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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

michelot 

Message du Rdpl au peuple tchadien à l’occasion de la fête nationale du 11 août

 

Chères amies, chers amis,

Peuple du Tchad

Mesdames, Messieurs,

Travailleurs, travailleuses,

Ecoliers et étudiants

Les braves « Maguira » et « konkeï » du Tchad

Patriotes Soldats, peuple  de la résistance,

Messieurs les représentants des médias,

La jeunesse tchadienne

Chers camarades de tous les horizons du Tchad ;

 

Jeudi passé nous avons passé, chacun à sa façon, la fête nationale de notre indépendance. Cette réjouissance, si fière soit-elle, ne va pas nous faire oublier que les tchadiennes et les tchadiens traversent en ce moment des périodes difficiles. Ils sont divisés et opposés les uns aux autres, les uns contre les autres. L’unité nationale est en danger. La nation  est menacée de disparition.

 

Dans les jours à venir, le Tchad, notre chère patrie entrera dans de zones de turbulences nécessaires à sa survie. Les filles et les fils de ce pays prendront leur responsabilité devant Dieu et devant la Nation. Ils s’engageront dans une lutte inédite et sans précédent pour faire aboutir des réformes et mutations profondes nécessaires et exigées pour l’avenir de leur pays; pour l’avenir de leurs enfants ! Le REDL, fidèle à son idéologie du « Mieux vivre ensemble », ne faillira pas d’un seul iota à son devoir. N’ayez donc pas peur, mais ayons plutôt confiance en nous. La confiance en soi, l’audace et le culot d’oser, ce sont là des armes fatales, redoutables et efficaces qui nous manquent tant !

 

Chères amies, chers amis,

Peuple du Tchad

 

D’une manière générale, l’africain ne fait pas confiance à son frère, du moins idéologiquement. Nos sociétés se structurent et s’organisent encore sur des critères ethniques et non sur des strates idéologiques. On croit et fait confiance encore et peut être beaucoup plus à l’étranger, à ce qui vient de loin plutôt qu’à son compatriote. Or, je vis et partage le quotidien avec mon compatriote, celui du derrière la palissade. Pour évoluer, se développer et survivre, lui et moi, nous avons besoin de nous faire minimalement confiance réciproque. Sans cela, point de salut pour nous, tous les deux. Car la confiance est la base de toute sécurité, de tout développement.

 

C’est vrai, dès le lendemain de notre indépendance, nous nous sommes confrontés à de graves difficultés et à des situations complexes, dramatiques et traumatisantes. Politiquement mal gérées, voire exploitées à dessein par des politiciens véreux, ces difficultés ont fini par anéantir en nous tout espoir et tout sentiment du vouloir vivre ensemble. Nous manquons de confiance et de respect les uns envers les autres. Certes, faut-il pour autant s’en résigner ?

Des complexes d’infériorité et de supériorité de mauvais aloi ont fait que nous manquons de confiance en nous mêmes ; nous ne nous sommes pas assez ouverts les uns envers les autres. Or, il est important que nous ayons un minimum de confiance en nous, en nos valeurs, en notre tradition de la palabre, cette juridiction de la parole qui veut qu’un conflit au sein de la communauté soit réglé en toute franchise sous l’arbre à palabre. Nous devons donc avoir le courage de nous consulter et de nous prononcer sur la nécessité et le comment d’un mieux vivre ensemble. Avons-nous réellement de sentiments humains les uns pour les autres, assez pour nous permettre de former et fonder ensemble une communauté de destin avec les mêmes règles de droit applicables pour et à tous les membres ?

 

Il y a lieu de nous concerter et de nous prononcer en toute franchise sur cette question-là, sur un éventuel démantèlement du Tchad en quatre Etats confédérés ou, du moins, en deux Etats séparés vivant côte à côte dans le respect des identités culturelles, de la foi et des croyances religieuses des uns et des autres. Oui, la question sensible d’un referendum constitutionnel sur la forme de notre Etat ne doit pas être esquivée. Il n’y aura pas de tabou là dessus. Cette question doit être publiquement au cœur du débat politique après le départ d’Idriss Deby.

 

 

Toutefois, Chères amies, chers amis,

Peuple du Tchad

 

Ne nous y trompons pas. Il n’ya pas au Tchad des maîtres d’un côté et des esclaves de l’autre. Ce sont là de purs mensonges de chasseurs, seuls témoignes de leur bravoure ; Il n’y a pas de lâches d’un côté et des braves de l’autre. C’est une question d’éducation. Ceux dont le silence actuel est interprété comme une lâcheté ne sont simplement pas éduqués dans et avec la culture de la violence, de la razzia et du banditisme. Nous ne devons pas réveiller le démon. Il y a de ligne rouge à ne pas franchir et certains événements comme ceux de Erê en avril/mai 1979, ou de Moundou le 25 novembre 1971, ou encore à Bébalem le 16 avril 1952 et bien d’autres événements de ce genre, sont là pour nous rafraichir la mémoire. La bestialité humaine peut surgir chez n’importe quel peuple !

