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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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EHPELE Eugène

        Maitre ès sciences biologiques

                                                                                                                            Diplômé d’études approfondies en Pharmacologie appliquée

 

 

Bonjour mon frère, bonjour ma sœur,

Je suis très comblé de te laisser ces mots. Je désire te les présenter comme conseils même si je n’ai pas fini de me corriger ou conseiller moi-même.

Cher compatriote, dit-on « qui aime bien châtie bien » et « après la pluie vient le beau temps » mes conseils te seront peut-être pas les bienvenus à cause du caractère choquant qu’ils comportent. Mais cela m’importe peu.  « Tous nos actes visent à écarter de nous des souffrances et de peur » a dit Epicure. Je suis obligé de te blesser car je souffre en moi et j’ai peur de demeurer dans cette souffrance toute ma vie. D’abord laisse-moi-t’expliquer ma souffrance et ma peur.

Je souffre du mot « TCHADIEN » adjectif ou nom « tchadien ». Le vocable « t c h a d i e n » est devenu banalement une « injure ». « C’est un(e) tchadien(ne) ! » ou bien « ce sont des tchadiens ! »  Ces petites phrases qui ne semblent rien dire, adressent des messages pour ne pas dire suffisent largement pour dire tout au sujet de(s) pauvre(s) fils du TCHAD. Je ne crée et dramatise rien en fait, si tu as fait les pays comme Guinée, Bénin, Cameroun, Ghana, Sénégal et bien sûr Burkina Faso et si tu es honnête, tu ne me diras pas que des phrases comme « espèce de(s) tchadien(s) », « c’est un  tchadien », « Ndan tchadien », « Ya chadien nga » veulent dire fils du TCHAD plutôt qu’abrouti, soulard, bagarreur, fainéant, coureur de jupon… ? Ça me brule la langue mais je dois te dire que cette/ces courte(s) phrase(s) signifie(nt) également« inconscient qui dilapide ses biens ». N’est-il pas vrai ? Ma réponse à moi est, si ! Triste exemple : j’ai connu au moins quatre tchadiens qui étaient au Burkina Faso, certains y sont à présent. Ils font croire à leurs parents qu’ils étudient et reçoivent régulièrement de l’argent et bien d’autres choses à cet effet. Des années durant, « ces tchadiens », comme on le dit à OUAGA, ont épuisé l’économie de leurs parents. Ces bienveillants parents, dans un esprit d’investissement, mangent 2 jours sur 3 pour subvenir aux besoins d’éducation de leurs enfants. Mais en réalité des enfants qui foutent le bazar et de la merde ! Pauvres papa, maman et oncles vous vous êtes trompés du domaine d’investissement, votre fils ou fille en qui vous avez fondé tout votre espoir, vadrouille, joue à la carte, est très assidu et ponctuel en boîtes et maquis… ! Votre enfant est devenu falsificateur des diplômes ! Je ne t’accuse pas frère ou sœur ! Je te dis simplement ma pire souffrance : ça me dérange, démange, ronge, gratte fort, fait passer de 62 à 57 KG, en fin ça me tue ! Il  y a plein d’exemples  comme de bagarres honteuses tchado-tchadiennes avec des armes, par fois des armes de guerre que je ne peux pas raconter sans m’attrister. Mais je te fais part du moins grotesque, je dis bien moins grotesque : deux hauts cadres tchadiens se sont battus au maquis ! La seule phrase « ce sont des tchadiens » a suffi pour qu’on les laisse se battre copieusement comme des fauves ! De quelle responsabilité témoignons-nous ? Je préfère ne plus continuer avec ces exemples écœurants.

Tchadien mon frère, tchadienne ma sœur, j’ai peur, très peur de :

*      Voir se multiplier des tchadiens qui n’aiment que la facilité ;

*      Ternissement total de l’image du Tchad ;

*      Déclin du TCHAD à cause de l’irresponsabilité de sa jeunesse ;

*      Devenir fou en voyant mon pays tombé progressivement;

*      Vivre un avenir de catastrophe ;

*      Détester le tchadien mon frère à cause de sa conduite ;

*      Etre rejeté en m’opposant à cette médiocrité qui s’érige en règle ;

*      Haïr à tord ceux qui (non tchadiens) parlent en mal des tchadiens ;

*      Avoir honte et renier le « Tchad » et les « tchadiens ».

