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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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Election présidentielle 2011

Un scrutin sans véritable enjeux politique

Le premier tour de l’élection présidentielle est prévu le dimanche 3 avril 2011. Idriss Deby Itno, le président sortant est le grandissime  favori de ce scrutin, sans véritable enjeu.

Par Eric Topona

« Assurer  la réélection du candidat de la majorité présidentielle dès le 1er tour », tel est le credo  de campagne des partisans du président sortant. Selon des analystes politiques nationaux, Idriss Deby Itno est assuré d’obtenir un nouveau bail au Palais Rose à l’issue de  ce scrutin présidentiel.  Plusieurs raisons sont avancées pour justifier cette hypothèse.

 

Primo, le Mouvement Patriotique du Salut au pouvoir est le seul parti ou presque à s’être implanté dans tout le Tchad et dispose  aussi  de toute l’administration et des moyens de l’Etat pour battre  campagne et espérer ainsi  « écraser » les autres candidats. Mais cette donne n’est pas figée, car l’UNDR de Saleh Kebzabo a réalisé des percées dans certaines régions du Nord du Tchad, traditionnellement acquis au MPS. L’UNDR est de ce fait,  la seule formation politique  de l’opposition à s’être  enracinée dans cette partie du Tchad, avec quelques  députés obtenus lors des législatifs du 13 février dernier.

Secundo, le candidat du parti au pouvoir peut brandir tel un trophée de chasse, ses différentes réalisations durant le quinquennat finissant, placé sous le signe du social, pour espérer convaincre ses compatriotes, du moins ceux de ses partisans.  Mais, c’est sans compter avec la lassitude d’une autre frange de la population  qui estime que le moment est arrivé, après 20 ans  passés   à la tête du pays, pour que s’opère enfin  l’alternance  comme le réclament à cor et à cri  les ténors de  l’opposition tchadienne.

Idriss Deby Itno, 59 ans,  sera face à   5  autres candidats :  le porte-parole adjoint de la Coordination des partis politiques pour la défense de la Constitution, et Président de l’Union Nationale pour le Développement et le Renouveau, Saleh Kebzabo, Ngarledji Yorongar, Coordonateur  de la Fédération Action pour la République/Parti Fédération, Kamougué Wadal Abdelkader de l’Union pour la République et la Démocratie, actuellement Ministre-conseiller à la présidence de la République, Pahimi Padacket Albert, du RNDT-Le Réveil et Ministre de l’Agriculture et de l’irrigation, et Maitre Nadji Madou le jeune président de l’Alliance Socialiste pour un Renouveau Intégral, une petite formation créée il ya moins de cinq ans.

Malheureusement, le conseil constitutionnel a invalidé  sept autres candidatures. Parmi les candidats recalés, l’ancien Premier Ministre de transition, Docteur Abdelkerim Fidel Moungar, qui réside en France. « Le candidat a produit une déclaration de candidature qui ne comporte pas les mentions exigées par la loi à savoir : date et lieu de naissance, filiation du candidat. Il n’existe pas par ailleurs dans son dossier d’emblème servant à l’impression du bulletin de vote », a motivé le conseil constitutionnel dans sa décision portant publication de la liste des candidats à l’élection présidentielle du 03 avril 2011.

Après avoir boycotté l’élection présidentielle de 2006, qui s’était tenu dans  un contexte marqué  notamment par des attaques rebelles tous azimuts,  les principaux leaders de l’opposition tchadienne  ont décidé cette fois  d’entrer dans la danse. Mais sous certaines conditions.

L’opposition pose des préalables……

En effet, juste au lendemain de la publication de la liste des candidats par le conseil constitutionnel, les  cinq(5) candidats  retenus ont adressé une requête commune qui « vise à l’amélioration des conditions du bon déroulement des opérations électorales présidentielles du 3 avril 2011 ».  La requête  énumère  les ratés constatés lors des élections législatives passés et propose des solutions de leur amélioration. Les candidats signataires ont posés des préalables avant leur participation à l’élection présidentielle. « En  tout état de cause, les candidats  signataires de la présente requête exigent  plus particulièrement  la mise en œuvre sans délais des points inscrit dans la requête, qu’ils considèrent comme des préalables à leur participation à l’élection présidentielle du 3 avril 2011 » peut-on lire dans la requête. . Les cinq présidentiables « exigent la confection de nouvelles cartes d’électeurs sécurisée et de couleurs différentes, en présence et sous le contrôle  des représentants des candidats, l’impression des bulletins de vote numérotés et sécurisés par un ou plusieurs imprimeries de la place, en présence et sous le contrôle des représentants des candidats, le strict respect  par le gouvernement (administration territoriale et militaire) des dispositions relatives au trafic d’influence et à l’utilisation du symbole et des biens de l’Etat , le réaménagement des démembrements intérieurs et extérieurs de la CENI pour respecter la parité,  l’acheminement et la réception des matériels de vote en présence des représentants des  représentants des candidats au moins trois jours avant la date du scrutin». Visiblement en réponse à ces exigences de l’opposition, le Président-Candidat a pris le soin de réunir au Palais Présidentiel  le lundi 7 mars 2011  les Présidents et Secrétaires généraux des partis politiques légalement constitué pour d’abord les félicités pour le calme et la sérénité qui ont prévalu durant la campagne législative, et ensuite Idriss  Déby Itno leur a fait part  de son hostilité à tout report du scrutin. « La CENI doit respecter le  chronogramme qu’elle a élaborée », a tranché Idriss Déby Itno.  