 

En vérité, la foi que nous avons en nos valeurs culturelles pacifistes est une foi profonde et qui s’approfondit de jour en jour. Cela nous a fait comprendre qu’il ne peut y avoir d’espoir que pour un peuple dont les membres agissent comme une grande famille et non pas comme un ensemble d’individus séparés les uns des autres. Voilà pourquoi, malgré le traumatisme du 12 février 1979, malgré que la séparation nous a été accordée en mars 1979 (« MAINTENANT CHACUN EST CHEZ LUI », V. Giscard d’Estain, président de la République Française sur RFI, mars 1979), malgré que des représentations diplomatiques ont été ouvertes à Moundou avec accréditations des consuls et ambassadeurs plénipotentiaires etc., malgré tout cela, nous avons renoncer à l’idée de séparation, dans l’espoir de vraiment de construire l’unité nationale. Ce n’est pas une lâcheté. Nous ne devons donc pas  nous amuser à remuer le couteau dans la plaie et réveiller le démon !

 

 

Chères amies, chers amis,

Peuple du Tchad,

 

Le Tchad, notre pays et nous mêmes, ses filles et fils, nous traversons, en ces moments douloureux, l’une des périodes les plus traumatisantes, les plus humiliantes et les plus difficiles de notre histoire, en tant que peuple, mais aussi en tant que communauté culturelle, pris individuellement comme membre de nos communautés culturelles de base. L’Unité embryonnaire héritée de la colonisation a été saccagée ; la Nation tchadienne est en ce moment en danger de dislocation et ce, par le fait d’un quidam : Idris Deby et sa bande d’assassins. Aujourd’hui, les tchadiennes et les tchadiens ne s’expriment plus, ne se réclament plus en tant que tchadiennes et tchadiens, mais se réclament de telle ou telle communauté. Ainsi, on est zagawa, tama, Kreda, hadjéraï, kanembou, massa, Laka, sara, ngambay, arabe, Toubou etc., et non tchadien. Jamais on n’agit et ne s’exprime spontanément en tant que tchadiens ! Ceux qui ont créé cette situation doivent en rendre compte à la nation.

 

Chers ami(e)s tchadiens, militant(e)s ou pas du RDPL,

 

L’heure est grave. Ce n’est plus le moment de tergiverser et de verser dans l’hypocrisie ni dans la démagogie politiques. Nous devons agir et non attendre pour réagir ! Nous devons mettre les points sur les « i » et dégager les responsabilités quant à la déliquescence actuelle de la nation tchadienne. Qui fait quoi, comment, quand, où, et pourquoi pour l’unité nationale ? Où en sommes nous avec la question nationale ? C’est une question qui doit se poser et obtenir de réponse sans équivoque. Sommes nous, oui ou non, des citoyens de la même République tous soumis ensemble aux mêmes lois de la République ?

 

Chères amies, chers amis,

Peuple du Tchad,

 

Il y a des moments, comme ceux que nous traversons actuellement, dans la vie des nations et des peuples où il appartient à ceux qui sont connus pour leur sagesse, leur courage, leur abnégation et leur vision de faire l’audacieux saut nécessaire, un sursaut national décisif, avec toutes les difficultés que cela comporte, mais aussi avec l’audace et le culot d’être eux-mêmes, des femmes et de hommes nés libres et qui entendent le demeurer, pour arracher leur liberté, pour s’autodéterminer et se lancer vers des horizons nouveaux. Ces moments-là sont arrivés pour nous. Nous devons avoir l’audace et le culot de nous libérer de cet esclavagisme des temps modernes auquel on soumet en ce moment nos filles et garçons, nos enfants qui, tous, naissent dignes et libres, mais qui sont aujourd’hui étrangers et esclaves dans leur propre pays, sur leur propre terre, sur le sol de leurs ancêtres. C’est inacceptable ! Il nous appartient donc, en tant que peuple, dans notre volonté inébranlable et éclairée de vivre libres, de construire notre destin, notre Tchad de paix et des libertés, tel que nous  l’imaginons pour nos enfants. Nous devons agir ! Nous devons agir donc, ensemble, collectivement, pour notre survie ; agir pour la survie de nos enfants ! Pour cela, nous devons avant tout travailler ensemble à liquider définitivement de notre sol, la bande de filous de la coalition mafieuse accidentellement installée à la tête de notre chère patrie. Ne pas le faire ; s’en abstenir, c’est se rendre complice du génocide des générations futures.

