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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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Conflits armés en Afrique  et développement durable.

Par Houlé Djonkamla.

Que les conflits armés freinent le développement des Etats africains ne nécessite pas une démonstration de notre part, tant les conséquences sont plausibles, et les témoignages nombreux et  éloquents.  Il s’agit dans presque tous les cas de s’étendre longuement sur les conséquences de ces conflits sur la vie des citoyens ordinaires et leurs impacts sur les économies des pays et régions touchés.

 Qu’il s’agisse du Soudan, du Congo, du Tchad, de l’Ouganda, ou hier du Liberia et de la sierra Leone, les conflits armées ont détruit la vie des villes et  villages, décimé les économies des terroirs et des régions, bouleversé les équilibres sociaux des pays, et mis sur la route de l’errance et de l’exile des millions d’individus qui ne réclament que la paix pour subsister déjà dans un contexte politique et économique très difficile. Les véritables questions qui nous taraudent l’esprit sont celles de la justification des causes de ces conflits armés d’une part et celles  des changements qualitatifs qu’ils apportent  d’autre part dans la vie des populations une fois  qu’ils sont résolus ou éteints..

Je ne sous-estime pas les conséquences immédiates, très douloureuses  dont les medias, les ONG et autres objecteurs de consciences nous fournissent une lecture sans complaisance. Comme beaucoup d’acteurs et observateurs préoccupés par le développement de l’Afrique, qui s’interrogent sur les revendications des peuples en révolte contre les systèmes de gouvernance  censés les administrer, je m’en voudrai de n’être à mesure de comprendre la détermination de ces gens qui préfèrent mourir que subir le dur quotidien que leur imposent des régimes peu recommandables. 

Sans nous focaliser sur les singularités des cas, dans la plupart des situations, tous s’accordent à dire que les peuples révoltés réclament plus de justice sociale, un partage plus équitable des ressources, une protection de leurs terroirs et de leurs modèles de développement, les libertés d’entreprendre et de réfléchir pour soi-même et pour la société. Autant d’arguments qui se résument à plus d’économie humaine, plus de social raisonnable, et surtout d’environnement soutenable ; comme pour dire que les révoltés réclament le développement durable.

Pour sûr,  me demandera-t-on si on ne peut autrement arriver a cette fin  qu’en faisant couler le sang ou en usant des armes ? Avec bonne foi, je dirai que c’est possible de le faire pacifiquement, même si ces cas sont rares en Afrique et dans le monde. Mais les exemples récents notamment celui de la Tunisie où le ras-le-bol de l’injustice a conduit un jeune de la petite localité de Sidi Bouzid à s’immoler par le feu, déclenchant ainsi une révolution qui finit par renverser la puissante dictature des Ben Ali ; et par un effet domino sans pareille amena la rue égyptienne à éclabousser un des plus puissants régimes policiers en Afrique qui  finit par s’écrouler,  ou encore les Libyens à s’insurger avec abnégation et succès contre la plus vieille dictature moderne du continent, tous ces cas, allais-je dire, sont édifiants. Ce sont là des exemples irréfutables de la justesse de la lutte que des humains, avant eux, ont menée en Afrique, en Asie, en Europe et en Amérique.  Ce sont des combats qui méritent d’être menés.

 Certaines organisations internationales et certains medias ont toujours sonné l’alerte à plus de justice sociale, plus de partage équitable des ressources et des pouvoirs, et à plus de raison dans la gestion de l’environnement. Les peuples révoltés du nord de l’Afrique ont fini par leur donner raison. Comme quoi, le meilleur moyen d’anticiper et de prévenir les conflits armés, c’est d’œuvrer pour un développement durable. Seul gage, à notre humble avis, d’une paix tout aussi durable.