En quête de crédibilité sur le plan international(NDLR, surtout qu’il est membre du panel des chefs d’Etats désignés par l’Union Africaine pour trouver une issue  pacifique à l’impasse politique actuelle en Cote d’ivoire) et tirant les leçons  du vent de révolte qui souffle au Maghreb, Idris Deby Itno a du lâcher du lest en recevant le mardi 8 mars 2011, les cinq candidats à l’élection présidentielle, signataires de la requête. Au menu de leurs entretiens, l’examen de leurs revendications.

De sources proches de la Présidence tchadienne, le numéro un tchadien aurait fait des concessions, mais est resté sur sa position, au sujet de la confection de nouvelles cartes d’électeurs. Conclusion, d’un  diplomate français en poste à N’djamena, la date de l’élection est maintenue pour le 3 avril, et  la campagne débute théoriquement le  dimanche 13 mars. Le sera-t-elle avec ou sans les 5 autres candidats ? Ces derniers vont-ils resté unis pour contraindre Idriss Deby Itno ? Ces question sont sur toutes les lèvres, et font l’objet de toutes les supputations à N’DJaména

 

Dans le cadre de cette élection présidentielle, Eric Topona a fait le portrait des six candidats e lice pour l’élection présidentielle du 3 avril 2011.

 

Saleh Kebzabo, (64 ans) 

 «Le candidat de l’espoir»

Né le 27 mars 1947 à Léré (au sud du Tchad), le député Saleh Kebzabo, « SK » pour ses partisans,  est journaliste de formation, et président de l’Union Nationale pour le Développement  et le Renouveau, la première force de l’opposition démocratique, avec 11 sièges remportés  lors des élections législatives du 13 février dernier, contre seulement 5 dans la précédente législature. Après des études primaires et secondaires au Cameroun, il intègre le CFJ, le centre de formation des journalistes à Paris en 1966, sur concours, pour un cycle de deux ans. Son diplôme de journalisme  en poche, SK rentre au pays en 1968 où il est affecté à l’Agence Tchadienne de Presse. Mais en 1972 Kebzabo  repart en France et prend une inscription à l’Institut Français de presse, et parallèlement à ses études, il pige pour Jeune Afrique qu’il intègre  en 1973 comme journaliste.

Correspondant  régional de JA à  Dakar en 1975, il est rappelé à Paris en 1977. Suite à une crise qui a secoué la rédaction, Saleh Kebzabo  quitte JA  en 1977 et tente une nouvelle aventure à Demain l’Afrique, dont il fût le correspondant régional à Yaoundé, avant d’en être le Directeur de Publication. L’aventure a tourné court, puisque le journal  est tombé en faillite.

La carrière  politique de cet Homme politique, que beaucoup d’observateurs trouvent   fin et  rusé, débute en effectivement en 1992, lorsqu’après avoir fondé N’Djaména Hebdo, le tout  premier hebdomadaire tchadien libre, il accepte de prendre la direction de l’Union Nationale pour le Développement et le Renouveau. Candidat à la première élection présidentielle de l’ère démocratique en 1996, Saleh Kebzabo arrive troisième avec près de 8 pour cent, derrière Kamougué  Wadal Abdelkader et Idriss Déby Itno. Contre toute attente, l’opposant radical de l’époque décide d’apporter son soutien au candidat du Mouvement Patriotique du Salut, Idriss Deby Itno, qui le nomme Ministre des Affaires Etrangères,  au lendemain de sa réélection. Elu député de la circonscription de Léré, sa région natale en 1997,il démissionne pour entrer  à nouveau au gouvernement, et a occupé divers portefeuilles ministériels. La lune de miel avec Idriss Déby Itno a pris fin en 2001, depuis lors, l’UNDR milite dans l’opposition. Grace à l’Accord politique du 13 aout  2007, signé entre la majorité et le pouvoir, Saleh Kebzabo  obtient le titre de chef de l’opposition, puisque son parti l’UNR est la première force politique de l’opposition.   Disposant d’un carnet d’adresse fourni, tant au niveau national, qu’international, Saleh Kebzabo espère battre Idriss Déby au second pour restaurer l’autorité d l’Etat, rétablir la justice, unir les Tchadiens pour se mettre au service de leur pays, à traves un développement concerté et participatif. Saleh Kebzabo est depuis 2007, député a parlement panafricain.

