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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Une tribu du sud de la Libye se dit victime de génocide et veut faire sécession

 

 

TRIPOLI, Libye - Une tribu libyenne a menacé mercredi de déclarer un État indépendant dans le sud du pays après plusieurs jours d'affrontements sanglants avec des tribus rivales, la deuxième menace de sécession en un mois en Libye.

Les menaces de sécession sont la plus récente preuve des difficultés que traverse la Libye depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi, l'automne dernier. Les troubles se manifestent notamment dans la résurgence des anciennes revendications et des conflits tribaux que l'homme fort de Tripoli avait supprimés.

Des leaders tribaux de l'est de la Libye ont annoncé il y a quelques semaines leur intention de former un État semi-autonome appelé Barqa, qui couvrirait près de la moitié du territoire libyen actuel. L'État aurait son propre Parlement, sa force de police, ses tribunaux et sa capitale à Benghazi, la deuxième ville du pays.

Les responsables de cette initiative ont expliqué leur geste par la négligence dont leur région a été victime sous Kadhafi, et par l'incapacité du gouvernement actuel, le Conseil national de transition (CNT), à améliorer la situation. Des critiques ont souligné que cette déclaration de semi-autonomie risquait de diviser le pays en deux, bien que les leaders de Benghazi aient assuré que ce n'était pas leur intention.

Mercredi, les chefs d'une tribu du sud du pays ont fait écho aux mêmes récriminations et menacé de se séparer du gouvernement central de Tripoli. Le conflit oppose la tribu africaine Tabu à des tribus arabes, notamment la tribu Abu Seif dans la ville de Sabha et la tribu Zaouia à Koufra, près de la frontière avec le Tchad.

Les combats entre les tribus Tabu et Abu Seif ont fait au moins 50 morts en trois jours à Sabha. Les combattants ont tiré à l'arme lourde dans les rues principales de la ville, et le gouvernement de Tripoli n'a pas été en mesure de mettre fin aux violences.

Les leaders de la tribu Tabu ont affirmé qu'ils proclameraient leur propre État pour se protéger de leurs rivaux. Les Tabu, de même que d'autres tribus africaines libyennes, sont les premiers habitants du sud de la Libye. Les Tabu ont été lourdement réprimés sous Kadhafi.

Un chef de la tribu, Eissa Abdul-Maged, a déclaré mercredi que son peuple était victime d'un «génocide» et que le gouvernement de Tripoli ne faisait rien pour l'empêcher.

«Nous sommes massacrés sous le regard du CNT», a-t-il dit lors d'un entretien avec l'Associated Press. Il a affirmé qu'un village de la région de Koufra avait été complètement détruit par le feu et que des avions de combat avaient visé des civils. Selon M. Abdul-Maged, la tribu Abu Seif a utilisé des avions de combat pour attaquer les bases militaires de la tribu Tabu.

«C'est un génocide», a-t-il dit.

Un responsable de la tribu établi à Paris, Jomode Elie Getty, qui détenait un poste au sein du CNT avant de démissionner mardi, a accusé le CNT de prendre parti en faveur des tribus arabes qui attaquent les Tabu. Il a demandé une intervention des Nations unies.

Le mois dernier, des affrontements avaient déjà opposé les tribus Tabu et Zaouia, faisant plusieurs morts et blessés.