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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Bonjour à toute l'équipe du journal Marianne.

Jusque-là, j'ai aimé le journal Marianne pour la pertinence de ses analyses et la diversité des sujets qui y sont traités. Quand je passe dans un kiosque, mon premier réflexe est de chercher à savoir où se trouve le journal Marianne.
C'est à force de parcourir tout le temps votre journal, que je suis tombé sur un article déconcertant d'un certain Jean-Dominique Merchet, intitulé "Le monde est-il à sa mesure ?" en parlant de Sarkozy 'Marianne N°744 du 23 au 29 juillet 2011, page 22. C'est avec un pincement au cœur, que j'ai lu les propos suivants : "... Car la France de Sarkozy est une France qui fait la guerre aux pirates Somaliens et aux terroristes du Sahel, aux rebelles Tchadiens comme aux insurgés Afghans , aux partisans de Laurent Gbagbo à Abidjan. Jusque-là, je partage entièrement la remarque de l'auteur. Mais il poursuit : "A raison ? Pour l'instant, aucune catastrophe majeure n'est à signaler et on enregistre même quelques succès comme le coup de pouce donné au président Ivoirien élu, Ouattara, qui a fait oublié le calamiteux discours de Dakar. Ces derniers propos m'ont fait bondir de ma chaise. En quoi, l'intervention française en Côte d'Ivoire peut-elle faire oublier le calamiteux discours de Dakar ? Me suis-je interrogé.  M. Merchet se réjouit-il de la mort de tous ces ivoiriens tombés sous les bombes des soldats français? Si pour lui, l'intervention des forces françaises en Côte d'Ivoire répare en quelque sorte le discours raciste de Dakar, c'est ahurissant voire stupide ! Pour beaucoup de Noirs Africains dont moi même en première ligne, l'intervention de l'armée française en Côte d'Ivoire s'inscrit dans la logique du discours de Dakar. En effet, selon l'esprit de ce discours, l'Homme Noir est un sous homme qu'on peut humilier sans pitié. Jean-Dominique Merchet lui-même, par ses propos contribue à traiter les Noirs Africains de sous-hommes, comme Sarkozy, quand il pense l'intervention des française à Abidjan a fait oublié le calamiteux discours de Dakar. Oui, les Africains doivent toujours se contenter de peu, alors que ce discours nous restera toujours au travers de la gorge et l'intervention française à Abidjan ne vient que renforcer nos ressentiments vis-à-vis de la politique française en Afrique..
 
Cette intervention française en Côte d'ivoire avait-elle vraiment pour but de faire respecter le verdict des urnes ? Si oui, pourquoi la France n'est pas intervenue pour faire respecter le verdict des urnes dans le reste de ses anciennes colonies ? Pourquoi la France n'a pas du tout réagi pendant le cafouillage constitutionnel et juridique qui a fait suite à la mort de Eyadéma au Togo. Cette situation n'a ému personne, pas Marianne. Le Tchad est dirigé d'une main de fer par Idriss Déby depuis de 20 ans, avec des élections qui sont remportées toujours au premier tour par le régime en place, alors que tout le pays sombre dans la misère. Blaise Compaoré, Paul Biya, la famille Bongo, la famille Eyadéma, François Bozizé, tout ce monde gagne-t-il leurs élections en toute transparence ? Sinon, pourquoi la France n'intervient pas avec ses hélicoptères de combat pour imposer la démocratie ? Non, l'intervention française en Côte d'Ivoire était sous-tendue par des motifs inavouées : il s'agissait de renverser un Gbagbo récalcitrant qui a eu le culot de remettre en cause la politique française dans ses anciennes colonies. Ce n'est un secret pour personne : dans les anciennes colonies de France, c'est l'Elysée et non le peuple souverain, qui décide qui doit être président. Tout récalcitrant est débarqué. Avec Sarkozy, on va plus loin : ce sont les hélicoptères de combat qui restaurent désormais la démocratie. La France garde toujours une tradition napoléonienne : conquérir, toujours conquérir, y compris militairement au XXIe siècle. Les forces française stationnées un peu partout sur le continent dans les ex-colonies obéissent à cette logique léguée par Napoléon. Jamais l'armée britannique, ni l'armée portugaise, ni l'armée espagnole, n'interviendrait directement en faveur d'un candidat dans un simple contentieux électoral dans une ex-colonie africaine. Pourquoi seule la France se permet-elle de le faire ? Visiblement, Sarkozy a bien envie de rétablir la Traite des Noirs, comme Napoléon.

