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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

khalilibrahim-daoua.jpgJusqu'à quel point le principal mouvement armé du Darfour, le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), est-il prêt à faire la paix avec le pouvoir soudanais, avec lequel il ouvre des négociations directes, lundi 22 février, au Qatar, après avoir signé un cessez-le-feu, samedi, au Tchad ?


Le texte signé à N'Djamena n'est encore qu'une ébauche de paix, prévoyant un cessez-le-feu et un cadre de négociations entre le Soudan et le JEM. Mais le mouvement, dont une partie des cadres est passée par le même moule idéologique que les membres du gouvernement soudanais (celui des cellules islamistes arrivées au pouvoir en 1989), pourrait s'engager plus avant avec les autorités de Khartoum.

Dans l'immédiat, la signature du texte par
Khalil Ibrahim, le chef du JEM, après de discrètes tractations avec Ghazi Salahuddin Atabani, l'envoyé pour le Darfour du président soudanais, ouvre la participation du JEM aux pourparlers entre le pouvoir soudanais et d'autres factions du Darfour. Il représente un "pas significatif pour la paix au Darfour", a affirmé Ahmed Hussein Adam, le porte-parole du JEM.


Le mouvement darfouri, de loin le plus menaçant pour le Soudan, est parvenu en 2008 à atteindre Omdourman, la ville jumelle de Khartoum, la capitale. Pour y arriver, il a fallu que les colonnes des rebelles du JEM partent de leurs bases disséminées à la frontière tchado-soudanaise avec le soutien de militaires tchadiens, puis qu'elles bénéficient d'autres complicités au sein de l'armée soudanaises avant d'arriver jusqu'aux ponts sur le Nil, à l'entrée de Khartoum.

L'opération avait échoué mais elle avait fait la démonstration du danger encouru par la capitale.


Parallèlement, le JEM avait assuré la défense de N'Djamena, la capitale tchadienne, puis de celle de l'est du Tchad, face aux attaques des rebelles tchadiens équipés et financés par le Soudan. Le mouvement de Khalil Ibrahim est donc le pivot des actions militaires dans le conflit par procuration que le Tchad et le Soudan mènent depuis 2003.


Ce conflit, les deux pays sont parvenus à la conclusion qu'il entrait dans leurs intérêts conjoints d'y mettre fin, au moins pour un temps, afin de lancer des processus électoraux dont ils espèrent qu'ils restaureront leur légitimité, très entamée. Des élections générales doivent avoir lieu au Soudan dès le 11 avril.


Le président tchadien, Idriss Déby, s'est rendu à Khartoum le 8 février pour faire la démonstration de ses intentions d'apaisement. Il avait aussi poussé le JEM à se faire plus discret au Tchad, voire à emmener une partie de ses troupes de l'autre côté de la frontière, et à négocier avec Ghazi Salahuddin Atabani.

Mais pendant le week-end, des éléments du JEM basés côté Soudan ont été engagés dans des combats avec l'armée soudanaise. Rien qui menace, à ce stade, le processus entre le JEM et le pouvoir soudanais. Cela ne signifie pas pour autant que la paix est garantie au Darfour.


Depuis une dizaine de jours, l'armée soudanaise mène dans la région du Djebel Mara une offensive contre les commandants fidèles à l'autre grand chef rebelle du Darfour, Abdel Wahid Al-Nour, ex-président de l'Armée de libération du soudan (SLA), désormais à la tête d'une des factions du mouvement.

Abdel Wahid Al-Nour vit en exil en France, et il refuse de participer à des pourparlers avant que soient réunies un certain nombre de conditions au Darfour.


Plus de 2 millions de déplacés dont les villages ont été attaqués ou complètement détruits vivent toujours dans des camps. Il est peu probable que ces déplacés puissent retrouver leurs terres, et encore moins qu'ils participent aux élections du 11 avril.


Jean-Philippe Rémy