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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak


azza.jpgAzza Zarrad, l'épouse du journaliste et opposant tunisien Taoufik Ben Brik, a affirmé vendredi à l'AFP avoir entamé une grève de la faim il y a dix jours, pour lancer "un cri d'alarme" sur l'état de santé "catastrophique" de son mari, détenu dans une prison de Tunisie.


"La dernière fois que je suis allée voir Taoufik à la prison de Siliana (130 km de Tunis), j'ai été effrayée. Il avait le visage gonflé, pouvait difficilement marcher. Son état est catastrophique. Il peut mourir demain", a déclaré Azza Zarrad, au cours d'un entretien à Paris, rappelant que son mari était atteint d'une maladie dégénérative des défenses immunitaires.


"Il ne devrait pas passer un jour de plus en prison. J'ai décidé d'entamer une grève de la faim et je suis venue en France pour alerter les médias, les autorités françaises, tous les démocrates amis des Tunisiens", a-t-elle expliqué.


Taoufik Ben Brik a été condamné le 26 novembre à 6 mois de prison pour l'agression d'une femme d'affaires, mais ses proches dénoncent une manipulation destinée à le faire taire, après des écrits très critiques dans la presse française contre le président Zine El Abidine Ben Ali.


Azza Zarrad a souligné que son mari n'avait pu voir aucun de ses avocats depuis son incarcération, ni son médecin personnel, accusant la Tunisie d'être "une démocratie de façade, qui a signé toutes les chartes et conventions relatives aux droits de l'Homme, mais n'en respecte aucune".


"Je voudrais que les démocraties européennes, pour lesquelles les libertés sont si

importantes, s'engagent. Ou alors, elles seront complices du régime tunisien", a-t-elle dit.

"J'espère rencontrer les autorités françaises, le président (Nicolas) Sarkozy, (son épouse) Carla Bruni, qui est sensible aux affaires humanitaires, le ministre des Affaires étrangères (Bernard Kouchner), des parlementaires et des responsables politiques", a-t-elle ajouté.


Elle a précisé être aussi en France à l'appel de militants tunisiens des droits de l'Homme, qui viennent d'éditer une carte postale clamant "Libérez Ben Brik" et montrant le visage du journaliste, adressée au président français au Palais de l'Elysée et déjà affranchie.

"Nous commençons aujourd'hui à diffuser ces cartes", imprimées à quelques centaines d'exemplaires, a-t-elle dit, soulignant que "chaque geste compte".


Mi-décembre, la famille de Taoufik Ben Brik et son avocat français avaient déjà demandé dans une lettre au président Nicolas Sarkozy d'intervenir en faveur du détenu auprès de son homologue tunisien.

Dénoncée comme un "procès d'opinion" par les organisations de défense de la presse et des droits de l'Homme, l'affaire avait provoqué des tensions entre Tunis et Paris: Bernard Kouchner s'était dit "déçu" par les arrestations de journalistes en Tunisie, les jugeant "inutiles" alors que le président Ben Ali venait d'être réélu avec 89,62% des voix.