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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

On se plaint en France du racisme anti-arabe et anti-noir mais aussi de l’islamophobie, pour retrouver au Maroc, où l’Islam est religion d’Etat, des unes scandaleuses et essentialistes. Rappelons qu’être noir au Maroc n’a jamais été chose aisée. Les Marocains au teint plus foncé que leurs compatriotes ont depuis toujours eu à essuyer les sarcasmes et railleries les plus abjectes.

 

Comme Charlie Hebdo, l’Express et consorts, Le Point surfe à nouveau sur la vague islamophobe, devenue le fond de commerce des éditorialistes en manque de sujets sensationnels. C’est donc sans foi ni loi qu’ils s’adonnent à leur sport favori : la calomnie, l’exacerbation des haines envers qui ? Les musulmans, s’il vous plait… Une communauté sur laquelle on n’a plus peur de tirer à boulets rouges, des citoyens de seconde zone pour cette intelligentsia du dimanche, une élite bobo qui se préoccupe beaucoup plus de ses week end à Deauville que du sort de la France et de son rayonnement intellectuel.

Mais nos chers compatriotes français n’ont pas l’apanage du racisme et de la xénophobie comme argument de vente. En ces jours de disette, tous logent à la même enseigne de Tanger à Jakarta, comme on dit au Maroc, quitte à reproduire ce que l’on dénonçait la veille. Et pour cause, le Maroc, aussi, a sa une qui fait jaser, une couverture éhontée du magazine MarocHebdo titrant sur le « Péril noir » qui menace le pays. Bien sûr, c’est sans rappeler le péril jaune, ce fantasme de la menace asiatique remontant au 19e siècle, sauf que l’on est en 2012 et que même les enfants ne croient plus aux croquemitaines depuis des décennies.

Le plus étonnant est à la fois la similitude dans le thème choisi mais aussi la ressemblance sur le plan graphique des deux magazines.  La couverture de Maroc Hebdo présente un titre effrayant en gras jaune sur fond noir avec des sous-titres lapidaires, c’est à nous rappeler la une du Point. Le regard grave du Subsaharien sur la couverture de MarocHebdo nous rappelle ainsi le visage recouvert du niqab noir de la jeune femme en une du Point, dont la gestuelle manifeste une forme d’affrontement avec la police.

Derrière cette une, le « Péril noir », ce sont les Subsahariens vivant au Maroc et qui, comme les musulmans de France, subissent un traitement médiatique à l’emporte pièce, des analyses journalistiques dignes d’une discussion de comptoir. On pourrait penser que la presse marocaine, de par l'histoire coloniale du Maroc, son cosmopolitisme et sa légendaire hospitalité, n’aurait jamais pu tomber dans un piège aussi infâme et putride que celui du racisme pour, comme son modèle français, vendre un magazine sans doute en mal de financement, comme la plupart des médias de nos jours. Eh bien, qu’on se le dise, la bêtise est universelle, l’enjeu financier de taille et ce n’est pas la culture et les sciences qui rayonnent dans ces deux pays mais bien la xénophobie qu’entretiennent bien volontiers les esprits intolérants, les ignorants qui à coup de « azzi » (nègre), cafards qualifient leurs frères subsahariens.

D’emblée, le dossier que propose MarocHebdo joue sur la peur en ouvrant le sujet sur les trafiquants de drogue subsahariens qui menacent le Maroc. S’en suit un état des lieux sur ces jobs que les Subsahariens volent aux Marocains sans prendre la mesure d’une équation aussi périlleuse : Subsaharien = pique-assiette dangereux. Beaucoup d’associations maladroites sont faites sur le sujet malgré quelques nuances. L’article laisse penser qu’au Maroc tous les Subsahariens sont des clandestins en occultant ainsi les nombreux étudiants et salariés qui résident dans le pays en toute légalité. Pourtant, le titre en une ne précise aucunement que la focale sera mise sur les clandestins : « Le péril noir » englobe, de manière fourbe, l’ensemble des Subsahariens quelle que soit leur situation administrative et sociale.

On se plaint en France du racisme anti-arabe et anti-noir mais aussi de l’islamophobie, pour retrouver au Maroc, où l’Islam est religion d’Etat, des unes scandaleuses et essentialistes. Rappelons qu’être noir au Maroc n’a jamais été chose aisée. Les Marocains au teint plus foncé que leurs compatriotes ont depuis toujours eu à essuyer les sarcasmes et railleries les plus abjectes.

 

Source: http://www.yabiladi.com/articles/details/13720/marochebdo-point-unes-honte-edito.html