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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

 ISSA MHTIssa Mahamat Abdelmamout

 

Faire d’une ville la vitrine d’une région, à plus forte raison, la capitale d’un pays, c’est faire de sa capitale une cité où il fait bon vivre, où s’éduquer et se cultiver sont accessibles à tous, etc., bref une ville moderne respectant les normes requises (service public, sécurité….). Disons le,  C’est une ambition louable et à saluer. Quoi de plus normal que des autorités d’un pays tiennent pareille ambition. Ce serait un atout majeur pour lancer le pays sur la voie du développement, si des politiques économiques adéquates ont été engagées ou accompagnent cette ambition.

Mais ambition n’est pas raison, dès lors qu’elle n’est pas animée d’une vraie volonté.                       

  En outre, un tel projet suscite aussi plusieurs questions :

Ø  Ce projet de ville vitrine est-il sereinement étudié ?

Ø  Dans un pays à population jeune pour qui, l’exode rural en masse, est le seul moyen de s’extirper de la misère, un tel projet est-il réalisable ?

Signalons que le taux de la population active ou en âge d’activité (les 15- 64 ans) est de 51% et plus on descend en âge, plus le taux augmente.

Ø  Les déséquilibres socio-économiques qui y naitront sont-ils pris en compte, et comment seront-ils ajustés et résorbés ?

Ø  Comment faire cohabiter dans un pays, une ville moderne et des villages dépourvus du moindre confort où vit la majorité de la population ?

Rappelons qu’environs 73% de la population Tchadienne vit en zone rurale.

Ø  N’assisterons-nous pas  à un projet voué à l’échec ?

.

Les questions sont  nombreuses du moment où aucune étude préalable était présentée publiquement pour appuyer ce projet. Un tel gouffre financier doit faire l’objet des débats nationaux  et le peuple doit être informé via sa représentation. Sous d’autres cieux, la réalisation d’une aire de repos ou le tracé d’une rue, entre autres, fait l’objet d’une consultation des citoyens pour solliciter leur adhésion. Nous sommes en droit de nous demander, si, ne serait-ce que, des n’djamenois sont favorables au projet.  

Pour faire rayonner une ville, la moindre des choses est de solliciter l’adhésion du peuple au moins les résidents de la ville.

 

C’est pourquoi, il serait nécessaire de prendre des nouvelles orientations en intégrant également le volet développement humain afin d’éviter l’échec annoncé. Et comme on le sait, le développement exige des comportements et on ne peut obtenir des bons comportements dans un pays où la faim a élu domicile.

Prenons l’exemple du Nigeria qui avait misé sur les infrastructures sans une étude  préalable. Injectant des sommes colossales, bétonnant à tout-va, aujourd’hui, on constate que les infrastructures ont été amorties sans qu’elles ne servent à ce pourquoi elles étaient édifiées.

Nous pensons qu’une ambition nationale  avec un effet global du développement humain fera du Tchad tout entier une vitrine et non seulement Ndjamena.

 

Pour atteindre ces objectifs :

Il faut donner un minimum de bien être dans les villages, une envie d’y vivre et de travailler. Ça doit être l’objectif premier pour arriver à un effet global. Il est sans ignorer que l’exode rural appauvrit le pays en le rendant  plus dépendant des importations de produits vivriers.

Pour faciliter et rationnaliser un tel investissement, un projet de modernisation des villages s’impose, le mieux étant de créer des pôles d’investissements, par exemple un village leader entouré de 10 ou 15 autres villages suiveurs.

Le village leader bénéficiera d’un investissement d’Etat à la hauteur de l’enjeu et les villages suiveurs doivent bénéficier de tous les autres moyens du village  leader et  accéder à la micro finance. Il faut rendre accessible cette dernière, alléger la garantie et faciliter les conditions permettant le financement des projets viables. Ce qui créera des revenus additionnels. Par exemple, trois témoins ou avoir une activité agricole ou pastorale (sédentarisée) suffira pour être éligible à l’octroi de crédit sans intérêt.

 

 

« Une paix durable ne peut être établie que sur la base de la justice sociale » La constitution de l’organisation internationale du travail, l’OIT.

Source des taux, statistique Banque Mondiale

 

Issa Mahamat Abdelmamout

issa1304@yahoo.fr