième chef cité m’est particulièrement inconnu et je ne peux rien dire.

Par rapport aux aides et autres formes d’assistance, je voudrais être le plus clair que possible sur ce point. Une aide faite à un gouvernement qui n’est pas très responsable ne sert à rien. Elle ne peut que continuer à l’augmentation des phénomènes de corruption, du népotisme et du clientisme déjà très répandus au Tchad. Sur ce plan, même la France qui soutient fermement Deby en est convaincu car depuis quelques temps, leurs aides publiques budgétaires au Tchad ont considérablement chuté. Ils préfèrent directement intervenir auprès des ONG ou à créer des structures de gestion sur lesquelles, elles ont un pouvoir de contrôle et d’audit. L’efficacité de l’aide au Tchad reste vraiment à démontrer dans le cas où toutes les structures censées gérer ces aides sont pilotées par des analphabètes ou des incompétents proches du pouvoir dont le seul objectif est de s’enrichir. Les projets jugés ainsi désastreux font monnaie courante au Tchad : projet taïwanais(Education), PARSET(Education), PSAOP(Monde rural), PASS(SANTE), GEEP(ministère du Plan) PSANG(Agriculture), etc.. des milliards de milliards de FCFA n’ayant pratiquement rien apporté.

Les programmes  de gestion des ressources publiques au Tchad avec le FMI n’ont jamais abouti pour cause de non respect des procédures élémentaire de gestion de ces ressources publiques. Le Tchad demeure l’un des rares pays d’Afrique Sub saharienne à ne pas atteindre le point d’achèvement de l’initiative PPTE et se privant ainsi de plusieurs centaines de milliards de remise de dettes. Les marchés de gré gré  vont parfois delà de 60% du budget annuel. Or qui dit gré gré, dit commission car le régime choisit des bureaux ou des fournisseurs pour la plupart inventés ou créés par eux même. Donc, c’est dire qu’ ils sont à la fois maitres d’ouvrage, maitre d’œuvre et bénéficiaires. C’est une triste réalité qui est vécue quotidiennement au Tchad. La SNER, la société nationale d’entretien routier qui gagne les ¾ des marchés publics en matière d’infrastructure est créée et dirigée par Daousssa deby, le grand frère du président de la République. En dépit des incompétences et faiblesses notées dans l’exécution des travaux par cette société, elle sort toujours victorieuse des appels d’offres nationaux et internationaux. Des marchés qu’ils sou traitent souvent avec l’entreprise française SATOM.

En dépit des discours de bonne gouvernance, de partage de pouvoir, de démocratie, la réalité est tout autre sur le terrain. Je disais un jour à un ami que je ne parviens pas à comprendre les objectifs de  Deby lorsqu’ils nomment des gens incompétents à des postes importants ne répondant pas à leurs profils. Si c’est l’argent qui est visé, ne serait pas mieux d’octroyer directement de l’argent sans contrepartie  à ces gens sans vouloir exposer leurs incompétences. En tout cas, rien ne l’empêche de prendre l’argent n’ importe où, n’importe quand  et donner à n’importe  qui. Personne ne peut lui contester ce pouvoir. C’est moins destructif de cette manière. Par exemple, Un général analphabète a été nommé coordonnateur d’un centre d’étude et de réinsertion des ex démobilisés alors que ce centre avait pour objectif de réfléchir sur les problématiques d’insertion sociale les plus économiques. Certainement, l’ombre de l’argent a plané autour de cette nomination.

Plus de 50% des Directeurs généraux au Tchad sont des Zagawaha qui ne constituent qu’une seule ethnie parmi plus de 200 ethnies au Tchad recensées au Tchad. Cette triste réalité est souvent masquée par les beaux discours que le Président tient aux occidentaux.

Pour revenir aux formes d’assistance, je suis convaincu que pour le moment, le Tchad a besoin des élections justes et transparentes. Les partenaires étrangers doivent mettre l’appui aux élections justes comme prioritaire. Une fois que le peuple tchadien aura les dirigeants de son choix, on peut véritablement poser des actes de développement. En d’autres termes, le peuple a besoin « d’une aide qui l’aide à se passer des aides ». cela doit se passer par des élections municipales, législatives et présidentielles justes, équitables et transparentes. Je suis déjà déçu par le refus de régime d’appliquer le recensement électoral biométrique qui devrait garantir la transparence des élections. Avec la mobilité des populations, surtout nomades, les découpages administratifs erronés, toutes les germes de fraude électorales sont réunies et je crains que les résultats des prochaines élections annoncées soient contestées et que deby  s’accroche au pouvoir comme il l’a fait lors des trois élections antérieures. D’ailleurs, il sait lui-même qu’il ne gagnera aucune élection transparente au Tchad.

Il faut avouer aussi que  les récentes interventions de l’union européenne en matière de création des infrastructures sont à saluer.  La supervision par eux des travaux public qu’ils financent a garanti la qualité de l’ouvrage. Je vois par exemple le bitumage de l’axe Moundou ngaoundere et moundou –Koumra.  Ces résultats sont palpables et profitent à tout le monde. Ces formes d’aide sont aussi à encourager. C’est d’ailleurs ce que la BAD essaie de faire ces derniers temps en s’imposant que le premier bailleur du développement au Tchad.

En fin, il y a des ONG qui font leur travail de manière professionnelle et honnête qui méritent d’être financées. La liste de ces ONG est longue mais je retiendrais les entreprises de Micro finance qui sont au contact direct avec les populations démunies même dans les coins les plus reculés du tchad

La peur d’être taxé de néocolonialisme doit être bannie. L’indépendance tant chantée est jusque là théorique et le poids de la France dans le spectre politique au Tchad est toujours grandissant. Les ambassadeurs de France au tchad sont des véritables conseillers du Président (qu’ils rencontrent chaque jour) et sont prêts à le détruire  au cas où leurs intérêts sont menacés.. Souvenez-vous de l’affaire arche de Zoe. Quand le Président a décidé de juger et écrouer les responsables français de cette ONG au tchad à la grande dame des autorités françaises, il a été très vite secoué par les rebelles qu’on a laissés venir aux portes de la Présidence. Il a fallu que le président revienne sur sa décision pour que la France fasse intervenir les éperviers qui ont été très déterminants dans l’echec des rebelles. Donc, l’Independence est une coquille vide et ce n’est pas la célébration à grande pompe de son cinquantenaire qui va changer quelque chose.

Les partis politiques en dehors du MPS au tchad sont très fragiles financièrement et humainement, et les appuyer pour le renforcement de leurs capacités d’action apparait comme un nécessité mais dans le respect des dispositions de la constitution du Tchad. Les assistances en natures sont plus souhaitables pour démunie les risques de corruption.

Une fois de plus, je vous remercie pour l’intérêt que vous portez pour le Tchad, ce pays à énorme potentialité économique et dont les habitants se comptent parmi les plus pauvres de la planète.



Daniel Hongramngaye

hongramngaye@yahoo.fr