 

Maitre Nadji Madou, l’ovni politique

C’est pour la première fois que Maitre Nadji Madou se présente à une élection présidentielle. Président du parti ASRI (Alliance socialiste), Nadji Madou est un candidat de moindre envergure, au regard de la configuration politique actuelle. Son parti  ne sera me pas représenté dans la future assemblée nationale.  Mais, le jeune leader peut compter sur la trentaine de paris politiques  qui lui ont apporté leu soutien. Beaucoup  d’observateurs voient en sa candidature, une simple  ballade de santé, pour amuser la galerie, même si son épouse, Toupta Boguena est ministre de la Santé publique, dans l’actuel  gouvernement du Premier Ministre Emmanuel Nadjingar.

 

Kamougué Wadal Abdelkader,  «Le Lion du Sud »

Le  général Kamougué Wadal Abdelkader est un vieux briscard de la scène politique Tchadienne. Son nom est associé au premier  coup d’Etat de 1975 qui a renversé le régime du premier président de la République, François Tombalbaye. Il a collaboré avec tous les régimes qui se sont succédé depuis l’indépendance en 1960.  En 1996, celui qu’on surnomme « Le Lion du Sud », a été battu au second tour de l’élection présidentielle par son frère d’arme et cadet, Idriss Deby Itno. Dans le cadre de la démocratie consensuelle et participative,  un compromis politique, le président de l’URD, Union pour la République et la Démocratie devient  président de l’Assemblée Nationale de la première législature en 1997, et  des membres de son parti font leur entrée au gouvernement. Première force politique de l’opposition, le parti du général Kamougué a perdu du terrain depuis lors. Au lendemain de l’assaut rebelle sur N’Djamena, en février 2008 ; il est nommé ministre de la défense, jusqu’en janvier 2011. Depuis cette date, il est Ministre--Conseiller à la Présidence de la République. Agé de 72 ans, Kamougué Wadal Abdelkader brigue pour la troisième fois la magistrature suprême, sans réelle chance de l’emporte, à case de  son inconstance politique. Son parti a pu obtenir 7 députés aux dernières législatives.

 

Ngarledji Yorongar Le Moiban, « L’opposant historique »

  le 21 juin 1948 à Koro dans la Tandjilé, Ngarledji Yorongar le Moiban, « député des 301 puits » (NDL, Bebedja dans le Logone Oriental, ou coule le pétrole et fief de sn parti) est l’un des adversaires les plus farouches du Président sortant Idriss Deby Itno. Celui qui affirme avoir été emprisonné 14 fois sous le règne du régime actuel, est arrivé  contre toute attente deuxième lors de la présidentielle de 2001. 

 Une fois élu, « Yoro », comme aiment à l’appeler  ses partisans, entend instaurer la fédération au Tchad, seul  rempart contre l’injustice, justifie t-il. Titulaire d’un DEA en Sciences politiques  obtenu à  l’Université Paris 10 Nanterre, et  d’un DESS de l’Université Paris  I et de nombreux autres diplômes, Ngarledji Yorongar est père de 5 enfants. Après la retraite des rebelles de N’Djamna en février 2008, il fait partie des personnalités politiques enlevés à leur domicile, parmi lesquels, Ibni Oumar Mahamat Saleh, le porte-parole de la CPDC.

 

 

Pahimi Padacket Albert, « l’étoile montante »

 

Pahimi Padacket Albert  est  le candidat du RNDT Le Réveil. Il est né le 15 novembre 1966 à Pala dans le Département du Mayo Dalla. Administrateur civil depuis le 25 janvier 1991 ; Pahimi Padacket Albert a occupé plusieurs fonctions dans l’administration publique :conseiller juridique chargé des droits de l’homme en 1993 ; Secrétaire général de la primature de fin 1993 à mai 1994, Ministre des Finances et de l’Informatique en 1995, Ministre du Commerce en  1997, Président du Conseil d’Administration de la Cotontchad en 1998, Secrétaire d’Etat aux Finances en 2001,Ministre du Pétrole et énergie en 2001.Il fut élu député en 2002,avant d’être nommé Ministre de l’Agriculture le 7 aout 2005, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux en 2007, Ministre des Postes et Nouvelles Technologies en 2008 et depuis 2010, Ministre de l’Agriculture et de l’Irrigation. Candidat pour la première fois en 2006, Pahimi Padacket Albert plaide pour un renouvellement de la classe politique. S’il est élu, le candidat du « coq blanc » promet  un changement, dans toute sa dimension. Mais ses accointances avec le MPS au pouvoir réduisent ces chances  de gagner.

 

E.T