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Publié par Mak

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                                                                                    Mohamed Ali Ridhoi




Le bordelier de Majunga
Monsieur Neveu, l’épouvantable Consul des Comores à Majunga (Mahajanga)

Par Mohamed Ali Ridhoi
Brie-Comte-Robert, France
www.lemohelien.com

    «Tsila Majunga», «Je viens de Majunga», disait la célèbre chanson des années 1970, qui faisait danser bien de monde. Justement, je viens de Majunga, où j’ai séjourné du 26 décembre 2011 au 13 janvier 2012. Et, ce que j’ai vu et entendu sur place n’a pas cessé de me glacer le sang. Ce que j’ai appris sur place est humiliant et inquiétant. Né à Majunga, dans le quartier de Mahabibo, je comptais y passer quelques jours de vacances en famille, dans une tranquillité totale. Or, cette tranquillité, je ne l’ai pas connue, et tout ça à cause du Consul des Comores sur place. Se sachant désagréable et indélicat, ce Consul se présente lui-même avec une désinvolture conjuguée à une arrogance narcissique d’une très rare intensité: «Vous savez, moi j’ai un niveau de la classe de troisième. Je ne suis là que parce que je suis le neveu de l’ancien Président Sambi, qui m’a nommé Consul. Pour le reste, je m’en fous. Si je suis là aujourd’hui, c’est par chance, car je ne le mérite pas, mais personne n’osera me limoger».
    Et tous ceux qui connaissent Son Excellence Monsieur le Consul savent que, réellement, il s’en fout. Comme il voulait être tranquille pour mener son business à l’abri de ses supérieurs, il a fait virer l’Ambassadeur qui était à Antanarivo, en disant sans raison à son Tonton bien-aimé que l’Ambassadeur en question était un dragueur invétéré. Ce qui lui a permis de rester douillettement dans un Consulat devenu sa chose personnelle, où il peut mener une vie de pacha.

    Ce Consul n’a peur de personne pour ses trafics. Et des trafics, il en fait. Il a un faible pour le commerce illicite des passeports, accompagnant le grand mouvement de la honte, celui de la «Citoyenneté économique», consistant dans la vente de passeports comoriens à des étrangers que nous ne connaissons ni d’Adam, ni d’Ève. Il s’est fait une spécialité dans les coucheries avec les femmes qui sollicitent un visa de séjour aux Comores, et qui cèdent à son charme, qu’il croit et dit irrésistible. Rien que ça! Le Casanova des faubourgs malgaches est surtout connu pour son penchant pour les jeunes étudiantes comoriennes empêtrées dans d’inextricables procédures administratives, qu’il aide moyennant une séance au canapé ou sur le lit. Il ne se refuse rien, l’ami. N’est-ce pas ce qui se passe à l’Ambassade des Comores au Sénégal? N’est-ce pas ce qui a fait la sinistre réputation de cette institution et de toute la diplomatie comorienne?

    L’incorrigible Consul est un spécialiste des caisses vides. Un jeune Djoiezien nommé récemment sur place essaie de mettre de l’ordre dans tout ça. Mais, tous les Comoriens avec qui j’ai parlé de la situation me paraissent sceptiques tant il est vrai que le Consul a creusé des trous partout. Il est quand même humiliant pour les Comoriens de Majunga de voir leur Consul se bagarrer avec des étudiants comoriens sur la place publique, non loin de la Mosquée. Humiliant et choquant. Nous touchons le fond.

    Et la valise diplomatique? Elle sert beaucoup aux activités de L’Excellence consulaire car elle permet la réalisation de tous les trafics, loin du regard indiscret des douaniers. Vous l’aurez compris: la valise diplomatique ne sert plus au transport des documents diplomatiques mais à autre chose. Ne perdant pas le Nord pour un sou, notre l’ami le Consul ne veut pas entendre parler de Comoriens ayant étudié naguère à Madagascar car ils connaissent tout sur ses pratiques et combines. Mais, les choses sont simples: le Consul est indéboulonnable car il est le neveu de son oncle. Et son oncle est l’ancien Président Sambi, présenté comme le mentor de mon cousin le Président Ikililou Dhoinine. Aujourd’hui, on ne craint qu’une chose: le scandale à grande échelle. Car le scandale nous guette. Le scandale guette les Comores à cause de cette affaire de Consul indélicat. Mais, le Consul n’a pas perdu ses mauvaises habitudes, acquises depuis la période au cours de laquelle son Tonton bien-aimé régnait à Beït-Salam: pour un oui, pour un non, il appelle la Présidence. Mais, cette fois-ci, il est tombé sur un os car on l’a sèchement rabroué dans les termes suivants: «C’est avec l’Ambassadeur qu’il faudra désormais discuter de ces histoires-là».

    Mais, le Consul fait tout pour que l’Ambassadeur, un novice, ne jette pas un regard sur «ses» affaires. Souvenez-vous du navire malgache dans lequel on avait retrouvé de la drogue. Eh bien! Notre bon Consul avait été sollicité pour régler cette délicate affaire. Mais, il n’y était pas intervenu pour les beaux yeux de ses commanditaires, mais en contrepartie d’une valise d’argent.

    Ouf! Ouf! Ouf! Mais, les mauvaises nouvelles s’accumulent et elles ne viennent pas seulement du Consulat des Comores à Mahajanga. Et, je souhaiterais saisir cette occasion pour signaler que mon cousin Mohamed Larif Oucacha doit enfin sortir de la zone grise dans laquelle il se confine. Il fut un temps, cousin Mohamed Larif Oucacha était donné démissionnaire car, semblait-il, ce qui se passait à la présidence de la République et au sein du gouvernement ne lui plaisait pas. Or, aujourd’hui, avec l’âge, il ne peut plus jouer les équilibristes, en essayant d’avoir un pied sur le port et un autre sur le bateau ou plutôt sur le kwassa-kwassa, tout en disant ne pas faire partie de l’équipage de ce dernier. Qu’il clarifie sa situation ou qu’il se taise à jamais et qu’il ne nous dise plus jamais qu’il n’est rien, ni personne dans ce régime politique.

