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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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Les raisons de soutenir Nguebla Makaïla

Soutenir l’État de Droit et la démocratie à travers Nguebla Makaïla

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Par Abdelaziz RIZIKI MOHAMED 

Docteur d’État en Science politique

Animateur du site www.lemohelien.com

Écrivain comorien, Corbeil-Essonnes, France

 

   Nous sommes des milliers qui, chaque jour, de manière presque rituelle et sacerdotale, nous consultons le blog de notre frère Nguebla Makaïla pour savoir ce qui se passe à travers le monde. Si nous le faisons, c’est parce que nous connaissons et apprécions le travail de qualité que fait «Mak». Nous ne nous contentons pas de lire ses articles; nous donnons aussi nos impressions. Certains le font de manière mesurée, pendant que d’autres usent de l’intolérance. Or, si nous avons fait entrer Nguebla Makaïla dans tous nos foyers via Internet et lui avons réservé le plus bel accueil et le plus cossu des fauteuils de nos salons respectifs, c’est parce que notre frère nous apporte une fraîcheur quotidiennement renouvelée, par l’information qu’il s’évertue à mettre à notre portée, dans nos bibliothèques, salons et bureaux. En même temps, la plume de notre frère Nguebla Makaïla apporte beaucoup à l’Afrique, par sa défense des deux vertus cardinales que sont le primat de la Loi et son corollaire, l’État de Droit, ainsi que la démocratie.

 

   Mais, comme c’est souvent le cas en Afrique, ceux qui s’insurgent contre l’injustice sont très mal récompensés. De ce fait, Nguebla Makaïla se trouve poursuivi par un intarissable cri de haine sortant de la gorge des plus hautes autorités tchadiennes. Si ce cri de haine était poussé parce que Nguebla Makaïla était un criminel, personnellement, je me serais tu, laissant mon frère rendre dûment compte à la Justice. Mais, Nguebla Makaïla n’est pas un criminel et n’a commis aucun excès, si ce n’est un excès d’humanité, lui qui voudrait voir, du jour au lendemain, l’Afrique se démocratiser, le monde devenir meilleur.

 

   Nguebla Makaïla, certains le savent, était étudiant en Tunisie. Il a fait de brillantes études supérieures en Administration commerciale et en Marketing à l’Institut Tuniso-canadien de Gammarth, un Institut relevant du ministère de l’enseignement Professionnel et technologique de Tunisie. Mais, aux yeux fermés par la haine et la vindicte des autorités tchadiennes, Nguebla Makaïla a commis l’horreur suprême en militant pour les aspirations légitimes des Tchadiens et d’autres Africains en faveur de l’État de Droit et de la démocratie. Elles ne tardèrent pas à demander à la Tunisie du dictateur Zine El Abidine Ben Ali d’expulser notre frère Nguebla Makaïla vers le Sénégal. C’était en 2005…

 

   Le Sénégal est présenté sous les signe de «La Teranga sénégalaise, un trésor culturel», un pays «accueillant, chaleureux et hospitalier», le «Finistère de l’Afrique où partout l’étranger est reçu avec tous les égards, le Sénégal a su conserver intactes, malgré la conjoncture économique difficile et les changements importants dans une société en crise, les valeurs d’hospitalité – la légendaire téranga sénégalaise – dont le ferment est l’attachement à la religion (Islam et Catholicisme) dans un esprit de tolérance». Si de la part de la population et de la «société civile» du Sénégal, Nguebla Makaïla n’a aucune raison de douter de cette «Téranga» qui honore tant le Sénégal, il s’attendait à bénéficier de celle des autorités. Car, depuis 2005, début de son exil forcé au Sénégal, Nguebla Makaïla a frappé aux portes de toutes les administrations sénégalaises qui décident, la Présidence de la République en tête. Ses larmes n’ont pas été vues, ses cris du cœur et ses plaintes n’ont pas été entendus. On le renvoie d’une administration à une autre, et aucune solution ne semble être en vue. Du régime politique d’Abdoulaye Wade à celui de Maky Sall, les voies menant aux cœurs des autorités sénégalaises sont obstruées par l’embolie du manque d’humanité.