 

Chères amies, chers amis,

Peuple du Tchad,

 

Voyez-vous, le Tchad, notre pays, de par sa constitution issue de la conférence nationale souveraine, est un Etat laïc. Nous nous demandons qui a violé les dispositions fondamentales de notre loi fondamentale, celle-là même au nom de laquelle on se fait investi ? Qui ? L’acte constitutif de notre République a été quotidiennement foulé aux pieds par ceux-là même qui sont censés garantir son respect et faire respecter et appliquer les lois fondamentales de la République, et partant garantir l’unité nationale. La Nation tchadienne est aujourd’hui en danger dans son unité nationale. Elle se trouve à un tournant décisif de son existence. Or, « quand l’injustice acquiert force de loi, la résistance devient un devoir » ! Le Tchad restera irrévocablement laïc, républicain et uni ou il ne le sera pas. Nous devons donc agir. Nous devons décider une fois pour toute d'en finir avec l’état d’esprit moyenâgeux de razzia qui anime encore certains de nos compatriotes incapables d’intégrer la communauté nationale.  Nous devons décider une fois pour toute d’en finir avec ce  mode de gouvernement et de gestion de la chose publique qui, depuis des décennies, fait fi aux attentes de la population, des sentiments qui l'animent et de son existence de chaque instant.

 

Chacun de nous porte encore aujourd’hui, en lui, les stigmates des événements traumatisants que nous avons tous connus depuis ces dernières décennies. Loin de nous effrayer, ces stigmates doivent nous rassembler, nous fortifier, nous solidifier pour le combat décisif pour notre survie.

 

Nous devons nous prononcer sans équivoque sur l’utilité d’être un Etat et une nation unie et à quelles conditions ! Nous ne devons plus nous laisser abattre de quelle que manière que ce soit par aucun complexe quelconque, que ce soit d’infériorité ou de supériorité, moins encore un complexe né de la haine et ou de la dilation. C’est une question de survie, notre survie, la survie de nos enfants ! Nous sommes un peuple de culture ; notre culture est riche, vigoureuse, variée et vivante. Nos racines culturelles sont toujours là, vivantes et sèment en nous, à chaque instant de notre existence, une capacité légendaire de régénérescence. Nous sommes un peuple de difficultés, mais sommes aussi mieux outillés pour nous régénérer que ces prédateurs de la République qui saccagent en ce moment l’unité nationale ! Et si notre patience actuelle surprend certaines personnes, c’est simplement que ces personnes n’ont pas la capacité nécessaire de comprendre que nous ne sommes pas éduqués avec et dans la logique de violences, de meurtres et de banditismes comme elles.

 

Chères amies, chers amis,

Peuple du Tchad,

Mesdames, Messieurs,

Travailleurs, travailleuses,

Ecoliers et étudiants

Les braves « Maguira » et « konkeï » du Tchad

Patriotes Soldats, peuple de la résistance,

Messieurs les représentants des médias,

La jeunesse tchadienne

Chers camarades de tous les horizons du Tchad ;

 

Une ère  a fait son temps. Elle doit s'achever. Un nouveau départ doit s’amorcer avec un autre état d’esprit, avec une nouvelle gouvernance, avec une nouvelle espérance pour notre jeunesse. Nous devons ensemble réinventer la République et tracer les contours de la future démocratie tchadienne, laïque et républicaine, y compris les « Républiques du Tchad » s’il le faut pour notre survie, pour la survie de nos enfants. Pour cela, un certain nombre de sacrifices est nécessaire. Voilà pourquoi je vous lance cet appel du réveil des consciences. Pourquoi moi ? Eh bien c’est tout simplement parce que je suis là et j’y avais mûrement réfléchi.  Osons le pas. Faisons le pas décisif !

 

Aussi, comme je l’ai dit tantôt, dans les jours à venir notre pays va entrer dans une zone de turbulences tumultueuses. Il va s’engager dans une lutte inédite et sans précédent pour faire aboutir des réformes et mutations profondes indispensables pour son avenir, pour l’avenir de ses enfants ; des réformes et mutations indispensables pour notre existence en tant que peuple qui a droit à son autodétermination, à sa liberté. Comme dans la vie de toutes les nations en marche, ces réformes et mutations sociales, pour porter de fruits, doivent parfois être brutales, voir même tragiques, mais nécessaires. Des sacrifices sont donc indispensables et inévitables. Car si nous voulons vivre libres et dignes de notre dignité sur notre terre, alors il n’y a pas de choix que d’agir. Nous devons ainsi non seulement consentir à certains sacrifices, mais aussi les accepter pleinement, courageusement et consciencieusement. Nous devons accepter ces sacrifices et les accompagner pour le bien être et le confort de nos enfants. Alors une fois déplus, faisons le pas ! Le pas décisif vers la liberté !

 

Vive le Tchad

Vive le RDPL

 

Michelot Yogogombaye

RDPL, Mieux vivre ensemble

Un engagement pour le Tchad.