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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

allamine Bourma

Main basse sur le fonds élevage

Une mission de contrôle, effectuée par le ministère du Contrôle Générale d’Etat et de la Moralisation, a révélé au ministère de l’Elevage une malversation du Fonds élevage. Quelques responsables ont été arrêtés suite à la restitution fin juin dernier du rapport d’enquête.

L’enquête menée par le ministère du Contrôle général d’Etat et de la Moralisation a relevé un détournement de 277 millions de Fcfa du Fonds élevage. A la restitution de ce rapport, le responsable de ce service et d’autres personnes impliquées du ministère des Finances, ainsi qu’un membre de la mission de contrôle accusé de corruption, ont été arrêtés par la police et déférés à la maison d’arrêt de N’Djaména.

L’ancien inspecteur général du ministère, actuellement responsable d’un service du département, lui, a été suspendu de ses fonctions. Des anciens ministres d’Elevage sont également impliqués. Adoum Diar accusé d’avoir détourné en tout 11 millions de Fcfa aurait remboursé sur le champ cette somme pour échapper à l’arrestation lorsque des agents de la police ont débarqué. Celui-ci a trouvé humiliant que la police le prenne à domicile devant sa famille pour une question de vol. son prédécesseur, Mahamat Abdoulaye, actuel ministre délégué auprès du premier ministre, chargé de la Decentralisation et malheureux candidat à la dernière élection présidentielle, aurait puisé dans le Fonds élevage 22 millions de Fcfa. L’actuel, Mahamat allamine Bourma Tréyé, aurait fait pire que tout le monde. La mission de contrôle aurait décelé des dépenses énormes à justifier sous la gestion de Mahamat Allamine.

Beaucoup de prêts, de 5.000 à 50.000 Fcfa, accordés par ailleurs à des agents du ministère, ne sont pas recouvrés. Un délai de trois mois leur est accordé pour éponger leurs dettes.

Beaucoup de responsables, au niveau du département de l’Elevage, craignent leur sort : lors de son procès attendu probablement à la fin de la grève de l’UST, le responsable du Fonds élevage ne manquera pas de faire des déballages qui mettraient en cause d’autres personnes.

Le Fonds élevage, institué en 1988 « pour soutenir les coûts non salariaux des actions de développement de l’élevage », est alimenté par les redevances sur les consultations et traitements cliniques et sur les vaccinations. A sa création, l’on voyait en ce fonds un mécanisme devant permettre au Tchad de financer tout seul ses projets d’élevage après le retrait de la Banque mondiale qui finançait le Projet national d’élevage (Pne). Mais ce fonds, crédité à hauteur de 500 millions fcfa à la fin du Pne, est devenu depuis lors une caisse noire des ministres d’élevage sous le régime Mps, nous l’avons dénoncé il y a un an (NDJH n°777 du 20 juin 2004). Certains ministres, plus malins, interceptent, sans laisser des traces, les recettes provenant des secteurs d’élevage et destinées au fonds.

Les bailleurs de fonds, notamment la Banque africaine de développement, ont exigé que le fonds soit érigé en un Fonds national d’élevage autonome géré par une direction sous la coupe d’un conseil d’administration, sans quoi ils suspendraient leur financement accordé au Projet d’appui au système pastoral (Pasep). Aux dernières nouvelles, l’on apprend que l’Etat tchadien a décidé de se conformer à la conditionnalité des bailleurs et qu’un projet de loi, relatif à cette érection du fonds en une direction du ministère de l’élevage, vient d’être élaboré par les techniciens dudit département. Mais en attendant son adoption par le gouvernement et l’assemblée nationale, l’on apprend par ailleurs qu’un des bailleurs du Pasep a suspendu ses décaissements et menace d’effectuer sur le terrain une enquête sur la gestion du Projet avant de lever sa suspension.

Hubert Bénadji

 

Main-basse-001.jpg

Encadré : La Biltinisation du ministère de l’Elevage

Avec l’arrivée de Mahamat Allamine Bourma Tréyé au ministère de l’Elevage, un phénomène nouveau prend de l’ampleur et est décrié par les agents dudit ministère. Il s’agit des nominations qui n’obéissent à aucun critère de compétence ni à l’orthodoxie de l’administration. Celui-ci, contrairement à la loi 17 de décembre 2001 portant statut général de la fonction publique, a responsabilisé des agents stagiaires, voire des non fonctionnaires, à la tête d’un bon nombre de délégations régionales et services du département. Alors que la loi 17 dispose qu’il est formellement interdit de faire assumer par un stagiaire des responsabilité afférentes aux fonctions de direction ou de contrôle, Mahamat Allamine Bourma responsabilise ses collaborateurs selon le seul critère qu’ils appartiennent à son ethnie. Ains, plus de 2/3 des responsables actuellement en poste au ministère de l’Elevage sont parents du ministre ou ressortissants de la région de Biltine. On cite parmi les responsables parents du ministre, le directeur de l’Hydraulique et de la sécurisation des systèmes pastoraux, la directrice adjointe de la Promotion des productions et industries animales, le directeur de l’Organisation pastorale et de la formation des éleveurs, le directeur adjoint de la Formation et de la recherche zootechnique, le directeur adjoint des Services vétérinaires, le délégué régional de l’Elevage de N’Djaména, le chef de secteur vétérinaire de N’Djaména et celui du poste vétérinaire de Goudji. Mahamat Allamine n’a pas oublié ses beaux-parents. L’actuel Secrétaire général du ministère est son beau frère, époux de la directrice adjointe de la Promotion des productions et industries animales. Le délégué régional de Mao, un non fonctionnaire n’a pas encore fini sa formation à l’Ecole nationale des agents techniques de l’élevage de N’Djaména. Le directeur du Laboratoire de recherches vétérinaires et zootechniques de Farcha, un service clé du ministère, est un stagiaire. Le nouveau directeur de l’Hydraulique et de la sécurisation des systèmes pastoraux, le grand-frère du ministre, est un agent technique qui a pour adjoint un ingénieur.

HB

N’Djaména Bi-Hebdo n°966 du jeudi 13 au dimanche 16 juillet 2006. P5