Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

Géo-localisation

Publié par Mak

Lettre de Mohamed Tandjagora à El Hadj Hamidou Diallo, secrétaire général du BRDS, coordonnateur des partis non alignés

SEPI JOTNA

 

Mon cher El Hadj Hamidou Diallo,



C’est du fond de ma prison que je t’écris cette lettre en te demandant de bien vouloir la faire publier au monde.

 


 
« Boli Bana » (la fuite est finie) pour moi. J’aurai du t’écouter.


J’ai été le président le mieux élu d’Afrique. Dès ma prise de pouvoir, j’ai oublié ceux grâce à qui j’ai accédé aux instances suprêmes et suis devenu «  la constante », l’égal de DIEU lui-même sur terre et dans les cieux. Oui, c’est moi qui faisais et défaisais les carrières, décidais de la vie de millions d’individus, bastonnais qui je voulais, emprisonnais qui je voulais, honorais qui je voulais. DIEU lui-même comme je te le dis, ne pouvait mieux faire que moi. Le pouvoir exécutif, c’était moi. Le pouvoir judiciaire, c’était encore moi. Le pouvoir législatif, c’était toujours moi. Toutes les autres institutions ne vivaient que parce que MOI, je le permettais. L’administration n’avait de sens que parce que je le permettais. L’armée et tous les autres corps paramilitaires dépendaient de moi. J’avais créé une multitude d’agences directement reliées à mon cabinet J’avais l’argent, l’armée et la richesse. Vois-tu donc, j’étais certain que je ne pouvais perdre le pouvoir. Pour prouver au monde entier que c’était réellement moi DIEU le père dans mon pays, j’avais dressé une immense statue à mon effigie pour que les générations futures viennent se prosterner à ses pieds. Autour de moi, j’avais des amis des vingt cinquième heures qui me mentaient vingt quatre heures sur vingt cinq et c’est pour cela que je n’ai pas pu voir venir. C’est  à cause d’eux que je suis devenu sourd et aveugle aux appels de mon peuple. Ces transhumants professionnels, menteurs et voleurs, tricheurs corrompus et corrupteurs sont aujourd’hui, les premiers à demander ma mise à mort. Ces hyènes qui ont détruit mon prédécesseur, qui m’ont détruit ensuite, sont sans état d’âme, aux pieds du nouveau dirigeant auquel ils affirment qu’ils ne faisaient qu’obéir aux ordres. Mon épouse, mes enfants et mes véritables amis sont en prison, leurs biens saccagés par une population manipulée qui crie vengeance et la restauration de la constitution que j’ai longtemps tripatouillée pour l’ajuster à mes désirs. Elle crie «  élections libres et transparentes » car, j’ai toujours ordonné à mon ministre de l’intérieur de favoriser mon parti auquel lui-même d’ailleurs était membre. Même le président de la Commission électorale que j’ai nommé et enrichi est aujourd’hui contre moi. 35000 militants à qui je donnais riz, huile et emplois, sont contre moi. Les 67 leaders des partis de la mouvance présidentielle, sont contre moi. Je t’assure, tous les transhumants, bœufs ladres regroupés au sein de l’AST (association des spécialistes de la transhumance) qui criaient et juraient «  le parti pour toujours », sont contre moi.


Comme vous le dites vous les sénégalais, «  Ndekettéé yooooo, DIEU ne dort pas ».


Je me rends compte que Lui Seul est Constante. Je ne suis qu’une petite variable, grenouille ayant voulue être plus grosse qu’une vache. La comédie est terminée. Je perds pouvoir et honneur. Je sais désormais que je n’étais pas indispensable et que la Nation éternelle vivra avec moi dans une petite parenthèse qui n’aurait jamais due être ouverte. A cause de moi, les vrais démocrates sont amenés à préférer un régime militaire dictatorial par essence à mon régime démocratique par comédie.

 


Si on me donne une dernière chance, je promets d’œuvrer pour une réconciliation nationale, une bonne gouvernance, une démocratie réelle, des élections libres,
transparentes et sincères.


Si tu passes à Ouagadougou, dis à Moise que la CPI est à ses trousses. Transmets mon malheureux exemple à tous ceux qui poussent et repoussent les élections pour s’éterniser au pouvoir.

 


Pour finir, je voudrais te demander un dernier service : quels sont les pays africains dirigés par un militaire sauvage et ceux qui le sont par un militaire « civilisé » ?

 

Je te signale tout de même, qu’»un militaire, qu’il soit sauvage ou civilisé est en fait un mille tueur. Il ne pourra jamais instaurer une démocratie par la force des baïonnettes.



Mohamed tandjagora