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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

monza 2Laounodji M. Monza - Washington DC  

Présidentielles d’Avril 2011 au Tchad:

Le Weekend du Boycott Électoral ou de l’Échec Politique National

Ce n’est pas une aberration politique et démocratique d’entendre dire que « Deby va aux élections contre Deby » au Tchad ce mois-ci. Le vide politique dont profitent le président Idriss Deby et son parti politique, le MPS, pour se faire réélire au Tchad le 25 avril 2011, contre toutes attentes et oppositions, n’est imputable qu’aux Tchadiens eux-mêmes dans leur ensemble. Car pourquoi après vingt ans de côtoiements, soulèvements populaires, guerres et d’opposition politique, on n’arrive pas du tout à mettre en place une structure politique dynamique pour imposer le  changement ou de trouver une formule sociopolitique adéquate pour coincer Deby, son parti et ses prébendiers  afin d’abréger la souffrance du peuple tchadien?

Une élection se prépare et il faut avoir les moyens pour la gagner ! Depuis 5 ans, la majorité de chefs de partis au Tchad n’ont ni moyens ni programmes politiques pour valablement animer la vie politique interne et concurrencer le parti de Bamina (MPS) en exposant ces multiples déboires. Et depuis la débandade des politico-militaires tchadiens en 2010 jusqu’en fin janvier 2011, aucun candidat politique valable de toute l’opposition n’a émergé au Tchad ou ailleurs. Par conséquent, la fatigue politique a gagné la majorité des Tchadiens ! Ainsi, la fuite en avant du seul et eternel candidat du MPS, Idriss Deby, et partant de ses deux concurrents-acolytes, sans poids politique ni assise nationale, doit faire l’objet d’une remise en cause de la conscience collective, morale et politique des Tchadiens dans leur ensemble en ce mois précis. Car vu l’allure de l’unicité de la compagne présidentielle et de son climat, le Tchad va surement se retrouver avec un même nouveau-ancien président élu le 25 avril 2011; et ceci, pourvu seulement que Deby et Hinda mettent leurs bulletins dans une urne quelconque placée dans la capitale N’djamena pour que le hold-up réussisse.

Quant aux trois candidats démissionnaires des présidentielles de 2011, c’est incompréhensible qu’ils proposent encore un boycott électoral aux Tchadiens, à moins d’un mois du scrutin, sans préparation psychologique ni information conséquente pour assumer cette responsabilité. Ce qui est marrant, ces mêmes instigateurs du boycott n’ont pas du tout tiré la leçon de l’échec de leur mot de boycott d’il y a 5 ans! Qu’est-ce qui a changé depuis lors dans  la mentalité des Tchadiens ou dans le paysage politique tchadien pour que l’on pense  au boycott électoral et non à une coalition des partis pour présenter un candidat unique contre Deby - vu la masse d’allégeance de certains chefs de partis d’opposition à la mouvance MPS? Pourquoi pleurnicher devant le gouvernement pour obtenir l’autorisation d’aller sillonner le pays pour livrer le message du boycott alors que la pléthore des outils et technologies de la communication pourrait sans doute leur permettre de livrer l’information depuis leur maison avec peu de risques et à moindre frais aux militants? C’est à se demander si nos chefs de partis sont-ils en retard ou bien ont-ils la méconnaissance du pouvoir des autoroutes de l’information qui ont permis l’apparition du « printemps arabe » qui a créé les chutes des dictateurs en Afrique et ailleurs?

