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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

laurent gbagbo election repoussee200

ELECTIONS EN AFRIQUE : DES FAITS QUI NE CHOQUENT PERSONNE

 

 

Feu Oumar Bongo a dit de son vivant qu'en Afrique, "on n'organise des élections pour les perdre". Cette réflexion sadique a été émise suite à la défaite d'Abdou Diouf au second tour du scrutin en 2000 au Sénégal. Ces propos de Bongo n'ont pourtant ému aucun des démocrates du monde entier qui tirent actuellement à boulets rouges sur Laurent Gbagbo. Oumar Bongo, de son vivant féliciterait Laurent Gbagbo pour "sa brillante réelection" à la tête de la Côte d'Ivoire.
 
La CEDEAO vient de prendre fait et cause pour Allasane Dramane Ouattara, jouant le jeu de l'impérialisme. Essayons de regarder à la loupe le fonctionnement de la démocratie dans certains des pays qui composent la CEDEAO.
 
Le Nigéria : pays trouble, qui a connu plusieurs coup d'Etat militaires. Pays de l'intolérance, où s'affrontent régulièrement musulmans et chrétiens faisant des centaines de mort. Dans ce pays, le 10 novembre 1995, Ken Saro-Wiwa et huit autres leaders du MOSOP ont été exécutés par pendaison à Port Harcourt par le gouvernement nigérian du général Sani Abatcha. Rappelons que la CEDEAO ne s'est jamais mobilisée, ne serait-ce que pour dénoncer cette barbarie.
 
Le Sénégal : en 1993, Abdou Diouf a été battu aux élections par son rival de toujours, Abdoulaye Wade. Les preuves ont été fournies par Diouf lui-même. A la suite du scrutin, le pays était resté trois longues semaines sans connaître le nom de son nouveau président. La controverse portait sur une triste constatation : dans plusieurs bureaux de vote à l'intérieur du pays, le nombre de votants était supérieur au nombre d'inscrits. Pour l'opposition, il était question d'annuler les résultats de tels bureaux de vote. Pour le camp d'Abdou Diouf, il est hors de question. Ousmane Tanor Dieng a dit clairement : "si on annule ces résultats, nous on perd, donc pas question !". Cette situation honteuse de la démocratie sénégalaise a poussé le président du Conseil Constitutionnel de l'époque, Kéba Mbaye, à démissionner en pleine controverse électorale. A sa place, Abdou Diouf a nommé un autre homme de Droit à ses bottes, Youssoufa N'diaye, qui est venu tout simplement avaliser tous les résultats avec toutes les anomalies signalées par l'opposition, donnant la victoire au premier tour à Abdou Diouf. Pendant la diffusion des résultats à la Radiotélévision du Sénégal, les chars étaient dans la rue et un hélicoptère survolait la ville pour repérer et disperser d'éventuels manifestants. Abdou Diouf n'est pas sorti grandi de ces tristes élections de 1993, même s'il s'est retiré du pouvoir 7 ans plus tard. C'est ce Diouf qui rappelle Gbagbo à l'ordre aujourd'hui. Au Sénégal toujours, Wade est en train de décevoir. La victoire de l'opposition en 2000 devrait remettre le pays dans les rails démocratiques pour toujours, si bien qu'on ne pourrait plus imaginer une victoire au premier tour dans ce pays. Mais Wade a surpris tout le monde en 2007 : il est passé dès le premier tour et envisage de se présenter en 2012 à l'âge de... 86 ans. Mieux, il rêve de léguer le pouvoir à son fils comme au Togo ou au Gabon. Cette situation du Sénégal ne choque aucunement les démocrates de la planète que nous habitons, ni en France, ni aux Etats-Unis.
 
Le Togo : ah ! réservoir de la médiocrité en matière de démocratie. En 2005, le dictateur Eyadéma, le "père de la nation" meurt. Selon la Constitution, c'est le président de l'assemblée nationale, Fambaré Natchaba, qui devait assurer la transition. Il était dans un avion qui le ramenait au Togo. Un groupe de militaires fait irruption à la télévision et annonce qu'ils "confient" le pouvoir à Faure Gnassingbé, étant donné qu'il y a vacance de pouvoir à l'assemblée nationale. Auparavant, les militaires avaient fermé toutes les frontières et pour dévier sur Cotonou, l'avion qui ramenait au bercail le pauvre Natchaba. Monsieur Faure qui était ministron au gouvernement de papa Eyadéma, démissionne rapidement de son poste ministériel, convoque les députés et leur demande de faire de lui le nouveau président de l'Assemblée Nationale pour être président par intérim à la place de Natchaba, par souci de respecter la Constitution qui veut que ce soit le Président de l'Assemblée qui assure les fonctions de président de la République. Natchaba n'était pas sur le territoire national, son poste a été également déclaré vacant. La CEDEAO a réagi timidement, sans empêcher Faure d'atteindre son objectif : occuper le fauteuil de son père. Ils a marché sur plusieurs centaines de cadavres de Togolais pour parvenir à cette fin. Ni la France, ni les Etats-Unis, ni les Nations Unies, n'ont ouvert la bouche sur le cas du Togo, abandonnant les Togolais à leur triste sort. Faure est parti pour régner jusqu'à sa mort, comme son père.
 
