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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Les lobbys de l’Enseignement supérieur : partie 2

Comme promis dans mon précédent article, je continue la présentation de différents lobbys  qui gravitent dans et autour de l’enseignement supérieur.  Avant d’aborder les lobbys, j’aimerais ouvrir une parenthèse sur les deux actualités suivantes : « la crise » à l’Université de N’Djaména et la manifestation des ex-travailleurs de la société pétrolière Tchad Cameroun Constructor (TCC).

Mais vous allez dire quel rapport avec les lobbys de l’enseignement supérieur. Mes investigations montrent une implication directe ou indirecte de certains membres des lobbys dans ces deux « crises ».

Commençons par les ex-employés de TCC.  Au début du projet pétrole Tchad, la région « productrice » a lutté pour avoir un recrutement exclusif, au moins massif, de ses ressortissants. En outre, elle a exigé et obtenu une discrimination pour la région en terme de répartition des revenus provenant du pétrole, c’est le fameux 5%  c'est-à-dire 5% de  revenus du pétrole réservé exclusivement à la région productrice. C’est une bonne et mauvaise chose, surtout pour la région dite « productrice ». J’y consacrerai un article  Inchallah. Actuellement, la gestion de ce 5% est une source de tension et de délations massives entre les logonais « orientaux ».  Il semblerait que la délation est très courante à Doba et ce qui expliquerait également l’instabilité chronique des Gouverneurs dans cette région.

Revenons aux ex-travailleurs de TCC, la plupart des cadres tchadiens recrutés par la TCC sont du Logone oriental. Parmi eux, deux ont particulièrement joué un rôle majeur dans le malheur et les déboires actuels des ex-employés de TCC. Il s’agit du Responsable des ressources humaines et du conseiller juridique.   D’après certaines sources dont  je n’ai pas encore  vérifié la crédibilité, ce responsable des ressources humaines  serait actuellement à la Brasserie du Tchad. Le conseiller juridique surtout chargé du droit de travail -information vérifiée- n’est autre que Dr DJIKOLOUM BENJAMIN, actuel  Secrétaire Général du Ministère des Affaires Foncières et du Domaine.  A l’époque,  il avait double contrat  et avec l’Université de N’Djaména comme enseignant permanent et avec la TCC.  Ces deux cadres  logonais bon teint ont travaillé pour enrichir la société et remplir leurs poches au détriment de leurs parents. En effet, dans certaines sociétés américaines  en matière de gestion du personnel,  les cadres qui arrivent à faire gagner plus d’argent à la société, par des artifices juridiques,  au détriment des travailleurs, bénéficient un % sur l’économie faite.  Par ce biais, ce deux là ont  déjà fait  leur pactole et leurs enfants étudient à l’Ecole Française Montaigne, je préfère ne pas vous dire le coût annuel de la scolarité.  Les ex-travailleurs de TCC paient les conséquences des  turpitudes de leurs co-régionnaires. Dans le cadre de mon job, je  côtoie  énormément  des travailleurs qui se soucient d’abord de l’ethnie ou du tribu de leurs responsables avant d’examiner ce que peuvent apporter ces responsables dans  leurs conditions de travail, c’est dommage,  ainsi va le Tchad. Il ya quelques jours, les travailleurs de la CNPS réclamaient le retour de leur ancien DG parce que l’actuel  est jugé « très méchant ». J’ai les écrits de ces mêmes travailleurs à l’époque de l’ancien DG : « parachuté, incompétent, petit vaurien, fils du clan qui ne sait rien,  voleur, etc). Paradoxalement,  ces mêmes  travailleurs décernent aujourd’hui  les lauriers  à leur ancien DG : « il nous a augmenté le salaire, il a engagé la construction du nouveau siège, homme de dialogue, homme respectueux, homme visionneur, etc, etc ». Incohérence typiquement tchadienne.  Chaque jour, mes recherches me passionnent et les  comportements  des tchadiens, pour qui sait observer et noter, sont surprenants. Ils me surprennent chaque jour.  Je parle trop, j’ai même oublié l’objet de mon article.

Revenons à la « crise » à l’Université de N’Djaména. Il  me semble, de prime abord, c’est un problème de bourse, problème récurent  qui s’auto-entretient depuis quinzaine d’années pour plusieurs raisons, je reviendrai là-dessus un jour. C’est une spécialité des étudiants de l’Université de N’Djaména. On a entendu parler de 6 mois d’arriérés, de 6 mois de promesse présidentielle pendant les campagnes électorales, de 6 mois de réparation pour préjudices subis, de 6 mois de bonus, etc. Budgétairement ou financièrement parlant, je ne comprends rien à tout cela. J’ai l’impression que la bourse, au lieu d’être un soutien ou une aide pour les étudiants, est devenu un cancer pour l’Université de N’Djaména. On parle que de ça dans les quartiers, dans les bars, dans les rues, pendant les cours, dans les toilettes, … On dirait que tout le monde vient à l’Université uniquement pour la bourse. !!

