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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

YOROLIV
Le Député Ngarlejy Yorongar

BP 4197 N’Djaména

Tchad,

Combattant PIUS,

Après notre sortie de prison, nous nous sommes rencontrés à plusieurs reprises notamment au procès de 2001 qu’avait intenté Idriss Déby devant le Tribunal de Première Instance de Paris contre notre feu ami, François-Xavier Verschave, Président de SURVIE et son auditeur, M. Laurent Beccaria. Témoins à charge d’Idriss Déby, nous avons, par les preuves irréfutables, emporté la conviction des juges qui ont dit le droit en dépit de fortes pressions[1].

Combattant PIUS

C’est en ces termes que nous nous appelons mutuellement et affectueusement depuis que nous nous connaissons.

Le 25 mai 2010, à mon retour de Bruxelles pour les soins des séquelles de tortures que j’ai subies à plusieurs reprises des propres mains d’Idriss Déby, séquelles traduites par la thrombose (caillots de sans dans le cerveau) ayant occasionné quatre accidents vasculaires cérébraux (AVC) en mars-avril 2009, des traumatismes des vertèbres au cou, des plaques noires suspectes dans le gros et petits intestins (empoisonnement) etc., je t’ai rendu visite au siège de ton journal Le Messager.

Après quelques échanges de point de vue sur la vie politique en Afrique et dans nos pays respectifs, des conseils d’amis et des précautions à prendre pour éviter le pire (un crime parfait),, nous nous sommes dit en chœur :. jamais assez de précaution et de prudence.

Vous m’avez promis une visite à N’Djaména dans les prochains mois et sur ces entrefaites que vous me conduisez dans le bureau de chacun de vos collaborateurs pour me présenter comme il est d’usage lorsque je passe au siège du Messager. Une fois ce rite terminé, je me suis retiré après de fortes étreintes pleines d’émotion pour rejoindre mon hôtel. Le lendemain, 26 mai 2010, j’ai pris mon vol pour l’enfer terrestre qu’est N’Djaména.

Combattant PIUS,

Je ne savais pas que la dernière fois que nous nous disions adieu sans le savoir.

Combattant PIUS,

Le 8 juillet 2010, ayant fait l’objet d’une tentative d’enlèvement à mon domicile par la police, je pensais t’envoyer un message pour t’en informer lorsqu’un de mes collaborateurs qui t’avait fait le transfert d’argent, en mai 2009[2], pour me prendre un billet d’avion sur le vol de Brussels Airlines pour mes premiers soins des AVC à Bruxelles, lequel collaborateur m’a téléphoné, le 12 juillet 2010, au petit matin pour m’annoncer la terrible information de ton décès dans un «accident» de circulation aux Etats-Unis. J’étais comme hypnotisé durant tout ce temps. Incapable de réagir, de réfléchir et de penser.

Combattant, tu n’es pas mort, Combattant, tu restes et Commandant, tu es parmi nous pour continuer à insuffler de nouveau souffle pour nous permettre de continuer le combat que tu as commencé très tôt. Tu sais que tu es un «cabri mort» depuis le jour où tu as pris l’engagement de briser le tabou, la peur et la mort pour affronter le monstre froid qu’est l’Etat.

Mon Cher Combattant PIUS, repose-toi en paix.

Puisse Dieu accepter ton âme et consoler le cœur de ta famille et de tous ceux qui t’aiment et qui t’admirent.

N’Djaména, le 16 juillet 2010