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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

LES ITNO : La cupidité et la cécité d’une famille

Dire que le Tchad traverse une phase extrêmement difficile de son histoire est une évidence. Tous les indicateurs politiques, socio-économiques sont, en effet, au rouge. Le pays connaît une crise des valeurs sans précédent et tout ceci comme dirait le sage Hambâté Ba, par « manque de lumière » dans l’esprit des dirigeants. Rien ne peut justifier ce  comportement si atypique de ceux qui nous gouvernent : le pillage systématique des ressources du pays, le déni du droit et des structures de l’Etat, le népotisme, la concussion et in fine la délinquance érigée en mode de vie.  Les tchadiens se sont résignés et ont admis cela bon gré, mal gré.
Le système s’est désagrégé à telle enseigne que tout remodelage ou rapiéçage par lui-même est impossible. Comme tout explosif sorti du canon, il doit nécessairement exploser. Deby et les siens cherchent à éviter l’implosion inévitable en pratiquant la politique de l’autruche et une fuite en avant. Mais ils n’imaginent pas les conséquences dangereuses.  En fait aux vrais problèmes, ils proposent de mauvaises solutions !
Imbu d’un égocentrisme schizophrénique, le clan résume le Tchad en 4 pôles : d’abord le centre incarné par Mme et Mr Deby, puis la première zone d’influence constituée par les Deby et le dernier pôle peuplé des Itno et enfin le désert. . . .
Dans ce paysage politique segmenté, il n’y a guère de place pour les Béris ordinaires et moins encore le reste des tchadiens. Cette vision étriquée du pouvoir explique les cachoteries auxquelles se livrent, depuis quelque temps, les différents cercles d’influence pour la conservation du pouvoir afin d’assurer leur survie politique. Comme veut la logique de tout système dictatorial, qui finit par manger ses propres enfants, le système Deby n’a pas dérogé à la règle. En effet, pour la pérennisation du pouvoir, les 3 pôles se sont fondus en deux groupes antagonistes. Désormais à l’abri des mauvais regards et des oreilles indiscrètes et à l’insu total de l’opinion nationale, ils se livrent à des combats souterrains fratricides sans merci, surtout  depuis que Mme la Présidente a gagné des galons auprès de son mari de Président et a commencé à regarder loin !

                        Une famille déchirée et se regardant en chiens de faïence

 Dans la sphère Itnoland, le premier groupe animé par Mme et Mr Deby est minoritaire ; ce groupe pense sérieusement à un transfert du pouvoir de  Mr à Mme. Il compte pour ce faire sur les cadres non Béris et la petite minorité des Itno principalement les enfants de Deby étendue aux parents maternels. Contrairement à ce qui est dit le plus souvent, ses neveux (surtout les enfants de Haiga et de Chénon) sont très circonspects vis-à-vis de leur oncle depuis le limogeage d’Abass et de Sougry Guihini. A cause des pesanteurs sociologiques, ils gardent plutôt un mutisme complice.
Le deuxième groupe tourne autour de Daoussa, Timan et Abderrahim. Idriss Deby a longtemps pratiqué la politique de division dans sa propre famille entre les Deby et les Itno.  Mais sa connivence incestueuse avec son épouse et les agressions gratuites de Salay sur Daoussa et ses grandes sœurs ont fini par souder la grande famille Itno qui, par consensus, propose Sougour Youssouf Mahamat Itno, actuel ambassadeur du Tchad en Arabie Saoudite, comme le prochain locataire du Palais Rose. Après des recoupements et des témoignages concordants, il est permis d’affirmer que  ce groupe a tenté, depuis janvier, au moins deux coups de force. N’ayant sollicité aucune franche collaboration des différentes communautés tchadiennes, mû  par leur arrogance fumeuse, la machination  du groupe ne pouvait qu’échouer.
Face à ce groupe, Deby complètement déboussolé montre des signes de lassitude patente et mesure pour une fois  sa vulnérabilité évidente.  Les gesticulations effrontées d’un Salay  ne suffisent plus pour équilibrer la balance.La menace est partout ; les ennemis réels ou supposés sont dans tous les coins de la Présidence. Chaque jour que Dieu fait apparaissent des ennemis inattendus. Chaque jour, le cercle des inconditionnels se rétrécit et devient épars en même temps.

