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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

afriquefrancetc2.jpgPour la première fois, une enquête réalisée par des universitaires américains et français met en lumière la discrimination religieuse des entreprises françaises.
 
 Un Français d’origine africaine a 2,5 fois plus de chances de décrocher un entretien d’embauche s’il est chrétien que s’il est musulman. C’est ce que révèle une étude franco-américaine publiée le 27 mars dernier. Menée par trois chercheurs : Claire Adida et David Laitin de Stanford University, ainsi que Marie-Anne Valfort de Paris I Panthéon-Sorbonne, l’étude veut ‘‘lever l’ambigüité’’ : quand un Français d’origine maghrébine fait l’objet d’une discrimination à l’embauche, est-ce en raison de son origine ethnique ou de son appartenance à l’islam ? Pour y répondre, l’équipe a comparé l’intégration économique de Français musulmans et chrétiens originaires d’un même pays : le Sénégal. Deux méthodes ont été employées : le testing sur CV et l’enquête de terrain. Dans les deux cas, les ‘‘résultats mettent au jour une discrimination considérable à l’égard des musulmans’’.

Le testing sur CV est une méthode consistant à envoyer à un ou plusieurs employeurs, des CV parfaitement identiques, à un élément près (nom, adresse, âge, etc.). Le but est de mesurer l’impact de cette caractéristique sur la probabilité de convocation à un entretien d’embauche. Ici, trois CV ont été créés : le premier est celui d’une Aurélie Ménard, une Française de souche. Les deux autres sont ceux de Françaises portant un même patronyme sénégalais : Diouf. Mais tandis que l’une se prénomme Marie, l’autre s’appelle Khadija, des ‘‘signaux supplémentaires d’appartenance confessionnelle’’.

Testing sur CV : Khadija Diouf contre Marie Diouf

Le CV de Khadija mentionne une activité rémunérée au sein du Secours islamique et du bénévolat pour les Scouts musulmans de France ; de manière symétrique, le CV de Marie mentionne le Secours catholique et les Scouts et Guides de France. A ces quelques détails près, les CV sont rigoureusement comparables : mêmes qualifications, même âge, même quartier, etc. Les trois CV ont ensuite été envoyés à 300 recruteurs. Mais par paires, c'est-à-dire à chaque fois avec celui d’Aurélie comme CV de référence (Aurélie Ménard / Marie Diouf ou Aurélie Ménard / Khadija Diouf). Le résultat est sans appel : si Aurélie a un taux de réponse de 25 %, Marie, noire mais chrétienne, obtient 21 %. Soit tout de même 2,5 fois plus que leur compatriote musulmane Khadija Diouf, dont le taux de réponse est de 8 %. Quant à l’enquête de terrain, elle a été menée auprès de 511 ménages d’ascendance sénégalaise, les uns chrétiens, les autres musulmans. Ici encore, le résultat est sans appel : les ménages musulmans ont un revenu mensuel inférieur de 400 euros en moyenne à celui des ménages chrétiens. Il semble que ‘‘cette différence de revenu s’explique en partie par la discrimination à l’embauche dont souffrent les musulmans’’, concluent les chercheurs