Le Niger : Le 4 août 2009, le président Mamadou Tandjé réussit son coup de force lors du référendum constitutionnel décrété illégal par la Cour constitutionnelle et contesté dans tout le pays. Ce référendum vise à autoriser le remplacement de la constitution nigérienne. Les deux grands changements qu'il engendre sont la non limitation du nombre de mandats présidentiels et le passage d'un régime semi-présidentiel à un régime présidentiel. Mamadou Tandja bénéficie d'une extension exceptionnelle de son mandat de 3 ans pour « achever les chantiers entrepris ». La tenue du référendum est précédée et suivie de grandes manifestations et contestations. Ce n'est pas la pression de la communauté internationale, ni de la CEDEAO qui l'ont fait cédé. Il a fallu un coup d'Etat militaire pour mettre un terme au jeu antidémocratique de Tandja.
 
Le Burkina Faso : Blaise Compaoré  est  roi, se faisant réélire chaque fois au premier tour. Il est en train de modifier la Constitution pour rendre illimité le nombre de mandats, ce qui lui permettra d'être président à vie. Mais diable, pourquoi ces présidents Africains ne se proclament-ils par carrément rois! D'autant plus que ce n'est pas une honte que d'avoir un royaume. En Europe, il y a plus de royaumes que de Républiques ! Mais les Afriques préfèrent dépenser l'argent du peuple dans des élections frauduleuses dont on connait les résultats à l'avance. Les démocrates du monde ne diront rien tant que Blaise Compaoré est au service de l'impérialisme et du néocolonialisme.
 
La liste et les mauvais exemples commencent par être longs. Les Etats de la CEDEAO sont donc très mal placés pour donner des leçon de démocratie à Laurent Gbagbo de Côte d'Ivoire.
 
Sortons de l'Afrique de l'Ouest. Entrons en Afrique Centrale.
 
Gabon : Oumar Bongo a régné sans partage pendant plus de 40 ans pour laisser le pouvoir à son fils. La famille Bongo possède plusieurs biens immobiliers, plusieurs comptes bancaires dans l'Hexagone. En fait, ce sont de tels dirigeants que la France aime : des dirigeants qui détournent l'argent des contribuables et qui investissent en France pour enrichir la France. Le dirigeant qui a l'ambition de faire autre chose est foutu hors de son fauteuil sous prétexte de non respect des règles démocratiques.
 
Le Tchad, enfin : Idriss Déby a organisé les premières élections pluralistes en 1996. A l'époque, il voulait passer dès le premier tour, mais il a eu un peu peur de la réaction populaire. Il a donc fait semblant d'organiser un scrutin à deux tours avec un score de 48 p.cent au premier tour. Quand bien même, il a été battu par Kamougué, mais il a confisqué le pouvoir. Remake en 2001. Cette fois contre Yorongar. Les observateurs internationaux, les médias nationaux et internationaux, n'arrêtaient pas de dire que Yorongar et Déby étaient au coude à coude, et qu'un deuxième tour était inévitable pour départager les deux candidats. A la surprise générale, Déby passe au premier tour avec plus de 67.35 p.cents de voix, largement devant Yorongar qu'ont annonçait était au coude à coude avec Déby. En 2001, Déby a promis solennellement qu'il n'allait plus se présenter à des élections au Tchad et qu'il respecterait la Constitution qui limite à deux, le nombre de mandats, non renouvelables. En 2003, Monsieur Idriss Déby, modifie la Constitution par un simulacre de référendum. En 2005, le même Déby se fait réélire avec plus de 77 % des voix. Si on remarque bien, son score augmente à chaque élection. Il est président à vie au Tchad, avec la bénédiction de l'Elysée.
 
 
Revenons en Côte d'Ivoire : Laurent Gbagbo a certes, confisqué le pouvoir, mais il n'a fait qu'appliquer les conseils du sage Bongo : si on organise les élections, on ne doit pas les perdre. Mais aux yeux de Paris, lui Gbagbo, n'en a pas le droit. Seuls un nombre restreint a ce privilège : Bongo, Déby, Compaoré et autres. Et surtout, pour bénéficier de ce privilège, il faut lécher le cul du président Français.
 
C'est un malheur que d'avoir été colonisé par la France.
 
BELEMGOTO MACAOURA
 
Contact : macaoura@hotmail.fr