Dans mon précédent article, j’ai écrit que le PM et un lobby travaillaient sur l’Université de Doba et l’Université de N’Djaména et que j’ignorais leurs thèmes de travail. D’après  des sources bien introduites dans le milieu,  les travaux de construction de l’Université de Doba sont pratiquement arrêtés suite à un problème de décaissement sur le 5% : comment, avec la position du PM,  achever les travaux le plus rapidement possible, comment continuer la formation de futurs enseignants logonais, réfléchir sur le statut et les facultés à créer, …

S’agissant de l’Université de N’Djaména, le groupe et le PM, profitant de troubles actuels (d’aucuns accusent certains membres d’en être instigateurs) voudraient  tenter un coup pour récupérer  l’Université de N’Djaména  qui  leur a échappé depuis deux ans. Enfin, je ferme cette parenthèse et  je reviens aux lobbys.

Lobby de Mayo Kebbi

Dernièrement, j’ai brossé rapidement le lobby Mayo Kebbi et que je disais qu’il est actuellement embryonnaire. Mais en réalité, ce lobby était le plus ancien et avait existé dans les années 80. Il a pratiquement disparu pour les raisons suivantes :  la marginalisation des premiers leaders ; le communautarisme, l’autonomisme (villages autonomes et autres avatars), la décentralisation et la création des partis politiques au début des années 90. Les premiers leaders ont  joué un rôle non négligeable dans la scolarisation massive du Mayo Kebbi, bien entendu la population de cette région a contribué énormément à l’éducation de ses enfants plus que les autres sans oublier le lien direct avec le Cameroun. Plus de 50% des écoles officielles actuelles ont été d’abord créées par la communauté. Selon certaines analyses, cette propension à l’éducation de masse  résulterait des frustrations et des mépris subis durant les années 60 et 70. D’après les statistiques à ma disposition, le Mayo Kebbi,  géographique si vous voulez,  est la région la plus scolarisée du Tchad. C’est pourquoi, mon article précédent j’ai parlé de rouleau compresseur par effet d’échelle qui fait peur à tout le monde.

Les  anciens ténors .

·         FACHA BALAM :  docteur vétérinaire,  agrégé veto des lycées français, ancien Ministre, ancien enseignant à la Faculté des Sciences Exactes et Appliquées, chef de village, idéologue des villages autonomes, chef de parti, exilé politique volontaire, ambitieux, il a convoité plusieurs fois le poste du Premier Ministre, homme de réseau. Au début des années 80 profitant de poste de Ministre des Affaires étrangères du GUNT et de la sympathie des pays d’obédience communiste, il a envoyé massivement les jeunes mayo kebbiens en Afrique, en URSS et ses satellites pour poursuivre ses études. Aujourd’hui, beaucoup ne lui reconnaissent pas cela. En créant son parti, il espérait les récupérer  mais ils ont choisi soit l’adhésion  au parti de leur ethnie soit le suivi de leur « chef de fil » ethnique dans le MPS.

·         IVOULSOU DOUPHANG PHANG : le vieux, chirurgien de son état, ancien Doyen de la Faculté des Sciences de la Santé, conseiller du Ministre de l’enseignement supérieur, ancien …, calme, sage, serviable, modéré dans ses prises de position, joue souvent au Diplômate, haut cadre du MPS depuis les premières heures mais il n’a pu percé du fait de son caractère timide. Plus de 40 ans de carrière dans le domaine de la santé, il en a profité pour introduire beaucoup mayo kebbiens dans le secteur de la santé sans trompette ni tambour. Mais les jeunes ne l’écoutent plus, dépassé et frustré, au lieu d’aller en retraite il a préféré rester dans la vie active, pour ne pas se trouver seul dans ce monde d’ingrats, mais il continue à se battre pour les siens, …

·         ZOZABE ISSAYA : enseignant au Département de Chimie, ancien Recteur de l’Université de N’Djaména, actuel Inspecteur Général du Ministère de l’Enseignement Supérieur, honnête, objectif, parfois obtus sur certains points, méticuleux dans son travail d’enseignant, mais pingre même Oncle PICSOU ne lui apprendra rien. Par pesanteur ethnique, il milite dans un parti ethnique,  prématurément vieilli par maladie, …

·         TCHAGO BOUIMON, enseignant au Département d’Histoire, ancien Doyen de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines, Directeur de la Recherche, accessoirement éleveur des chèvres, homme sans façons, poli, tolérant, il a des amis partout, mais largué par les jeunes, …

Lobby arabophone 

Il représente 10 à 15 % de l’effectif des enseignants du supérieur. Contrairement à ce qu’on pense, c’est un groupe extrêmement divisé, avec plusieurs stratifications surprenantes. Grosso modo, il n’ y a que deux dénominateurs communs : la défense de la langue arabe et l’islam. J’ ai découvert tellement des choses sur ce lobby que j’ y consacrerai mon prochain article.

Je m’arrête là pour aujourd’hui  et  on se verra le weekend prochain. En lisant mes notes, j’ai encore 5 weekends à passer avec vous.

M.A. MAHAMAT, chercheur indépendant.