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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

 

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AGIR CONTRE L’INJUSTICE

Avenue du Général Malloum BP : 5179 Tel: 99 94 15 96 / 66 45 03 21 E-mail: association.adhet@yahoo.com

POINT DE PRESSE DU 11/12/2012 RELATIF A L’OPERATION VILLE MORTE

Mesdames et messieurs les journalistes, illustres invités, à la réception de notre invitation hier, vous vous serez sans nul doute interrogés de l’objet de ce point de presse illico qui, à vos yeux serait précipité, compte tenu du temps très court pour son organisation.

Mesdames et messieurs, les journalistes, ce point de presse est commandé par l’urgence de communiquer et d’informer car, imposé par cette circonstance particulière. Par conséquent, ce qui nous réunit ce matin est connu de tous, c’est l’opération ville morte appelée par quelques organisations de la société civile.

Mesdames et messieurs, les journalistes, il y’a de cela quelques jours, des réflexions ont été nourries par les ADH pour répondre à l’interminable situation de grève et à la situation de cherté de vie pendante où nous avons été impliqués de bout en bout jusqu’à ce jours où décision a été prise pour appeler à la ville morte dans la ville de N’Djamena pour la journée du 11 décembre 2012 donc aujourd’hui.

Ainsi, à la suite des tables rondes organisées par quelques activistes des ADH le dimanche dernier sur les antennes de FM Liberté et de Dja FM, auquel ceux-ci ont appelé la population à observer cette journée ville morte, nous avons enregistré de multiples appels de nos militants et sympathisants, bref de la population, appels faisant état de leurs craintes pour cette journée. De surcroit, constatant que l’action à l’origine essentiellement celle des ADH est devenue un cocktail de sabordement où les partis politiques se trouvent impliqués. Pour ce faire, réunit en séance extraordinaire hier 10 décembre 2012 et mesurant les conséquences irrémédiables qu’entrainerait cette action de désobéissance civile, tant pour la population que pour le pays et refusant de se mettre ensemble avec les partis politiques qui n’ont pas la même fonction ni les mêmes rôles que les ADH, l’ALLIANCE DES ASSOCIATIONS DES DEFENSEURS DES DROITS HUMAINS ET DE L’ENVIRONNEMENT AU TCHAD, (ADHET), fidèle aux principes et règles régissant les domaines de ces trois entités c'est-à-dire ADH, Syndicats et partis politiques, s’est désolidarisée ce jours 10 décembre 2012 pour ne pas cautionner un tel acte contraire à l’éthique d’un combat responsable qui ne ferra que du mal à la population et ne ferra qu’exacerber la situation.

Il convient de rappeler que les ADH font partie des groupes de pression qui ont pour fonction d’influencer les pouvoirs publics  et l’opinion, de faire pression sur les pouvoirs publics tout en lui demeurant extérieur. Et dans cette typologie, les ADH se distinguent d’autres groupes de pression qui sont des groupes d’intérêts et organisations professionnelles qui défendent les intérêts moraux et matériels de leurs membres c'est-à-dire les syndicats. De ce qui suit, les ADH sont des groupes à objectif spécialisé ayant pour but de lutter pour la défense d’une cause particulière dont, les droits de l’homme. En plus les ADH ne se confondent ni dans leur action ni dans leur objet avec les partis politiques qui visent à prendre et à exercer le pouvoir. Ainsi, chacune de ces trois entités a son rôle réglé par le droit. Et comme tel, les ADH sont neutres dans le conflit qui oppose gouvernement et les syndicats. Alors, partie d’une revendication contre la cherté de vie, l’opération est devenue politique donc hors de l’objet des ADH que nous sommes.

Mesdames et messieurs les journalistes, que coûte, économiquement pour un pays, une journée d’activité perdue ? Que coûte une journée perdue pour un commerçant qui n’a de ressources que ses recettes de la journée, autant pour  une ménagère dont la vie de ses enfants dépend de ses activités journalières ? Aussi des milliers des jeunes désœuvrés mais audacieux qui courent toute la journée pour se prendre en charge ?

