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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Lettre ouverte aux leaders politiques tchadiens.


Mesdames et Messieurs,

Depuis 1991 plus précisément, chacun de nous à écrit sa page de l’histoire politique du Tchad. Et chacun de nous sera jugé par rapport à ce qu’il fait pour la société tchadienne, par rapport à ses actes pour le Tchad et ses engagements de tous les jours.


Je voudrais vous rappeler un fait qui ridiculise la classe politique tchadienne. En effet, après la conférence nationale souveraine (CNS), un organe législatif dénommé conseil supérieur de transition (CST) est mis en place pour voter les lois devant jeter les bases de la démocratie et régir la vie politique au Tchad. C’est ainsi qu’entre autres, le code électoral, la charte des partis politiques, les lois relatives au recensement électoral en un mot toutes les lois essentielles à l’organisation des élections ont été initiées par vous qui siégez dans le gouvernement et adoptés par vos représentants au sein du CST.


Une fois reclus dans l’opposition, les mêmes qui initient et votent ces lois scélérates.


Lors de la première législature (1997-2002) dite législature de «consensus et participatif», les lois électorales ont également été initiées par le gouvernement et adoptées de la même manière mécanique par l’Assemblée avant d’être dénoncées une fois hors des arcanes du pouvoir. Depuis, la deuxième législature (2002 à nos jours, soit bientôt 8 ans pour un mandat de quatre ans), les mêmes causes produisent les mêmes effets. Grâce à la résolution du parlement européen en juin 2001 qui menace le Tchad d’embargo, si celui-ci ne respecte pas la convention de Cotonou en matière de démocratie et de bonne gouvernance, l’Union Européenne a offert sa médiation à toute la classe politique pour négocier un accord tendant à apaiser le climat politique en vue de  l’organisation des élections libres démocratique et transparente au Tchad. Les négociations ont commencé au siège de l’Union Européenne à N’Djaména, puis successivement à l’hôtel Kempesky et à l’hôtel Novotel pour parvenir, cahincaha, le 13 août 2007 à l’accord dit du 13 août. Cet accord qui n’est pas du goût des Ambassadeurs de l’Union Européenne, M. Gilles Desesquelles, et de France, M. Bruno Fournier, est vidé de sa substance par des lois et règlements malicieux adoptés pourtant pour l’appliquer. Pas de gestion commune des institutions de l’Etat (gouvernement, bureau de l’Assemblée, l’administration territoriale, l’administration centrale, la diplomatie, les entreprises publiques, le parlement de la CEMAC , le parlement africain etc.), pas de recensement électoral biométrique, pas de parité au sein de la Céni etc.


S’agissant du recensement électoral biométrique qui figure pourtant en bonne position dans cet accord, le gouvernement a-t-il besoin de renégocier ou la Céni a-t-elle besoin de soumettre sa mise en œuvre au vote ? Non, absolument non, si nous sommes dans un pays où les hommes politiques se respectent et respectent leur signature. Mais, hélas !


Si le gouvernement utilise des subterfuges pour invoquer le manque de délai et d’argent pour l’organisation des élections législatives en 2010 et présidentielle en 2011, il est passé complètement à côté de la plaque. Le délai actuel suffit largement à organiser le recensement électoral biométrique. N’est-ce pas, par le jeu de prorogation de leur mandat, les Députés ont, contre l’avis du conseil constitutif, adopté une résolution prorogeant leur mandat jusqu’à la mise en place de la nouvelle Assemblée. Ainsi, aucun délai n’est imposé pour l’organisation des législatives en 2010. La latitude est donnée aux autorités tchadiennes de coupler ces deux élections pour les organiser ensemble en 2011. Ainsi, le vide juridique invoqué maladroitement par le gouvernement et ses alliés en l’occurrence les Ambassadeurs de l’Union Européenne et de France pour barrer la route au recensement électoral biométrique ne tient pas la route.


C’est pourquoi, en perspective des élections libres, démocratiques et transparentes que nous appelons tous ensemble de tous nos vœux, nous devons organiser ce recensement électoral biométrique, faute de quoi cet accord n’est qu’un torchon comme tant d’autres accords signés au Tchad. Les élections libres, démocratiques et transparentes dépendent du respect de la signature des uns et des autres. Un accord déjà signé s’applique dans toute sa rigueur et ne se négocie plus.


L'appât par le cocktail croustillant que se proposent Gilles Desesquelles et Idriss Déby de vous offrir cache mal les manoeuvres. 


N’oublions pas que chacun de nous passera devant l’implacable tribunal de l’histoire. Même à titre posthume. Ne laissons pas à notre progéniture le boulet que nous trainons aux pieds et le fardeau de nos turpitudes.


Libreville, le 4 décembre 2009   

Le Coordinateur Exécutif FédéralLe Député Ngarlejy Yorongar

Le Député Ngarlejy YORONGAR,
 
Auteur du livre: Tchad, le procès d'Idriss Déby, témoignage à charge, Editions L'Harmattan, 2003.
 
Un des auteurs de Tchad, conflit Nord-Sud,mythe ou réalité? Edité par Centre Al-Mouna,
 
Participe à la rédation de Noir procès de François-Xavier Verschave et Laurent Beccaria, Editions Les Arènes. 
Coordinateur Exécutif Fédéral de FAR/PARTI FEDERATION; BP 4197 N'Djaména et Président de la Fondation pour le Respect des Lois et Libertés (FORELLI) BP 137 N'Djaména (République du Tchad).