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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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Peu curieuse ou tenue à l’écart des tricheries, certaines missions sont une aubaine pour le pays «invitant». Elles leur permettent de s’offrir une caution internationale et de conforter leur pouvoir. D’autres rapports, franchement critiques, eux, sont inopérants. Leur publication intervient plusieurs mois après le scrutin. Quand tout est oublié.

Exemple : les législatives de févriers au Tchad. Un observateur français, consulté par «Le Canard» les qualifie de «mascarade». Les remarques gênantes de la mission dont il est membre n’ont été rendues publiques… que le 27 mai.

Quelques jours après le vote, Catherine Ashton, ministre des Affaires étrangères de l’UE, a donc salué le «bon déroulement» des opérations dans «un climat apaisé et serein». Au pouvoir depuis le coup d’État de 1990, le dictateur Idriss Déby en est sorti plus fort. En avril, il a été triomphalement réélu président. Cette fois sans témoins internationaux.

Pas de tintouin au Congo

Autre parodie, il y a trois mois, en Centrafrique,  l’ONU et Bruxelles avaient pourtant dépensé 9,5 millions et Paris 500 000 euros pour l’organisation du scrutin présidentiel et le déplacement des observateurs. Dans leur rapport : urnes fictives ou bourrées, bulletins non comptés (25%), violences et intimidations des opposants. Et «réélection» (65% au premier tour) du général Bozizé…

Les experts internationaux ont relevé des facéties de même calibre au Congo et en Mauritanie (juillet 2009) ainsi qu’au Togo (février 2010). La France, impavide, a célébré «la victoire» des présidents sortants. Alain Joyandet, à l’époque ministre de la Coopération, s’est autocongratulé au sujet de l’un d’eux, arrivé au pouvoir par un coup d’état quelques mois avant cette élection : «C’est grâce à nous, quelque part, qu’en Mauritanie la démocratie revient

Bien sûr, les observateurs ne sont pas toujours de simples faire-valoir. Leur apport a, par exemple, été reconnu lors des récentes élections en Guinée et en Côte d’Ivoire (novembre 2010), qui ont  abouti à l’alternance. «Et l’arrivée d’une délégation étrangère est toujours un signe d’espoir pour les populations opprimées», constate un habitué des missions dans les ex-Républiques soviétiques.

«Le problème, renchérit un familier de l’Afrique, c’est que nos critiques-mêmes virulentes-ne sont pas suivies de mesures de contrainte à l’égard des régimes.» Ainsi, alors que le rapport sur la présidentielle éthiopienne, en 2005, s’annonçait calamiteux, Javier Solana, haut représentant de pour la politique étrangère de l‘Eu, avait, comme le raconte «Jeune Afrique» invité en grande pompe à Bruxelles le vainqueur et roi de la fraude, Meles Zenawi.

Pour certains «observateurs», les conditions matérielles des missions ne sont pas à négliger. Le job est dépaysant et bien rémunéré : 150 à 200 euros par jour, le billet d’avion payé. Les experts dits «de long terme», qui préparent durant des mois, sur  le terrain, l’arrivée de leurs collègues «de court terme», peuvent, eux toucher plus de 10 000 euros mensuels.

Admirateurs de Ben Ali

Mais l’appât du gain ou la sympathie pour un généreux suscitent d’autres vocations. Sous le couvert, parfois, d’un organisme bidon des juristes ou des universitaires s’improvisent «observateurs indépendants». Edmond Jouve et André Ducoq méritent d’être cités en exemple. En 2009, ces deux profs de droit avaient cautionné les législatives organisées par Ben Ali, dont ils soulignaient «l’intégrité et la transparence». Faillait  oser…

Au Burkina (novembre 2010), l’ancien ministre Jacques Godfrain, un parlementaire UMP et un dirigeant de Bolloré ont salué la troisième réélection de Blaise Compaoré. Au Congo, l’ex-ministre Jacques Toubon et Jean-François Mancel ont porté la soupe à l’inoxydable Denis Sassou Nguesso.

Il s’est trouvé aussi des témoins complaisants pour juger «libre, transparente et crédible» la présidentielle de Djibouti (avril 2011)0. Ismaël Omar Guelleh y a été sacré avec 80% des voix. La France qui, avec les Etats Unis, soutient à bout de bras cet autocrate, a envoyé le 8 mai Henri de Raincourt félicité l’heureux élu. Ministre de la Coopération, il y a croisé – sans faire la moindre remarque – le soudanais Omar El Béchir, poursuivi pour crime contre l’humanité et génocide.

Difficile de lui en vouloir : Béchir était sûrement venu en simple «observateur»…

Jean-François Julliard

Source : le Canard enchaîné N° 4730 du mercredi 22 juin 2011 - Page 4La France ne se contente pas de soutenir, sans état d’âme, certains dictateurs africains, elle ne craint pas d’en ajouter en jouant les vigies de la démocratie sur le continent. Des observateurs pointilleux surveillent, en son nom, la régularité des élections. Et Paris participe très activement aux «programmes de soutien à la démocratisation» supervisés par l’Union européenne. Cette année, 18 scrutins présidentiels - un record - plus une multitude d’autres élections, l’«observation» marche à plein régime.  Bruxelles y met les moyens : 38 millions !