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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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Par Talha Mahamat Allim
Genève, Suisse.
 
En tant qu’outil de la mise en œuvre d’une politique étrangère et face aux défis multiformes auxquels le Tchad est confronté, la diplomatie tchadienne est appelée à être à la hauteur des nouveaux enjeux internationaux et géostratégiques pour sauvegarder ses intérêts vitaux. Dans cette perspective, l’action diplomatique du Tchad dit « de la Renaissance », cher à nos dirigeants, devrait s’inscrire à notre sens dans une approche intégrant à la fois  l’amélioration de son aura et de son influence internationales et régionales ainsi que la mobilisation de ressources extérieures au profit de son développement national et local.
 
Pour y parvenir, cela passe entre autres par le placement des cadres tchadiens compétents dans les instances internationales et organisations régionales. De ce point de vue, la candidature du Tchad au poste de Secrétaire général de l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI), à travers la personnalité du ministre des affaires étrangères  Moussa Faki Mahamat, mérite d’être soutenue et valorisée par les amis du Tchad et tous les tchadiens au-delà de toute divergence, au nom de l’esprit citoyen et républicain.  Avoir une personnalité à ce niveau, c’est non seulement une fierté pour le Tchad, mais aussi une opportunité de participer activement aux évolutions actuelles du monde et d’en tirer profit pour le Tchad.
 
Le Secrétaire général de l’OCI, dont le siège est à Djeddah en Arabie Saoudite, est élu par le Conseil des Ministres des Affaires étrangères pour un mandat de cinq ans, renouvelable une fois. Il est élu parmi les citoyens des Etats membres conformément aux principes de la répartition géographique équitable, de la rotation et de l’égalité des chances pour tous les Etats membres et en tenant dûment compte des critères de compétence, d’intégrité et d’expérience.
 
Rappelons que, sous l’impulsion du  1er  Président Ngarta Tombalbaye, le Tchad est devenu membre de l'OCI en  1969, et a contribué notablement à l’évolution de cette organisation et mérite de diriger cette instance. D’autant plus que c’est autour d’un candidat africain d’accéder à ce poste. Le Tchad a de ce fait, une réelle chance d’y accéder.
 
Il convient aussi de relever la régression dans le positionnement des cadres tchadiens au sein des instances internationales. Nous péchons par l’insuffisance d’une politique cohérente de placement de nos cadres dans ces instances, qui passe non seulement  par la préparation adéquate des candidatures et la mise à disposition des moyens nécessaires pour le lobbying et la promotion de ces derniers, mais aussi par l’implication soutenue des Missions diplomatiques. A titre indicatif, dans de nombreux pays et grâce à leurs dirigeants, les représentants diplomatiques et anciens ministres poursuivent leurs carrières dans les instances multilatérales et internationales qu’ils font bénéficier à leurs pays ; ce qui n’est pas le cas du Tchad si on exclut les tchadiens arrivés dans ces instances par leurs propres démarches et moyens !
 
Par ailleurs, au sein de nos chancelleries, l’on observe aujourd’hui une inefficacité notoire dans la défense et la promotion des intérêts du Tchad à l’échelle régionale et internationale suite à un manque de vision claire et de stratégies adaptées. Dans beaucoup de missions diplomatiques tchadiennes, les réseaux établis pèchent par une absence de talents, de sagesse, d’ouverture d’esprit ainsi que d’une culture d’innovation et d’initiative adaptées aux réalités d’aujourd’hui. Ce qui fait que la plupart de nos missions diplomatiques n’arrivent pas à jouer un des rôles qui est le leur à savoir de tirer le maximum de profits des institutions internationales (New York, Genève, Bruxelles, Addis-Abeba…) en conformité avec les priorités du Tchad, comparativement à d’autres pays.
 
Au-delà des règles et conventions diplomatiques internationales auxquelles le Tchad a souscrit, la candidature du Tchad à l’OCI est un véritable test de la capacité de notre pays à user de ses ressources (réseaux, talents…) et de son  habileté à se faire entendre sur la scène régionale et internationale en général, et plus spécifiquement dans le jeu bilatéral et multilatéral. C’est aussi un test de son adaptation à la nouvelle configuration internationale aussi bien au niveau des acteurs que des relations et des enjeux, dans laquelle la communication joue un rôle essentielle.
 
Au regard des insuffisances diplomatiques relevées,  il est nécessaire d’organiser dans un meilleur délai un forum national, ce qui est à la mode actuellement,  réunissant tous les acteurs de la diplomatie, de la société civile ainsi que du monde politique et économique afin de dégager des nouvelles stratégies et politiques de la diplomatie tchadienne adaptées à l’évolution du contexte international tournées vers la réalisation des objectifs prioritaires de notre pays.
 
Talha Mahamat Allim.