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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Le colonel Charles Massi, leader d’un parti politique et plusieurs fois ministre a décidé de passer dans le camp de la rébellion. Appréhendé au Sud du Tchad, cet ancien allié au régime de Bangui a été livré aux autorités centrafricaines qui l’ont torturé et tué à « Gouatanamo », nom attribué à la prison militaire de Bossembélé, à 120 km de Bangui.


                   Envoyé permanent à Bangui (Regards d'Africains de france)

A en croire l’opposition démocratique centrafricaine et la famille du colonel Charles Massi, ce dernier a été incontestablement tué dans des conditions contestables à «Guantánamo
 », nom donné à la tristement célèbre prison de Bossembélé, ville située à 120 km de la capitale Bangui. Arrêté le 19 décembre 2009 au Sud du Tchad et livré aux autorités centrafricaines, Massi trouvera la mort le 8 janvier 2010 vers 9 heures à Bossembélé, « des suites des tortures qu’il a subies », révèle Mme Denise Massi, l’épouse du défunt, dans un communiqué au vitriol publié le 16 janvier dernier. La nouvelle de l’assassinat de Charles Massi a provoqué une levée de bouclier au sein de la classe politique centrafricaine. Cette salle affaire qui tombe à pic au moment où Bangui amorce le processus de Désarment, démobilisation et réinsertion (Ddr) des anciens combattants, est très décriée par l’opposition. Celle-ci dénonce des actes d’«assassinats» érigés «en mode de règlement des conflits politiques » par le chef de l’Etat François Bozizé et « ses sbires ».

 

Massi « livré aux bourreaux… » 

 Parallèlement aux actions de l’opposition démocratique centrafricaine, se dressent bien d’autres réactions dénonçant la mort de Charles Massi. Dans la ligne de mire, le général François Bozizé qu’on accuse de ressusciter des vielles pratiques de répression dignes du temps de l’empereur Jean-Bedel Bokassa et des périodes sombres qu’a connues la République centrafricaine. Terreur, férocité, cynisme, brutalité…sont autant de termes durs employés par la Convergence citoyenne de concertation contre la dictature   (Ccccd), pour pointer ce qu’elle qualifie, avec « indignation », de « traitements inhumains et dégradants » dont fait montre le régime de Bangui.  Le président tchadien Idriss Déby Itno n’échappe pas à la colère de ceux qui exigent aujourd’hui du général François Bozizé le corps de l’opposant Charles Massi.

Toujours selon la Ccccd , Massi a été transféré du Tchad en Centrafrique «  pour être livré aux bourreaux à la solde des régimes Bozizé-Déby».
Le couple Déby-Bozizé apparaît plus que jamais lugubre aux yeux de l’opposition centrafricaine. Peut être aussi tchadienne. Le Tchadien Baba Ladé, président du Front Populaire pour le Redressement (FRP), a été livré dans les conditions similaires à celles de Massi par les autorités centrafricaines au président Idriss Déby Itno. Dieu seul sait si ce chef rebelle reste encore en vie. La connexion entre Bangui et N’Djamena et le flou artistique qui entoure le sort réservé à Charles Massi obligent le Collectif des forces du changement- plate forme des partis de l’opposition-, d’exiger  « la mise en place d'une commission d'enquête internationale indépendante» en vue de connaître la vérité sur cette affaire qui continue de défrayer la chronique. 

 

Un officier tombé en disgrâce

Le mouvement de protestations crée ça et là par les forces vives de la nation contraint le gouvernement centrafricain à sortir de son mutisme pour démentir toutes « les allégations mensongères » dont il fait l’objet. Les déclarations de l’opposition et celle de la famille Massi ne sont rien d’autres qu’une « véritable compagne de d’intoxication», répond le ministre délégué à la défense nationale, Jean-Francis Bozizé. Comme pour justifier son acte, le ministère de la défense nationale insiste sur les turpitudes de Charles Massi, plusieurs fois ministre au temps de Patassé et pendant le régime de François Bozizé.

Limogé du gouvernement à l’issue d’un remaniement technique, Charles Massi, très en colère, est passé avec armes et bagages dans le camp de la rébellion.
Président fondateur d’un parti politique, le Forum démocratique pour la modernité (Fodem), Massi qui a conclu un pacte avec François Bozizé au second tour du scrutin de 2005 a décidé d’intégrer en mai 2008 la rébellion de l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (Ufdr). Il va ensuite rejoindre la Convention des patriotes pour la justice et la paix (Cpjp), une rébellion qui a revendiqué les dernières attaques de Ndélé, au Nord-Ouest de la Centrafrique.