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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

154740.jpgParis, France (PANA) - Un ancien ministre tchadien des Affaires étrangères, Acheikh Ibn Oumar, a estimé à Paris que le bilan des pays africains après 50 ans d'indépendance est «très négatif» même s'il y a eu quelques succès.

 

«Il faut reconnaître qu'il y a eu quelques succès : le colonialisme portugais et l'Apartheid ont été vaincus, le pluralisme est devenu un principe incontournable, la vaccination a enrayé beaucoup de maladies, la scolarisation a fait de grands progrès. Néanmoins nous avons tous le sentiment que le bilan des années d'indépendance est globalement très négatif», a-t-il déclaré

 

S'exprimant au cours d'un entretien accordé à la PANA, M. Ibn Oumar a souligné que « dans certains domaines, il y a eu même une régression par rapport aux acquis de la colonisation ».

 

A ce propos, il a évoqué « la déprofessionnalisation de corps importants de l'Etat comme l'armée, la justice, la diplomatie, l'administration territoriale, les atteintes à la laïcité et surtout le profond mépris de l'orthodoxie financière ».

 

«Les pouvoirs africains sont des créatures mutantes qui échappent à toute typologie : des yeux et des oreilles énormes pour tout voir et tout entendre, un ventre immense pour tout avaler et une cervelle minuscule incapable d'appréhender d'autres réalités que celles de l'instant immédiat», a-t-il dit.

 

Concernant, M. Ibn Oumar a affirmé que si dans certains pays africains il y a une centaine de partis politiques peu représentatifs, d'autres pays du continent ont fait des progrès avec des formations politiques en nombre raisonnable et assez représentatives.

 

"Pour ce qui est des rébellions armées en Afrique, on trouve des situations très dissemblables comme pour les partis politiques : il y a des contextes où, sous couvert de rébellion, on trouve une multitude de groupes aux motivations diverses, parfois de simples relais de réseaux internationaux de trafiquants, et d'autres situations où le blocage de l'alternance politique associé à une répression massive et sans discrimination, consacre la lutte armée comme seul terrain de contestation ou simplement d'expression politique possible", a ajouté l'ancien ministre tchadien.

 

Parlant de la société civile qu'il qualifie de «Cendrillon de la construction démocratique», M. Ibn Oumar a estimé qu' « elle est trop jeune et trop démunie, soumise aux pressions du pouvoir et de l'opposition qui l'accusent, chacun de son côté, de faire le jeu de l'adversaire, alors que le corps social s'en méfie, car la soupçonnant de remettre en cause des valeurs traditionnelles au profit de la ‘’chose des blancs’’ ».

Pour améliorer la situation des pays africains, M. Ibn Oumar a préconisé «d'appuyer les efforts, non pas des jeunes en général, comme on le dit parfois, mais de la fraction la plus éclairée et la plus déterminée de la jeunesse, l'aider donc à construire des organisations politiques et civiles de type radicalement nouveau et surtout, mener un travail de refondation intellectuelle similaire au mouvement des Lumières en Europe au 18ème siècle».

 

Il a soutenu que « des centaines de réformes sont nécessaires au niveau de la gestion gouvernementale tout en citant la lutte contre l'enrichissement illicite, l'investissement dans l'éducation des filles synonymes de certains progrès sociaux et économiques rapides et l'exportation des produits manufacturés et non seulement des matières premières en commençant par des choses simples, à la portée des capacités matérielles et humaines des producteurs africains et sur des créneaux porteurs. »

 

M. Ibn Oumar a été, entre autres, président du conseil des ministres de l'OUA en 1990, ambassadeur aux Etats-Unis et représentant de son pays à l'ONU en 1993.

Actuellement il est l'un des responsables de l'opposition politico-militaire tchadienne et représentant en Europe de l'Union des forces de la résistance, une coalition de mouvements rebelles qui combat le régime du président Idriss Déby Itno.

Agence Panapresse,Paris - 30/03/2010