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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

 

 GADAYE.jpg

Dr Ali Gadaye, ancien ministre.

Il est aujourd'hui opposant au

régime du Tchad

 

Ceux qui tablaient sur l’opposition politique tchadienne pour réaliser l’alternance pacifique, ont vite déchanté au lendemain des élections législatives qui se sont tenues le 13 janvier 2011.

En effet, nous l’avons déjà souligné à la veille de ces élections que la chance de l’opposition politique pour renverser la tendance réside d’abord et avant tout dans son unité. S’engager en ordre dispersé à cette compétition, c’est accepter d’avance une défaite évidente.

Nous l’avons dit que la machine à fraude dont dispose le parti au pouvoir, bien huilée et doublée des moyens de l’Etat mis à sa disposition, ne laissera aucune chance aux partis de l’opposition pris individuellement.

En s’engageant la tête baissée et séparément les partis de l’opposition ont pris la lourde responsabilité historique de cautionner une pseudo légitimité arrachée grâce à des moyens non catholiques par le pouvoir MPS.

Les observateurs européens censés dissuader contre les manœuvres de fraudes et de manipulation des agents à la solde du pouvoir ont, peut être sous la consigne de leur chef, le député européen M. Louis Michel, porté des oeillères pour ne constater que ce qui plait au pouvoir. Sinon comment peut-on justifier que ces derniers n’ont pu relever des flagrantes anomalies genre, gagner avec des scores fantaisistes qui grimpent jusqu'à 101 ou 102% et décident de donner quitus à ce scrutin du 13 février 2011 ? Cette attitude des observateurs européens est, au moins que l’on puisse dire suspecte. Nous osons croire que ce n’est pas l’effet anesthésiant du petro dollar qui a provoqué la contre performance de ces derniers.

Face à ce nouveau désenchantement, les tchadiens sont-ils condamnés à la résignation ?

La réponse est bien sur que non. « Les hommes naissent libres et égaux ». Ils doivent le demeurer grâce à leur courage et à leur détermination. A cet effet, les tchadiens ne sauront admettre que l’on leur impose une société de castes.

Rappelons que la configuration suivante reflète la société tchadienne actuelle.

Un clan prend en otage le pays et son peuple. Il lui impose une stratification. A la tête de ce clan se trouve Deby. Les membres de ce clan, grâce au contrôle qu’ils exercent sur les institutions de l’Etat revêtent le statut des intouchables au sens noble du terme. Ils se placent au dessus de la loi. Désormais, tout est conçu pour consacrer cette mentalité et la faire avaler de gré ou de force aux autres tchadiens qui doivent se contenter d’un statut des marginaux.

Pour mieux accentuer cette situation, l’armée, les forces de sécurité (gendarmerie, garde nationale et nomade ainsi que la police nationale) et toutes les ressources financières de l’Etat sont contrôlées par le clan au pouvoir. Pour s’en convaincre, il suffit de procéder à un petit jeu de vérification. Vous allez constater que presque tous les officiers supérieurs sont issus de ce clan et ce sont ces derniers qui assurent le commandement des unités d’élite.

Par ailleurs, il est également facile de constater que toutes les régies financières publiques sont placées sous le contrôle des jeunes diplômés du clan ne disposant d’aucune expérience. Les rares exceptions peuvent échoir à des courtisans qui affichent avec zèle fidélité au pouvoir. Le reste des tchadiens doivent se tenir en marge et observer, sauf quelques rares opportunistes qui tentent de faire bouger les lignes grâce au bon vouloir du locataire du Palais rose. Ceux-la sont censés atténuer l’ampleur de l’hégémonie du clan.

C’est dans ce contexte que les pseudo élections législatives viennent d’être organisées par le pouvoir. Les résultats du 1er tour accréditent le MPS de 133 sièges sur 180. Le 2e tour fera le reste.

La machine à fraude a bien marché. Elle est allée même au-delà des attentes de ses utilisateurs.

En effet, les membres de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) dans un élan empreint d’euphorie et de mieux servir ceux à qui, ils doivent le privilège d’être membres de cet organe, ont banni de leur vocabulaire le terme sérieux ; sinon comment peut-on imaginer que la CENI ose-t-elle publier des résultats corroborant les succès des candidats du MPS avec des pourcentages qui vont jusqu'à 101 et 102% ?

Nous l’avons mentionné plus haut, que ces flagrantes anomalies n’ont pas été relevées par l’équipe de M. Louis Michel. Dans pareilles circonstances est-ce l’opposition politique pourrait-elle encore attendre quelque chose du 2e tour ?

En tout cas, elle ne peut espérer grande chose. Sa participation a d’ailleurs, permis à Deby de se fabriquer une pseudo légitimité en manipulant grâce à ses agents les suffrages.

L’espoir de voir une alternance politique s’est évaporé. L’issue du scrutin, pour tout observateur averti de la vie politique tchadienne, ne fait l’objet d’aucun doute. Il est évident que le rôle assigné par le pouvoir à l’opposition politique ne doit pas viser à inquiéter celui-ci mais plutôt servir de faire valoir.

Malheureusement les leaders politiques ont, pour des raisons dont ils sont seuls détenteurs du secret, accepté de jouer le jeu.

Les tchadiens ont certes, déchantés mais ils n’ont pas perdu espoir. Car, l’objectif de conduire le Tchad vers un Etat de droit qui doit garantir aux tchadiens les exigences qui suivent demeure intact :

 

-         une égalité de chances et une égalité devant la loi ;

-         leur assurer une permanente justice sociale ;

-         rendre effective l’émergence et la promotion des libertés fondamentales ;

-         assurer le respect de droit de l’homme ;

-         obtenir une véritable séparation de pouvoirs assurant à chacune de trois institutions de jouer pleinement son rôle ;

-         obtenir une profonde reforme de l’armée et de services de sécurité qui doit déboucher sur la mise en place d’une armée républicaine transcendant le clivage clanique, tribal, ethnique ou régional. Elle doit assurer le rôle de garant des institutions de la République et défendre la sécurité intérieure et extérieure du pays. Une armée qui ne sera pas à la botte d’un tyran mais à la disposition du peuple.
La reforme des services de sécurité doit permettre quand à elle, l’émergence d’une police nationale au service du peuple. Une police qui rassure et protège les tchadiens et non une police qui les réprime et les terrorise.

 

Ces légitimes aspirations des tchadiens reposent désormais sur les épaules de la jeunesse, de l’élite et de masses des travailleurs tchadiens dans les secteurs public et privé. Car, ce sont ces couches sociales qui mesurent à juste titre le poids de l’injustice qui pèse sur les tchadiens depuis vingt (20) ans. Ce sont eux qui doivent refuser de céder au fatalisme. Ne dit-on pas que :

« Dieu s’est interdit l’injustice et il a prohibé son usage entre fils d’Adam ».

Les tchadiens à l’instar des autres peuples africains qui ont récusé la résignation, la soumission et l’injustice, en relevant la tête, doivent à leur tour, forcer le destin. Rien ne résistera à la volonté et la détermination d’un peuple même s’il ne dispose que de ses mains nues.

Assez de souffrances, assez de répression, assez d’intimidation, assez d’injustice, assez de dilapidation de deniers publics.

Vingt (20) ans c’est trop. Assez d’humiliation, personne n’acceptera plus jamais de laisser continuer cette galère.

 

Fait le 5 Mars 2011

 

Dr. Ali Gaddaye