Les turpitudes militaro-politiques et sociales des acteurs politiques tchadiens et des populations se caractérisent, depuis lors, par une seule motivation ou préoccupation: vaincre le mal et rétablir la justice politico-sociale dans tout le pays. Des partis et associations ont été créés, des armes ont tonné à travers des groupes militaro-ethniques, et de nombreux citoyens étaient physiquement liquidés parce qu’ils croyaient à la juste cause de ce foisonnement  d’entités montées de toutes pièces pour combattre le mal tchadien. Mais force est de constater aujourd’hui que l’inamovibilité des racines du mal tchadien et de celui qu’on croit, à tort ou à raison, incarné ce mal persiste. Bref, l’incapacité d’éradiquer le mal tchadien, par tous les moyens, ou d’y apporter un tant soit peu de changement s’observe partout et en tout Tchadien. Ainsi, l’imbroglio socio-économique dans lequel est plongé le peuple tchadien, et l’impasse politico-électorale dont l’opposition de l’intérieur fait face suffiront-ils à monter la pression pour obtenir la tension requise pour le changement politique ou bien de tenir le pari du boycott électoral dans tout le pays ce weekend?

 C’est lamentable qu’à ce moment précis que les prétendus « leaders politiques » de la première heure de la démocratie tchadienne retombent si bas. S’ils luttaient pour le changement, pourquoi ces « vipères » de l’opposition tchadienne ont-ils changé de camp quand le peuple a tant besoin d’eux pour profiter bonnement de ce qu’on appelle vulgairement le « printemps arabe » pour extirper le mal tchadien ? Y-a-t-il un motif plus sérieux et convainquant de la part de ces vendeurs d’illusions que le profit matériel ou le gain facile dont le régime actuel en est l’incarnation au Tchad ?  Et que dire  surtout de toute cette jeunesse tchadienne militante que ces véreux chefs de partis n’ont pas su former pour l’alternance et laissée au carrefour politique pour faire allégeance au MPS ( et son président) ? Pourquoi avoir combattu un mal ou une hydre pendant vingt ans, faire mourir des jeunes, pour subitement capituler sans préavis au moment où il ne fallait pas du tout? Veut-on nous dire par là que le Tchad est déjà en paix avec lui-même depuis 2010 et qu’il est inutile de penser à une quelconque alternance politique pour maintenir cette paix en 2011?

Tout compte fait, que nous soyons apolitiques, du parti au pouvoir et ses satellites, de l’opposition interne ou externe, de la société civile d’une manière général, nous ne nous sommes pas assez éduqués et informés, en tant que Tchadiens, sur les valeurs patriotiques, démocratiques et civiques qui puissent nous préparer à organiser des élections présidentielles dignes de ce nom, malgré les potentialités de notre pays. Nos tares sociopolitiques saupoudrées de nos replis identitaires nous empêchent de créer une vision politique au niveau national pour que tout le monde y adhère. Voilà l’un des défis de notre temps et de l’émergence d’un leader politique au charisme national au Tchad. Comme le MPS propose mieux, il y a un paradoxe qui se développe chez nos soi-disant leaders: ils veulent être dans la barque du MPS et en même temps la pousser de coter ! Entrisme ou suicide politique ? A vous de juger !

Enfin, de deux chose l’une en attendant les résultats des présidentielles du 25 avril 2011 : soit que le boycott réussisse et que le peuple contraigne Deby et le MPS à réorganiser des élections présidentielles dignes de ce nom pendant l’année en cours, soit que le hold-up électoral réussisse et Deby s’installe encore pour 5 ans grâce à son Baraka. Si la dernière hypothèse se présente, ça serait, une fois de plus, un échec politique national de l’opposition tchadienne dans toutes ses incarnations (politico-militaires, société civile, opposants politiques internes et externes, tous les résistants et activistes etc.). Là alors, il faut souhaiter bonne santé au président Idriss Deby, bonne sénilité et retraite aux chefs de partis (beaucoup seraient atteints par la limite d’âge) , et bon retour au bercail aux opposants en exil qui n’auront pas d’autres choix que de reprendre le langage de la réconciliation national ou du dialogue inclusif. Elections or boycott, peace is the question! A chacun de jouer son rôle et que le Tchad soit sauvé après le 25 avril 2011!!

Laounodji M. Monza

Washington DC

laoumonzal@yahoo.fr