                        Une communauté complice et aux abois
Cette tragi-comédie se joue dans une seule pièce, sans spectateurs ou du moins comme  dans le « procès » de Kafka, les protagonistes et les spectateurs sont les mêmes !
 Dans un tel contexte, la grande question est : «  que pense la communauté Beri ? ». Cette question a été posée, il y a un mois, par le Professeur Facho Balam à la lecture de l’article sur les ambitions de Hinda. Malheureusement on lui a répondu d’une manière lapidaire qu’il s’agit d’un problème national et donc ne concerne pas en particulier les Beri !  Le professeur a raison et a vu juste. La réponse qui lui a été donnée n’est pas la bonne. Ce n’est pas que le pouvoir appartient aux Beri, c’est pourquoi ils doivent le défendre, mais les Beri constituent malheureusement le principal obstacle contre lequel se bute toute initiative venant d’ailleurs. En d’autres termes, ils sont le fer de lance contre les actions de masse et constituent le bouclier du système. En conséquence, la communauté porte devant l’histoire une grande part de responsabilité – pour ne pas dire qu’elle est l’unique responsable- du maintien de Deby au pouvoir. Après avoir porté Idriss Deby aux prix de mille sacrifices humains et matériels depuis 1979, elle l’a soutenu contre vents et marées  en matant toutes les révoltes populaires, en tripotant toutes les consultations nationales. La communauté Beri a servi de bras séculiers  et a été complice de toutes les œuvres antinationales de Deby et de son système. Maintenant que l’élément Beri ne fait plus parti de la stratégie de pérennisation du pouvoir Deby,  pourquoi cette communauté perpétue-t-elle sa complicité par son mutisme béant ? Elle a beaucoup fait pour Deby tout comme d’ailleurs les autres groupes ethniques mais inversement qu’a fait Deby pour cette communauté ?

Tout chef d’Etat, en Afrique, est d’abord le fils de son village. Afin d’éviter un émiettement de la société Béri en faveur des siens, le Président devait avant toute chose discipliner sa communauté, créer des structures socio-économiques et administratives pour maintenir et retenir une population nomade  connue pour son agressivité envers les autochtones des  zones de nomadisme, mettre l’accent sur les structures sanitaire, scolaire dans une région où elles n’ont jamais existé.

Mais la nature n’a pas doté Deby de telles pensées et initiatives louables. Au contraire la première action de Deby a consisté à armer ses parents et à les lâcher sur la population civile sans défense comme on lâche les chiens sur les gibiers, à la clé le pillage, le vol, les tueries, les fraudes et le faux. En vingt ans de pouvoir, la communauté Beri est devenue un monstre pestiféré où on ne trouve que des voleurs, des tueurs, des grands coupeurs de route transfrontaliers, des fraudeurs à grande échelle, des princes sans ossature et sans royaume, des riches sans capital, bref une communauté crainte , haïe et impunie  mise au ban de la société tchadienne. Pour preuve, les autres communautés ne donnent leurs filles en mariage aux Béri  que contraints et forcés, et ne louent leurs maisons que pour les mêmes raisons.C’est une attitude spécifique que réservent presque toutes les autres communautés aux Béri à cause de leur comportement asocial  consistant à vouloir imposer et transposer leurs us et coutumes dans les milieux où ils s’installent.
Ce refus du bon sens a engendré des phénomènes à sa mesure : le sacrifice de tout un pan de la société, à savoir la jeunesse, sur l’autel de la délinquance. En effet le système a favorisé l’émergence d’une classe de jeunes sans pudeur et sans retenue, incommensurablement boulimique, partisans du moindre effort et du gain facile sur tous les plans - intellectuels comme affaires.  Cette classe, munie de faux diplômes, sévit dans toutes les activités lucratives,  au sein des services publics comme privés. Arrogants et hautains, ces jeunes piétinent les procédures administratives en matière de passation de service, utilisent la concussion comme arme fatale pour s’arroger tous les marchés publics. Par ces méthodes, des bambins de 20 ans ont amassé des fortunes colossales, pendant que d’autres de la même espèce se retrouvent hissés aux sommités de l’Etat ou dans les entreprises parapubliques. Ainsi la connaissance et le savoir sombrent dans les ténèbres de la médiocrité. La quasi-totalité des jeunes des autres communautés cherche par tous les moyens à s’identifier à cette classe et se pose, à juste titre d’ailleurs la question à quoi sert de perdre 10 à 20 ans de sa vie à étudier si on peut satisfaire facilement ses ambitions par d’autres moyens ? Il est de notoriété publique que Deby n’aime ni les cadres moins encore les études. Il a donc poussé sciemment tous les jeunes de sa région vers la débauche et le gain facile. Une fois qu’il les a éduqués, guidés et endoctrinés dans ces carcans sans issue, Deby si cynique qu’il est, a commencé à scier les branches de l’arbre sur lesquelles il a fait asseoir ces jeunes. Avant même la mise en place de sa fameuse commission contre l’enrichissement illicite, Deby a déjà mis en faillite plusieurs sociétés des Béri en utilisant des méthodes perverses qui ont fait leur preuve contre tous les grands commerçants de l’ère ante Deby. Comme il a horreur qu’un des siens réussisse par sa propre capacité, alors il procède à une systématique destruction de tout ce qui a été constitué avant et/ou sans lui. C’est ainsi que des gros commerçants depuis l’époque de la 1èrerépublique ont complètement disparu de la scène des affaires au profit de sa génération préfabriquée, celle-là même qui subit actuellement les foudres et les turpitudes du dictateur. Voilà comment Deby a perverti sa communauté sur le plan social!
                        Des structures socio-économiques, sanitaire, scolaires inexistantes