 Que représente une journée de cours séchés pour les élèves et étudiants dont-on ne fait rien jusqu’ici pour améliorer leur niveau déjà décrié ? Les pertes sont immenses et irréparables.

En tant que société civile responsable, que peut-on faire pour un pays déjà paralysé par plus de 70 jours de grève ? C’est en ça que l’action de la société civile se trouvera justifiée. Une réponse à cette question consiste en la responsabilisation des pouvoirs publics, c'est-à-dire le dialogue entre société civile, particulièrement les Syndicats, les ADH et la « société politique c'est-à-dire, parlement et  gouvernement »  que nous ne cessons de réclamer depuis presque une année. C’est de cette responsabilisation que les solutions tant attendues en sortiront. Mais appeler à une cessation complète d’activités, c’est contraindre toutes ces couches sociales à un état de fait inacceptable qui n’aidera ni à trouver de solution pour la population, ni à la crise sociale dont à la grève, ni à diminuer le niveau de la cherté de vie.

Utiliser l’opération ville morte comme mode d’expression est un acte de désobéissance civile suicidaire pour une économie comme la notre. C’est pourquoi, vu son caractère néfaste pour l’économie, les nations occidentales l’ont abandonnée d’il y’a longtemps.

Alors, dans le contexte actuel où de plus en plus, on assiste à de durcissement dangereux des positions des parties en présence, la société civile reste le seul recours sur lequel repose l’espoir des deux parties pour trouver une solution définitive satisfaisante pour les uns et les autres et d’amener le gouvernement à travers une négociation ouverte à lever les mesures inconvenantes.

De ce qui précède, l’ADHET rappelle au gouvernement que la reconnaissance du droit des peuples est le gage du respect de l’autorité de l’Etat et le fondement de toute démocratie. Et reprenant ici intégralement notre appel à l’adresse du Chef de l’Etat lors de notre entrée sociale, encore une fois de plus, nous redisons que le Chef de l’Etat qui a été  de tout temps soucieux du bien être de la population de par les progrès dans le domaine des droits économiques et sociaux indéniables qu’il a entrepris au bénéfice de la grande masse pour lesquels nous félicitons au passage ne peut continuer à voir la population dans cet état cherté de vie aussi grave d’aujourd’hui. Nous lui reconnaissons également qu’il a été le dernier recours dans des grandes situations troubles auquel le pays a été confronté. Alors, compte tenu de la situation qui se cristallise de jours en jours, engagé dans notre logique de défendre et promouvoir les Droits de l’Homme dans notre pays,  nous l’exhortons avec beaucoup d’empressement à s’investir personnellement de par son statut d’arbitre suprême et dernier recours sur lequel tous les regards sont aujourd’hui tournés pour débloquer cette situation qui n’a que trop durée. Nous sommes confiant qu’il y veillera car, nous ne cessons de croire qu’il passera du soldat de libération, au soldat inlassable de la paix, et sans nul doute pour cette fois-ci, le soldat de la paix sociale. 

Ainsi, pour les uns et les autres, l’ADHET les invite vivement à préserver un climat de paix après ces quatre années d’accalmie, à donner une chance à la paix et la cohabitation pacifique, gage de respect des Droits de l’Homme. Elle invite par ailleurs les partis politiques à gagner en responsabilité en utilisant leurs voix qu’ils ont à l’Assemblée nationale, cadre idéal de débats démocratiques  pour défendre les intérêts de leurs électeurs pour lesquels ils sont investis comme représentant du peuple et n’on pas appeler à la désobéissance civile pour faire valoir leurs combats.

Qu’il me soit permis encore une fois de plus à rappeler que c’est dans la transformation pour un comportement respectueux des droits de l’homme que se trouve notre combat et non dans l’appel à la désobéissance civile.

Relativement à tout ce qui est évoqué ci-haut, l’ADHET appelle tous ses militants et sympathisants et toutes les couches socioprofessionnelles à vaquer à leurs occupations qui leurs génèrent de quoi se nourrir que de s’engager à une action qui n’a d’intérêt que pour ceux qui l’ont initié.

Je vous remercie.

Abba Daoud NANDJEDE