    Pendant que nous y sommes, j’aimerais bien que ma grande sœur la ministre Siti Kassim nous parle un peu des emplois qu’elle a créés, en dehors de celui de son frère Abiamri Mahamoud, de Mbatsé comme elle, qu’elle a stratégiquement placé à la Direction de Comores Télécom. Ici, merci doit céder la place à «mercize» car c’est trop fort. Trop fort.

    Je vais faire une autre digression. Abdelaziz Riziki Mohamed a refusé de lire et de commenter le papier publié à la suite de son article sur la présidence actuelle, papier malencontreusement intitulé «Droit de réponse», mais qui ne lui a pas été adressé, à lui l’auteur de l’article. Moi, je vais répondre à sa place, mais sans entrer dans les détails. Abdelaziz Riziki Mohamed a été insulté hier, dès septembre 2010, pour son soutien au candidat Ikililou Dhoinine, et est injurié aujourd’hui pour ne plus se retrouver dans son candidat d’hier, devenu Président de la République. C’est la vie. On ferait bien de ne pas oublier l’apport intellectuel d’Abdelaziz Riziki Mohamed à la campagne électorale de son ancien ami Ikililou Dhoinine. Chaque courtisan dira ce qu’il voudra contre Aziz, mais personne n’arrivera à tromper le peuple au point d’occulter la réalité de cet apport intellectuel. D’où une seule question: où étaient les insulteurs d’aujourd’hui quand Abdelaziz Riziki Mohamed travaillait dans l’ombre pour Ikililou Dhoinine, en souvenir du passé, et se faisait injurier par de partisans d’autres candidats? En tout cas, je suis content de savoir qu’Abdelaziz Riziki Mohamed est le seul Mohélien qui n’est pas d’accord avec le Président Ikililou Dhoinine. C’est ce qu’on nous dit. Vive notre Président!

    Ce qui me pousse à m’interroger sur le régime politique actuel. Ce régime politique a pris une direction qui ne me plaît pas. Si on veut me brûler sur le bûcher, qu’on ne se gêne pas. Depuis quand est-on obligé d’avoir les mêmes idées politiques que tout le monde? Ce mercredi 18 janvier 2012, j’ai vu à la télévision les corps des Comoriens morts dans le bras de mer séparant Anjouan de Mayotte. Quand allons-nous nous poser des questions sur la responsabilité des Comores dans cette hécatombe? Est-ce que les autorités vont continuer à nous hypnotiser durant toute notre vie? L’arrogance peut-elle tenir lieu de politique pendant tout un mandat présidentiel? Il est temps que nos autorités ouvrent leurs yeux, après avoir fermé les nôtres pendant des années. Trop, c’est trop.

    Nous avons le régime politique des vents contraires. Chaque vent choisit sa direction (Koussi, Kashkazi) et souffle comme il peut, comme il veut. C’est sans doute pour cela que deux Djoieziens de France collectent les CV de Mohéliens de France, au prétexte qu’ils ont besoin de les mettre en contact avec le Président de la République pour qu’ils l’aident dans sa mission, comme s’il n’y avait pas assez de cadres avec de bons CV aux Comores. Mais, comme il fallait s’y attendre, nos collecteurs de CV font tout pour éviter ceux qu’ils appellent dédaigneusement les «sales gueules» et les «grandes gueules». Et quand on leur demande s’ils ont contacté le Docteur Abdelaziz Riziki Mohamed et moi-même, ils roulent des mécaniques car ils sont dans l’incapacité de répondre par «oui» ou par «non». Car, nous deux sommes les «sales gueules» et «grandes gueules» dont il est question, et nous sommes honorés de l’apprendre. Et nous ne demandons rien, et n’avons jamais demandé quelque chose de personnel à ce régime politique.

    Au moment où la «gabeloucratie» se renforce, avec le retour en grâce de Kiki, que je connais depuis les années de lycée, à Moroni, j’aimerais bien que le statut des décideurs de l’ombre, les vrais détenteurs du pouvoir, soit clarifié. Car les détenteurs du pouvoir occulte ont même la capacité d’envoyer des émissaires à l’étranger, notamment au Maroc pour la défense de 80 dossiers de demande de bourse, et avec pour seconde mission de tout faire pour que seules les demandes gouvernementales soient étudiées et agréées. De retour du Maroc, le Conseiller en question a failli se faire étriper au marché de Montreuil, non loin de mon lieu de travail. Et, j’étais étonné de voir une autorité de son niveau à cet endroit. Quant à l’opposition mohélienne, elle est plus que jamais marginalisée, paralysée, amorphe. On appelle chaque opposant à part, sans rien lui attribuer, hypocrisie pour hypocrisie. Comme chacun croit qu’il va être nommé à un poste stratégique, tout le monde se tait et attend son heure, qui ne sonnera jamais car ce régime se sert de tout le monde et jette tout le monde aux oubliettes. Nous sommes devenus des CK, des citoyens Kleenex.

    Si un Président est hautain, se croit l’égal d’Einstein, il ne peut que conduire «son» peuple à la catastrophe. Et c’est ce qui se passe aujourd’hui, sous nos yeux. Cet échec aurait pu être évité, mais a été préparé longuement, et nous commençons à en avoir honte. Si, aujourd’hui, je devais attribuer une note à notre Président comme on le fait avec un élève, je me contenterais d’un «Peut mieux faire». Toto aurait été ravi par une telle appréciation.

 

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