 

   Raison d’État? Comment le croire alors que l’ancien dictateur Hissène Habré, chassé du pouvoir par l’actuel Président Idriss Deby Itno, coule des décennies heureuses à Dakar, sous la protection des autorités sénégalaises? Alors que l’Afrique Noire dans son ensemble était engluée dans le marécage du monolithisme politique, le Sénégal avait sauvé l’honneur du continent en devenant sa «vitrine démocratique». Mais, au vu du refus du Sénégal d’examiner la grave injustice faite à Nguebla Makaïla, cette vitrine a volé en éclats et les éclats en question défigurent le visage de cette honorable «Téranga», aujourd’hui mise à mal, piétinée, saccagée et violée, une «Téranga» qui est éloignée de la réalité culturelle du Sénégal, un pays qui nous a fait rêver depuis notre tendre enfance, à l’école primaire, dans les années 1960, aux Comores et ailleurs, grâce à l’image que les Birago Diop, Sembène Ousmane, Abdoulaye Sadji, Léopold Sédar Senghor et bien d’autres nous ont donné de ce pays magnifique et magnifié. Ah! Les Contes d’Amadou Koumba, avec leur profondeur mythique et mystique! Doux Sénégal, aujourd’hui en panne d’hospitalité…

 

   Comme le Tchad refuse de renouveler son passeport, notre frère Nguebla Makaïla se trouve dépouillé de son humanité, cette humanité qui veut que la naissance est consacrée par un «papier» administratif appelé extrait de naissance, la vie par une carte d’identité et un passeport, la mort par un acte de décès. Le Tchad a retiré à notre frère Makaïla son humanité car, faute d’un passeport en cours de validité, il ne peut ni voyager, ni travailler, ni se rendre à l’hôpital quand il est malade. Un statut de sous-homme lui aurait suffi, mais même celui-ci, il ne l’a pas. Juridiquement, il n’est personne et n’existe même pas.

 

   Notre frère Nguebla Makaïla a tenté toutes les démarches auprès des autorités sénégalaises, et celles-ci ne lui accordent aucun «papier», aucun statut juridique. Comme s’il n’existait pas. Malgré ses grands espoirs dans une grande mobilisation internationale en sa faveur, Nguebla Makaïla n’a rien obtenu de Reporters sans Frontières, d’Human Rights Watch et d’Amnesty International. Ces organisations ont des préoccupations sur d’autres pays, et celles-ci ne concernent pas Nguebla Makaïla.

 

   Cela étant, aujourd’hui, nous qui sommes en compagnie de Nguebla Makaïla chaque jour dans l’intimité de nos bureaux, bibliothèques et domiciles, devons répondre à une seule question: allons-nous laisser Nguebla Makaïla seul face au régime politique tchadien? Ne devons-nous pas nous mobiliser pour notre frère? À titre personnel, j’écris les articles les plus virulents sur le régime politique comorien, mais je vais adresser à ce dernier un courrier lui demandant d’intercéder auprès des autorités tchadiennes en faveur de Nguebla Makaïla. Je ne suis pas sûr d’être entendu, mais je vais le faire dès ce mardi 15 janvier 2013. Si nous multiplions les gestes de cette nature, les autorités tchadiennes finiront par entendre raison.

 

   Moi, qui suis l’action politique d’Idriss Deby Itno depuis son accession au pouvoir le 2 décembre 1990, je le sais capable des gestes les plus spectaculaires pour regrouper les hommes et les clans. Tout dans son parcours personnel, aussi bien en tant que personne physique qu’en qualité de chef d’État, le prédispose à un geste spectaculaire qui redonnera à notre frère Nguebla Makaïla dans tous ses droits de citoyen tchadien, devenu citoyen du monde, mais sans un d’amarrage juridique. Je ne désespère pas d’Idriss Deby Itno. Je ne désespère pas de Nguebla Makaïla. Je ne désespère pas du Tchad. Mobilisons-nous.