Deby a fait encore pire que sur le plan socio-économique. Tout le monde sait qu’un pays se développe avec des cadres administratifs et des techniciens. Or que trouve-t-on dans les deux régions (le  B.E.T et le Wadi Fira) considérées être des fiefs par excellence de Deby, ou encore singulièrement  dans ce qui est convenu d’appeler le Béribé ?  C’est la désolation totale. Tous les responsables de l’administration sont tous analphabètes, tenez-vous bien y compris le délégué de l’éducation nationale à Bahai qui est maintenant transféré à Amdjarass ! Comprenez par responsables les gouverneurs, les préfets, les sous-préfets, les douaniers, les eaux et forêts, les brigades, la police…….! Dans ces conditions, comment imaginez-vous le développement socio-économique d’une région, qui n’a jamais été favorisée par la nature et de surcroît  meurtrie par tant d’années de guerre ? Ceci expliquant cela, aucune nouvelle école, aucun centre médical, aucune infrastructure routière, aucun marché, rien absolument rien ne sont créés dans sa région natale. Et pourtant cette région contiguë au Soudan et à la Libye où le commerce caravanier a été séculaire, pourrait connaître un développement économique pourvu qu’il y ait le minimum de structures qui y répondent.
Dans son égoïsme viscéral, Deby a érigé Amdjaress en département et y a construit des bâtiments administratifs et des habitations pour ses parents. Mais personne n’y habite hormis quelques fonctionnaires oisifs. Ses propres parents boycottent Amdjaress comme ils avaient boycotté Bahaï aux temps de splendeur de Timan.  Tout simplement parce que Amdjaress n’a jamais été un village dans le Dar Bilia.  C’est un cul de sac où pâturent les chevaux et les chameaux de charge du chef de Canton Adam Jerbo. Après son retour de l’exil, le vieux Deby qui n’était pas toujours en odeur de sainteté avec beaucoup de ses frères, s’était isolé sur ces crêtes. Les mesquineries et les bassesses dont est naturellement animé Idriss Deby font qu’il ne peut pas construire une entité administrative moderne à Bordaba qui a été toujours le district militaire connu ou pourquoi pas à Birdouani qui a été le centre commercial relié à « Taysser » (Koufra) avant la colonisation ? Les villages ancestraux dans le Dar Bilia sont connus : Bao , Ségouya, Bordaba ,Birdouani, Kaoura, Ito et Monou.

Après 22 ans de règne, les Beri viennent de se rendre compte que le pouvoir qu’ils croyaient être le leur a glissé entre leurs doigts pour être d’abord la propriété des Itno, ensuite il a évolué pour être celui des Deby et enfin finir dans les pagnes de Hinda et compagnie ! Que leur reste-t-il ? Si le conscient collectif pense que les Beri ont tout gagné durant le règne de Deby, il faut avouer qu’ils ont au contraire tout perdu : l’honneur et la dignité dans les méandres des vols et pillages accompagnés de tueries; le savoir et la connaissance sur l’autel du faussaire et du gain facile ; la richesse enfariné par la fraude et le vol !!!

Que faire, question lancinante d’un penseur du siècle dernier ? Ceux qui ont eu la chance d’être des bergers (oui c’en est une !) connaissent ce proverbe même dans leur sommeil : « si le chameau vous donne un coup de pattes, mettez-vous de côté pour ne pas en recevoir un deuxième, un troisième .. qui seront fatals pour vous. ». La conscience collective n’oublie jamais mais elle pardonne.  C’est pourquoi la communauté Beri, au lieu de persister dans sa fuite en avant, en croyant attraper les chimères révolus d’un système à l’aube de son éclipse, doit se ressaisir et faire face à la réalité en soutenant la lutte nationale que mène le peuple tchadien dans toutes ses formes. C’est la seule attitude qui lui permettra d’éviter d’être le paria de l’histoire et de toute la communauté tchadienne.
Issaka Bouyébri Djérou