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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Lettre ouverte au général président député Bozizé


(suivi d'un commentaire de Juliette)


Mouvement Démocratique pour la Renaissance et l'Evolution du Centrafrique

M.D.R.E.C.

Mbi Yeke Zo

 

Bangui, le 22 février 2012

 

 

Au

 

Général président député François BOZIZE

Bangui.

 

 

Objet : La descente des leaders politiques de l’opposition, de la société civile, de la presse privée et internationale sur les théâtres d’affrontement des forces armées tchadiennes et centrafricaines avec les troupes de BABA LADE.

 

 

Général président député,

 

Depuis le 23 janvier 2012, l’armée tchadienne appuyée par les forces armées centrafricaines (FACA) ont pris d’assaut les basses du chef rebelle tchadien BABA LADE.

 

Par la suite, des opérations dites "de ratissage et de nettoyage" ont été entreprises, et se poursuivent sur une vaste étendue du territoire Nord de notre pays par les deux armées.

 

Ces opérations militaires d’une rare violence à grand renfort de troupes d’élites équipées d’armements lourds, sophistiqués et appuyées d’hélicoptères de combat, ont bouleversé et mis en danger la vie de populations rurales vivant dans ces zones.

 

Par souci de transparence et au nom de l’Etat de droit, le MDREC exige de vous la descente d’une délégation de leaders politiques de l’opposition, de la société civile, de la presse privée et internationale sur les théâtres des affrontement des armées tchadiennes et centrafricaines contre les troupes de BABA LADE.

 

Tout refus de votre part confirmera la thèse des exactions, viols, et crimes de guerre perpétrés par les forces armées tchadiennes et centrafricaines sur les populations civiles et peules du Centrafrique.

 

Haute et sincère considération.

 

 

Ampliation : Large diffusion.

 

Le Président du MDREC 

 

Démocrate Joseph BENDOUNGA

 

 

Note de Juliette:

 

Ce conflit qui dure depuis plusieurs semaines, a déjà provoqué plusieurs dizaines de déplacés internes, ainsi que d'innombrables morts, blessés, et arrestations arbitraires sur la base de la religion notamment. Bozizé barre le chemin de cette région aux organisations internationales normalement chargées de témoigner et de parer aux souffrances des populations locales.

 

Ces déplacés se rajoutent au plus d'un million de déplacés internes centrafricains qui vivent dans la brousse depuis 2 à 3 ans, traqués entre les exactions de l'armée nationale centrafricaine, et les rebelles cherchant soutien et nourriture. Nous sommes donc face à un drame humain d'une ampleur qui ne dit pas son nom, et qui concerne bientôt la moitié de la population centrafricaine totale.

 

François Bozizé, "librement et démocratiquement élu" en janvier 2011, cautionné par l'Occident qui le tolère malgré tous les détournements de fonds et d'aide humanitaire, ainsi que les crimes contre l'humanité qu'il accompli au quotidien dans l'impunité la plus totale, au nez et à la barbe de la communauté internationalae entière, se décrète aujourd'hui l'ennemi no 1 du peuple centrafricain. 

 

L'opinion publique africaine tout d'abord, doit être alertée de cette situation devant plus intolérable de jour en jour. 

 

Les présidents Bozizé et Déby se fichent complètement des populations à qui ils doivent en vérité des comptes. Ces combats visent en réalité tout simplement leur maintien au pouvoir par tous les moyens. Notons également que certaines zones transfrontalières entre le Tchad et le Centrafrique ont été truffées de mines anti-personnel, censé ralentir l'unification des différents groupes rebelles, autant Tchadiens que Centrafricains.

 

Les mines antipersonnel, fabriquées en masse par certains pays occidentaux, donc la Suisse notamment, sont des armes qui ne tuent pas forcément, qui sont profondément invalidantes, et qui, outre les combattants non-étatiques récalcitrants, touchent surtout notamment les enfants qui vont jouer au ballon, ou les femmes qui vont chercher le bois pour faire du feu.

 

Nous sommes donc face à des stratagèmes particulièrement odieux, qui touchent en majorité des civils, et qui sont pratiqués depuis plusieurs semaines par Idriss Deby le Tchadiens notamment, avec la complicité de François Bozizé le Centrafricain. 

 

Le silence assourdissant qui entoure ces diverses exactions, soutenus entre autre par le prétexte de la violation de la souveraineté du territoire national centrafricain par le Tchadien Baba Ladé, ne peut pourtant pas nous faire oublier que la République Centrafricaine est aujourd'hui victime de violations systématiques de son territoire national, par la France tout d'abord, qui se comporte dans le pays comme en pays conquis, par les Américains ensuite, basé à Obo (RCA) depuis peu, qui avec le prétexte de "défendre les populations contre Joseph Kony de la LRA", sont plutôt là pour observer et surveiller le couloir Kivu-Sud Soudan, ainsi que bien évidemment le Tchad de Deby qui utilise la RCA comme sa base arrière. 

 

Le citoyen Centrafricain, appauvri à l'extrême, observant impuissant le trafic des différentes ressources minières lui appartenant dans l'absolu, est la victime no 1 d'une situation où il est devenu de toute évidence complètement superflu. 

 

Ma première pensée va donc à la réflexion que l'on voit si souvent dans les forums, celle sur l'unité africaine, formalisée par ce que certains ont baptisé "les Etat-Unis d'Afrique". Or, pour mener une telle réflexion jusqu'à son terme, il faudrait déjà pouvoir réfléchir sur le degré d'intérêt que les Africains s'accordent aux uns et aux autres. "Who cares" dit-on en anglais, qui peut se traduire par "on s'en fout". C'est ce qui se passe pour encore trop de situations en Afrique. Le citoyen Centrafricain souffre en silence, sous un joug depuis notamment 2005 qui lui interdit même de défiler dans la capitale dans un concert de casseroles, expression familière à Bangui pour manifester son désaccord. La dernière fois, Bozizé a vertement tancé et menacé les casseroleurs s'ils recommençaient. Le peuple se tait donc, de peur de perdre la miette dont elle dispose. 

 

Et toute l'Afrique s'en fout.

Et le monde occidental de toute façon ne connait pas l'existence de la République Centrafricaine. 

 

A bon entendeur. 


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Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genou. - Etienne de La Boétie

Pour triompher, le mal n'a besoin que de l'inaction des de gens de bien- Edmund Burke
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