*      Etc.

Heureusement que je me ressaisi à chaque fois que ces peurs et souffrances m’accablent, je me recharge sous « le coup de soleil » comme  un panneau solaire, je ne me démoralise pas. Mais je ne sais à quand pourrai-je tenir?

En attendant, toi qui me lit en ce moment  frère ou sœur,  peut-être que tu viens d’arriver  au Burkina et tu as horreur ou même tu es allergique aux critiques. Cependant, n’ais pas honte et crainte de reconnaitre que les tchadiens (y compris moi) sont très mal vu à cause de leurs comportements arriérés! Je t’encourage vivement à faire la différence par tes qualités, à apprendre les bonnes manières et à te racheter au près de tes hôtes. Je dis et je le répète qu’il y a rien à prendre et espérer de tes compatriotes qui t’entourent et te disent que les études sont difficiles à OUAGA ! Ou pire encore disent qu’on ne peut s’en sortir ici ou là à cause du système « boilo » c'est-à-dire  bûcher sans comprendre ou encore le « par cœur » je suis désolé mais c’est très faux. Retiens une fois pour toute qu’il n’existe pas une étude sans « mémoire ». Et ça ne m’enchanterait jamais si on vient me dire qu’il en existe au TCHAD. Car je ne puis imaginer un instant qu’une étude comme médecine, histoire, droit se fasse sans « mémoire ». Tous ceux qui tiennent de tels propos sont en quête des arguments pour se justifier. Bref c’est un prétexte ! Ils t’inviteront certainement au Maquis/Bar, tu constateras toi-même leurs talents et expertises… Je souhaite quand-même me tromper en disant cela. Je ne dis pas de ne pas se donner de plaisir, loin de là. Mais se régaler occasionnellement est différent d’investir en temps et moyen au maquis ! Triste réalité !

Te rappelles-tu de ce chant « dans la vie tout est possible mais rien n’est facile, pour réussir il faut persévérer » ; n’ais pas peur de rentrer à l’U.O (Université de Ouagadougou), le secret de l’U.O c’est le travail. « N’écoute pas les ont-dis poursuis ton chemin » ; on s’en n’occupe pas ; les conseils trompeurs. « Affronte les obstacles et tu réussiras » évite les facilités… tu connais la suite. Il faut se concentrer pour bosser et de manière intense, avec un programme préétabli sinon bosser à tout moment et sans forcer lorsque tu es fatigué. Persévérer ne veut pas dire exactement forcer mais plutôt poursuivre sans se décourager ou  si tu veux ; sans se laisser décourager par l’annonce de mauvaises notes !

Evite les facilités, vulgarités, banalités, surtout aisances ou le grand confort. Les bonnes études se font dans un contentement, un environnement modeste et calme. Je te laisse imaginer le résultat d’un étudiant en mathématique qui  fini sa classe à 21H. Après avoir bien mangé et bu de l’eau  et yaourt frais, commence à traiter à 23H ses exos de maths étant couché sur son beau matelas garni des beaux oreillers sous un brasseur ! A travers cet exemple je t’apprends simplement à éviter de te créer des occasions pour baisser les bras comme cet étudiant qui a créé des conditions favorables au sommeil.

Alors  cher(e) frère ou sœur, tchadien(ne) ou non, trop long on coupe. J’entends par ces lignes te rendre service. Ainsi sois informé si tu étais ignorant, prévenu si tu pensais imiter les autres, guidé si on t’a dissuadé, galvanisé si tu étais hésitant, offensé si tu t’estimais irrépréhensible et inattaquable.  Ça sera trop dit si tu m’appelles « donneur de leçon ». Je n’ai pas cette prétention. Je ne m’adresse qu’à la diaspora tchadienne conscientisable sans indexer ni viser personne. Et ce message est à prendre comme constat d’un comportement extravagant qui, à mon avis, pourrait entrainer un échec aussi individuel que national. Je ne dois pas rester indifférent car étant tchadien de naissance et d’origine ça m’oppresse et m’abat.

Je t’encourage dans tes activités, que le bon Dieu t’accorde la santé et le succès. Si mes mots te disent quelque chose ne manque pas de me le faire savoir à l’adresse : ehpeledelidaba98@yahoo.fr  Vive la diaspora tchadienne pour que vive un TCHAD prospère !

Ouagadougou, 29 oct. 11