Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

Géo-localisation

Publié par Mak

Médias-Afrique : « Libération pour les uns et emprisonnement pour d’autres »

                                        Nabila Hamdani/ regards d'Africains de France

 

La semaine a été relativement heureuse pour les médias et notamment pour les journalistes congolais et centrafricains Jullson Eninga et Alexis Remangaï. C’est ce que Reporters Sans Frontières soulignent dans un communiqué de presse. Une réelle progression ? On en doute. Un simple ralentissement ? Plus juste. Puisque si d’un côté du continent tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, c’est une autre musique qui se joue dans les locaux de Short Wave Radio Africa (SWRA) basés à Londres.

 

Soulagé. Un terme qui correspond parfaitement à l’état d’esprit dans lequel se trouve Reporters Sans Frontières et Journalistes En Danger en apprenant l’acquittement de Jullian Eninga. Directeur de publication au quotidien « Le Journal », Jullian Eninga était incarcéré depuis cinq mois au Centre Pénitentiaire et de Rééducation de Kinshasa pour « trahison ». Une accusation qui faisait suite à la rédaction et à la publication d’un article jugé blasphématoire. Le 11 septembre en effet, un communiqué des rebelles Hutus avait été rendu public. Une erreur qui vaut chère, puisqu’il risquait entre 20 ans de prison et la peine de mort. On crie alors « haro sur le baudet ». Mais c’est sans compter sur la détermination et l’efficacité de RSF et de JED."Nous sommes heureux de savoir Jullson Eninga enfin libre, d'autant plus que l'infraction pour laquelle il a été injustement placé en détention provisoire n'était pas fondée. En effet, le journaliste n'est pas l'auteur de l'article incriminé et la 'trahison' suppose que le pays est en état de guerre, ce qui n'est officiellement plus le cas depuis des années. Il est déplorable que ce journaliste ait ainsi passé cinq mois sous les verrous et nous appelons les autorités à cesser d'emprisonner les professionnels de l'information". Le 30 août, les deux organisations adressent une lettre au président Kabila et le 6 septembre, le juge du Tribunal de Grande Instance estime que l’accusation n’est pas établie. Le même jour, c’est Alexis Remangaï qui profitera lui aussi de la bonté du Juge du Tribunal de Grande Instance de Centre Afrique. Journaliste au quotidien privé « Le Confident ». Alexis Remangaï a été arrêté le 3 septembre à Bangui pour diffamation. « Le journaliste a été victime d'un véritable guet-apens alors qu'il répondait à une convocation officielle du directeur de cabinet du ministre d'Etat aux Mines. Nous déplorons qu'il ait été maintenu en détention pendant plus de deux jours alors qu'il n'a commis aucun crime et espérons que les juges qui statueront sur le fond de l'affaire concluront à son innocence ainsi qu'à celle de son média dont le seul tort est d'avoir publié une lettre », explique l’organisation. Lettre dont il n’est, rappelons-le, pas l’auteur qui n’a d’ailleurs jamais été inquiété par la justice. La lettre en question adressée au ministre des Mines, Obed Namsio, par le Collectif des présidents des coopératives minières centrafricaines, l'accusait d'avoir détourné trois chèques de 20 millions de FCFA (environ 30 500 euros).

La presse sur un terrain glissant

Si la situation de la presse semble s’améliorer dans l’ensemble, à y voir de plus près le bilan apparaît mitigé. En effet, ces deux libérations survenues pratiquement en même temps ne rassurent  qu’à moitié Reporters Sans Frontières. "L'incident qui a touché le journaliste du quotidien Le Confident est particulièrement inquiétant dans le contexte préélectoral actuel. Nous redoutons que les hommes politiques centrafricains et leurs collaborateurs ne fassent preuve d'un regain de crispation envers les médias à l'approche de l'élection présidentielle prévue le 23 janvier prochain". Un autre cas cette fois-ci au Zimbabwe nous rappelle à quel point les médias restent un sujet plus que sensible. Ainsi, depuis le 1er septembre 2010 certains programmes de Short Wave Radio Africa (SWRA), radio basée à Londres sont brouillés. Il s’agit là d’une censure à peine dissimulée de l’autorité Zimbabwéennes  et plus précisément des services de renseignements. "Si les licences accordées en mai dernier à plusieurs publications indépendantes ont permis une amélioration du pluralisme de l'information après plusieurs années de monopole des médias d'Etat, le brouillage de cette radio en exil est un signal extrêmement négatif. L'assouplissement observé dans le secteur de la presse n'est visiblement pas à l'ordre du jour en ce qui concerne les médias audiovisuels. Nous demandons au gouvernement d'union nationale d'éclaircir sans délai cette situation et de garantir le droit des Zimbabwéens à l'accès à l'information", déclare RSF. Les bulletins d’information sont alors l’objet de parasites qui ne durent que quelques minutes avant d’être de nouveau audibles. Intimidation ? Le chef du gouvernement ne se cache pas pour faire part de sa méfiance plus que prononcée pour SWRA, Voice of America's Studio 7 et Radio Voice of the People (VOP). Des stations radio qu’il juge dangereuses pour son pouvoir. Autre affaire aussi problématique. Owen Maseko, artiste risquait jusqu’à 20 ans de prison pour avoir organisé une exposition. Le motif ? Le massacre de Gukurahundi survenu juste après l’indépendance du pays. "Cette mesure rétrograde reflète la persistance de réflexes paranoïaques de la part de certains secteurs du gouvernement zimbabwéen, visiblement pas prêts à tolérer la libre expression sur des événements appartenant à l'histoire du pays", a conclu Reporters Sans Frontières. Avant d’exprimer leur souhait que toutes les charges soient abandonnées.