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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Elle t’a arraché et détruit ta maison et tu es parti dormir dehors dans les périphériques de N’Djamena, exposé aux serpents et autres insectes dangereux.

Elle a détruit ta boutique du marché de Dembé pour un fallacieux prétexte qu’elle veut entreprendre des grands travaux dans ce périmètre. Aujourd’hui, tu ne sais plus où mettre tes marchandises. Ce prétexte a permis hier à déposséder les paisibles citoyens de leurs parcelles et ces parcelles ont été simplement vendues et transformées en stations de carburant.

Elle a brulé ton stock de produits pharmaceutiques que tu vends à la sauvette sans dédommagement et grâce auquel toute ta famille vit.  Contrairement au jeune tunisien désespéré qui s’est immolé et qui a déclenché la révolution salutaire dans tous les pays du magrheb, toi mon frère, tu as préféré pleurer seul dans ta chambre.

Tu marches à pied parce qu’elle t’a arraché ta moto. La raison est que tu as porté derrière toi quelqu’un qui n’a pas de casques. Tu dois payer 20 000 fcfa pour retrouver  cette moto qui ne sera plus la même car les véreux policiers auront retiré quelques pièces pour aller vendre.

Tu n’as pas accès au sac de ciment qui est produit chez toi, dans ton village. Ce sont les autres qui, grâce à leurs relations partisanes, politiques, religieuses, ethniques s’en procurent en abondance. Tu continues à construire tes maisons avec la simple boue.

Elle vient de mettre fin à tes activités de blanchisseur au bord du chari et du logone dont dépend la survie de toute ta famille. Tu es resté impuissant.

Ton enfant de 30 ans , diplômé d’une grande école de la place très couteuse est à la maison depuis 3 ans. Il n’arrive pas à intégrer la fonction publique ou encore à avoir un simple lieu de stage pratique dans son pays natal. Et pourtant, chaque jour, des arrêtés ministériels d’intégration à la fonction publique sont publiés et les entreprises privées et publiques recrutent.

En 20 ans d’activités professionnelles, toi et ta famille vivez toujours dans une maison louée. Ton voisin qui habite une villa somptueuse personnelle est un jeune qui a commencé sa carrière, il n’y a pas de trois ans. Tu te demandes chaque jour comme il a fait.

Malgré ton âge, tes expériences, ton expertise sur le dossier,  c’est un jeune de moins de 30 inexpérimenté qu’on a parachuté pour être ton DG et toi tu te contenteras du poste d’adjoint et des instructions de ce petit qui aurait pu être ton petit fils. Tu acceptes la situation comme telle.

Tu t’es battu des années pour avoir que tes responsables à l’Université soient élus et non nommés.  On abroge cette mesure et pour fermer ta bouche, on te nomme par decret parmi les nouveaux responsables de cette Université. Comme un enfant naïf, tu acceptes cette injustice

Tu es étudiant et la boussole de ta société. Mais on t’a réduit à un petit mendiant affamé qui ne sait que réclamer sa bourse d’étude en tout temps et en tout lieu.

Tu habites un quartier où on ne donne l’électricité et l’eau que de manière éradique mais les factures te tombent dessus chaque deux mois. Au même moment, dans les quartiers des princes comme Milesi et Farcha, il n y a jamais eu de rupture d’électricité ou de l’eau. Tu te demande si l’eau et l’électricité ont des ethnies.

Tu es dépassé par le degré d’injustice sociale, de la corruption et comme seule réponse réponse, c’est ton silence.

Mon frère tchadien, reveilles toi.  Dis non au dictateur, clames ton courage, crie au voleur. Manifestes ta colère, chasses l’injuste. N’aie pas peur car il s’agit de la survie de tes générations futures. Ne sois plus passif car personne d’autre ne fera ce job à ta place. Ton silence renforce le mal et encourage ceux qui sont censés te servir à persévérer dans leur fausse route. Cries haut et ta voix sera écoutée par la communauté nationale et internationale qui feront de pression.

Je ne veux plus te voir pleurer seul dans ta chambre mais je veux te voir pleurer dans la rue au vu et au su de tout le monde.

Vivement que tu m’écoutes mon frère tchadien.


 

Daniel Hongramngaye

hongramngaye@yahoo.fr