Venons-en à la Côte d'Ivoire. Ouattara a-t-il réellement été élu comme l'affirme le journal Marianne ?  Que s'est-il passé en novembre 2010 ? Un simple contentieux électoral. Comme il en existe dans beaucoup de pays au monde. Mêmes les États-Unis en 2000 n'y ont pas échappé. Chacun des deux candidats, Laurent Gbagbo et Allassane Ouattara ont revendiqué tous les deux la victoire. Que doit-on faire dans ce cas ? Que devrait faire la communauté internationale ? En toute logique, on devrait écouter les deux parties. Si Ouattara revendique la victoire, c'est qu'il estime avoir de solides arguments. Si Gbagbo revendique la victoire, c'est qu' il a aussi des arguments à faire valoir. On devrait inviter Gbagbo et Ouattara autour d'une table. A chacun de prouver qu'il a réellement gagné le scrutin sur la base des chiffres dont il dispose. Laurent Gbagbo a proposé la mise en place d'une commission internationale pour venir sur le terrain, constater et vérifier les chiffres. Gbagbo a toujours été ouvert à un dialogue pour une solution pacifique. Pourquoi n'a-t-il jamais été écouté ? Il a toujours été considéré comme un mauvais perdant, pire, un dictateur qui s'accroche au pouvoir. C'est l'image que Sarkozy a voulu lui coller, et toute la presse française, y compris Marianne, a pris le relais en traînant Laurant Gbagbo dans la boue. A la place d'une commission internationale, on a envoyé à Gbagbo une force militaire internationale avec des hélicoptères de combat appartenant à l'armée française. C'est ici que se réside le vrai problème. La contestation des chiffres d'un scrutin ne-fait-il pas partie intégrante du jeu électoral? Pourquoi a-t-on retiré à Gbagbo ce droit fondamental ? Aux Etats-Unis, en 2000, on a passé plusieurs semaines à recompter les voix parce qu'il y avait un litige du même genre. Pourquoi a-t-on refusé une telle procédure à la Côte d'Ivoire ? Il faut rappeler à Jean-Dominique Merchet, qu'il est difficile de dire qui de Gbagbo ou de Ouattara, a gagné les élections de novembre 2010 en Côte d'Ivoire. La raison est très simple : le pays est coupé en deux depuis 2002, avec un nord contrôlé par les rebelles de Ouattara, et un sud contrôlé par les forces loyalistes. Il y avait deux Etats en Côte d'Ivoire. Comment peut-on organiser des élections transparentes dans une telle situation ? Plusieurs incidents ont été signalés au nord pendant le second tour : intimidation, bastonnade des potentiels électeurs de Gbagbo. Dans plusieurs bureaux de vote, Ouattara est voté à 120%, zéro voix pour Gbagbo et pourtant il avait des représentants dans le bureau de vote. Dans plusieurs procès-verbaux, le nombre de votants est supérieur au nombre d'inscrits. Ce sont de telles anomalies qui ont fait l'objet de recours devant le Conseil Constitutionnel qui a estimé que les recours de Gbagbo sont recevables. Sur quel base Jean-Dominique Merchet ose affirmé que Ouattara a été élu ? Pourquoi ne veut-il pas prendre en considération les recours introduits en toute légalité par Gbagbo auprès du Conseil Constitutionnel ? Jusqu'aujourd'hui, le couteau à la gorge, ou la tête sous l'eau, sous une pluie de bombe, Gbagbo reste fidèle à ses idéaux : il refuse de reconnaître la victoire du putschiste Ouattara. L'homme Gbagbo est sûr de lui. Il est sûr que son adversaire n'a pas remporté le scrutin en toute transparence.

Et maintenant que la démocratie est rétablie par la force des armes, on assiste à la justice des vainqueurs. Gbagbo et ses co-détenus ne sont toujours inculpés de rien après quatre mois de détention. C'est ce qu'on appelle détentions arbitraires. Les militants de Gbagbo sont torturés, assassinés. Des villages entièrement détruits. Ouattara n'exerce aucun pouvoir. Le pouvoir est entre les mains des bandes armées (FRCI, Forces Rebelles de Côtes d'Ivoire) qui pillent et qui tuent en toute impunité. Le pays reste toujours coupé en deux, les rebelles ayant du mal à renoncer à leur privilège d'antan. Comme sous le régime des rebelles sous Gbagbo, il faut un laisser-passer payant pour passer au Nord de la Côte d'Ivoire. Les populations ne savent à quel pouvoir se vouer, tant les rackets se multiplient. Est-ce pour un tel Etat de Droit que les forces françaises se sont battues ? La presse française, y compris Marianne, reste silencieuse, laissant le travail aux ONG comme Humans Right Watch et Amnesty International pour nous rendre compte de la situation de l'ère Ouattara. Ces organisations dénoncent tous les jours, les exactions commises par les FRCI. Les populations civiles qu'on prétendait protéger hier en bombardant la résidence de Gbagbo, sont aujourd'hui victimes des exactions des FRCI sous le regard complaisant de Marianne et de toute la la presse française. Le silence de la presse française se comprend : Ouattara est déjà au pouvoir après tout. Les intérêts français sont garantis.  N'est-ce pas, M. Jean-Dominique Merchet ?


BELEMGOTO Macaoura