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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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Le calvaire des militaires tchadiens au Mali



Rien ne peut changer Deby dans son comportement quotidien envers ses compatriotes. Tout le monde le sait et tout le monde l’a répété : Deby a foncé tête baissée au Mali pour avoir les faveurs du
Président français. Il était parti sans aucune invitation de la CDEAO, ni des NU. Tout juste la France avait exprimé son souhait de voir l’armée tchadienne s’y engager. Et ça suffit pour que Deby
s’engage avec 2500 militaires avec armes et bagages, supportées exclusivement par le budget de l’Etat Tchadien. Une fois sur place, les tchadiens ont donné le meilleur d’eux-mêmes ; ils étaient les
premiers et les seuls à être face aux barbus, et on connaît la suite : des dizaines de morts, des disparus et de très nombreux blessés. Et Deby est devenu le héros de la guerre du Mali et le
chouchou du Gouvernement français : visites ininterrompues des membres du gouvernement français à N’Djamena, l’armée tchadienne (avec Deby ?) invitée à défiler le 14 juillet sur les Champs Elysées
et cerise sur le gâteau, Deby invité personnel du Président français pour assister aux cérémonies du Prix Houphouët Boigny pour la paix décernée au Président français. Dès lors, Deby s’est senti
pousser les ailes : interventionnisme tout azimut à l’extérieur du Tchad (intervention en RCA, au Soudan pour combattre les rebelles soudanais, au Nigeria et menaces sur le Congo, ce qui a conduit
ce pays à prendre des mesures préventives en arrêtant et extradant les tchadiens résidents, et bientôt le Cameroun), et une politique de répression, de bâillonnement et de musellement de
l’opposition intérieure. Le silence complice de la France était une carte blanche pour Deby.


Deby étant devenu l’incontournable pour les français, que deviennent les tchadiens qui l’ont fait au prix de leur vie ? Selon les confidences recueillies auprès des blessés et des mutins ayant
regagné le bercail, confidences confirmées par ceux qui sont encore sur place, la situation, de part et d’autre est tout simplement catastrophique et inhumaine. Les blessés ramenés du Mali sont
jetés à la garnison militaire sans aucune prise en charge réelle. Après les gesticulations des premiers moments destinées à divertir l’opinion nationale et internationale, plus rien. C’est grâce
aux efforts des parents que ces blessés survivent. Une petite partie des privilégiés a pu bénéficier d’une évacuation sanitaire en Tunisie.


Ce qui est resté inconnu des tchadiens, est la mutinerie qui a eu lieu au Mali au sein du contingent tchadien. En effet, les éléments qui étaient rentrés du Mali et que Deby leur a réservé un
accueil populaire, ces éléments étaient en réalité des mutins ! Oui, ce sont des mutins ; des éléments qui ne pouvaient plus supporter la diète noire qu’ils subissaient, avaient décidé de quitter
le Mali. A bord d’une dizaine de véhicules, on les a stoppés au Niger dans l’espoir de les dissuader de retourner, mais comme ils ont menacé de se déclarer rebelles, Deby a fait contre mauvaise
fortune bon cœur. Il avait demandé à son fils d’accompagner ces éléments, ce que le fiston a fait en les suivant de très loin jusqu’au Tchad et Deby a envoyé des véhicules militaires à Massakory
pour gonfler le convoi et organiser la mascarade qu’on connaît. Mieux, le retour de ces éléments a permis à Deby de faire la promotion de l’image de son fils, un fils qui a laissé une piètre image
sur place au Mali. Une fois celle-ci terminée, les éléments ont été désarmé et jeté en pâture, sans droits, ni reconnaissance, moins encore les promesses de 10 millions de CFA par personne.


La situation de ceux qui sont restés sur place est tout simplement inimaginable. Complètement abandonnés à eux-mêmes, certains ont juré qu’ils faisaient un carême forcé durant 48h ! Depuis leur
départ, selon leurs propres dires, les éléments tchadiens ont reçu une fois 25.000 CFA, une seconde 30.000 et suite à un début de grogne, 45.000 CFA, c’est tout. Loin des promesses mirobolantes du
début de l’opération ! L’alimentation est fournie depuis N’Djamena sous forme de farine et du ris, secs ! Les 50 milliards que l’Amérique a donné au Tchad et à la France pour le soutien de leurs
éléments sur place, les tchadiens n’ont eu aucune trace, ni sous forme de logistique moins encore en alimentation. Les tchadiens sont près à rentrer au pays, le malaise en leur sein est palpable ;
Deby les retient en leur promettant qu’à partir du 10 juillet, ils seront entièrement pris en charge par l’ONU et que tous les problèmes logistiques et d’alimentation seront réglés, ainsi que des
salaires substantiels. Mais l’ONU a fait savoir que les tchadiens feront partie de la force de l’ONU au Mali à condition qu’ils répondent aux critères de cette même ONU et qu’une enquête est en
cours pour savoir si oui ou non les tchadiens peuvent faire partie des éléments de l’ONU. En attendant, le calvaire continue.


Correspondance depuis le Mali