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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

 

Dans un mois, l’Etat tchadien produira son propre pétrole raffiné et son ciment de Pala. Beaucoup de  tchadiens espèrent la fin du cauchemar dans lequel ils gisent depuis l’arrivée au pouvoir du natif d’Iriba. En effet, on ne le dira jamais assez mais l’énergie est au cœur de toute activité économique et sociale d’un pays. Le pétrole est la source d’energiequi éclaire nos chambres, qui assure le cuisson de nos repas, fait fonctionner de millions d’entreprises et de micro entreprises en commençant par les grands industriels tel que la brasserie du Tchad, le coton Tchad, jusqu’aux tenants des secteurs informels tels que les tailleurs, les coiffeurs de rue, les réparateurs des engins à deux roues etc.  Elle est indispensable dans la vie de toute entité qui vise à se développer. Même au niveau national, combien de tchadiens, avions nous perdu dans les hôpitaux suite aux coupures d’électricité pendant les opérations chirurgicales, combien sont-ils morts parce que leur corps fragile ne peut supporter la chaleur qui sévit dans les cliniques sanitaires privées de climatiseurs du fait de la rareté de l’énergie ? Et que dire de cet automobiliste ordinaire et de cet usager  des bus communs qui doit consacrer le quart de son maigre budget mensuel aux frais de transports qui sont parmi les plus élevés d’Afrique centrale, voir du monde par cequ’un litre d’essence coûte plus d’un dollar américain au Tchad ?.

Chers compatriotes, les espoirs béants ne doivent être  plus de mise pour nous les tchadiens qui avons suffisamment souffert. Soyons prudents et n’attendons pas un changement qui n’en sera pas un car le plus grand malheur   du monde vient de ses espoirs déçus. Si nous ne faisons pas attention, les déceptions seront à la hauteur de nos attentes ? Passons en revue quelques arguments qui justifient une telle réserve.

D’abord un, inspirons nous des expériences des pays qui produisent eux même un certain nombre de produits. Le  voisin Nigeria produit du pétrole raffiné mais le pétrole raffiné national coute plus cher que le pétrole raffiné importé. Conséquence, la raffinerie sur place n’a pas apporté des bénéfices attendus contre la chevreté de la vie. Au Sénégal, le riz sénégalais est une fois et demi plus cher que le riz importé au Sénégal. Pourquoi aller si loin alors que l’exemple du sucre de l’EX SONASUT (aujourd’hui CST) est édifiant. Pourquoi tant de fraude relative au sucre importé du Nigeria ou du Cameroun alors que le Tchad produit son propre sucre ? c’est simplement par ce que le sucre tchadien revient plus cher au consommateur local que le sucre importé de ces pays.

Ces exemples montrent à suffisance qu’il ne suffit pas de produire un bien sur place pour qu’il soit à la portée des consommateurs. Mais encore faut-il analyser les conditions de production. Pour un pays enclavé comme le Tchad, les facteurs de production coutent cher, notamment les biens d’investissement et étant dans une économie capitalistique ou libérale, c’est le concept de plus valu qui guide tout. Un investisseur se fout de la cherté de vie ou de la galère des consommateurs. Pour lui, ce qui compte, c’est son bénéfice.

Deuxièmement, les investisseurs chinois qui opèrent dans les hydrocarbures et la cimenterie au Tchad sont connus sur le plan mondial pour leur usage du faux et leur attachement aux pratiques frauduleuses. Ils sont toujours prêts à accorder des privilèges financiers aux autorités locales pour exploiter par la suite abusivement les matières naturelles d’un pays en défaveur de la grande masse. Toutes les infrastructures réalisées par les chinois au Tchad ne sont pas gratuites. Elles leur donnent la possibilité de faire des grands profits quand l’occasion se présente. La production et l’exportation du pétrole brut et raffiné du tchad et celle de ciment sont les opportunités qu’attendent les chinois depuis leur retour au tchad  en 2001 pour se servir et bien se servir. Tout cela aura des répercussions sur les prix des produits qui dériveront de la raffinerie et de la cimenterie. Aujourd’hui, à la mesure du flou qui règne sur ces projets, personne ne peut dire avec précision quel e sera la quantité du pétrole brut et raffiné qui sera produite ? Quelle a été la contribution du Tchad dans la réalisation de ces unités de production ? Qui sont les destinateurs des produits qui seront exportés du Tchad ? En tout cas, c’est de la pure chinoiserie.

 

Troisièmement, pour ne pas être taxé de tchado- pessimiste, je vais admettre comme les autres tchadiens que dans un premier temps, à partir d’Aout 2011, les prix du sac de ciment et du litre d’essence vont baisser de la moitié. C’est irréaliste mais comme certains y croient, admettons les choses comme telles. Néanmoins, il faut la aussi être prudent vis à vis deces prix, tcar à ce niveau des prix, tous les marchés environnants du tchad vont s’intéresser au pétrole et au ciment tchadiens parce qu’ils sont inférieurs à ceux pratiqués chez eux. Ce n’est que le rationalisme humain. Or, une pression de demande dans une situation de faible variabilité de l’offre fait grimper les prix. C’est dire que très vite, l’afflux des centrafricains, des camerounais, des soudanais, Nigériens sur les marchés tchadiens amèneront les opérateurs tchadiens et chinois à faire augmenter les prix sur le plan intérieur. N’ayons pas surtout une mémoire courte. Quand le gouvernement du tchad a décidé en 2007 de fixer unilatéralement les prix de sac de 50 kg de ciment à 7 000 FCFA et s’est  décrété le seul opérateur de cette denrée, les commerçants tchadiens, en affairistes avisés ont stocké leurs sacs de ciment et attendent le pourrissement de la situation. Ils savent en effet que le gouvernement ne peut satisfaire à toute la demande intérieure. Ce qui devait arriver, arriva. Le gouvernement ne peut pas répondre aux demandes intérieures et nos commerçants sortent enfin leurs sacs de ciment mais pas pour vendre à 7 000 FCFA mais à 11 000 FCFA. Et depuis lors, le prix du sac de ciment de 50 kg oscille autour de ce prix de 11000 FCFA.

N’est ce pas là la vérité des économistes néo classiques qui disent que l’offre est toujours égale à la demande (Yt=Dt). Si la demande augmente et que l’offre n’a pas la possibilité d’augmenter de la même proportion, la seule façon d’assurer l’équilibre entre les deux agrégats (Yt, Dt), c’est d’augmenter les prix du produit offert.

A bon entendeur, salut

 

 Daniel Hongramngaye

hongramngaye@yahoo.fr