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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

 

N'DJAMENA (Xinhua) - Vingt-et-un mois après son lancement au Tchad, la Campagne de Réduction de la Mortalité Maternelle en Afrique (CARMMA) peine à avancer, selon son ambassadrice itinérant, Mme Achta Toné Gossingar. Et les indicateurs de la mortalité maternelle sont toujours inquiétants. "Les chiffres qui nous sont communiqués à ce jour sont effrayants", s'alarme l'ambassadrice de la CARMMA.

 

L'enquête conjointe de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) , de la Banque mondiale, de l'UNICEF et du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) sur "les tendances sur la mortalité maternelle dans le monde", a révélé 1.200 décès au Tchad, classé deuxième pays au monde où les femmes meurent le plus en donnant vie. "Nous sommes juste derrière l'Afghanistan (avec 1.400 décès, NDLR). C'est étonnant et inadmissible lorsqu'on sait que notre pays a beaucoup de potentialités", déplore Mme Achta Toné Gossingar lors d'une interview avec Xinhua.

En 1996, la première étude a révélé 827 cas de décès maternels pour 100.000 naissances vivantes. Huit ans après, une autre étude a montré que le taux de mortalité va crescendo: 1.099 cas.

Au lancement de la CARMMA en 2009, de grands engagements ont été pris. Le gouvernement a élaboré la Feuille nationale de route pour l'accélération de la réduction de la mortalité maternelle, néonatale et infantile. Objectif: réduire à 275 le nombre de décès pour 100.000 naissances. En 2010, une table-ronde organisée à N'Djaména a permis de mobiliser 86 milliards francs CFA pour réduire le fléau.

Première sage-femme du Tchad, Mme Achta Toné Gossingar a été nommée ambassadrice itinérante de la CARMMA par le président Idriss Déby Itno. Un récent décret l'a faite conseillère du chef de l'Etat sur la question de la mortalité maternelle. Mais même si la Première dame, Hinda Déby Itno, en est la marraine, la CARMMA n'a pas les moyens de sa politique. "Je n'ai pas de moyens nécessaires pour accomplir la mission qui m'est assignée", confie Mme Achta Toné Gossingar.

Aujourd'hui, c'est grâce à l'appui de l'UNFPA qu'elle mène quelques actions.

"Il y a beaucoup d'actions que j'envisage de mener, mais financièrement je suis limitée. J'ai le sentiment que les gens injectent beaucoup d'argent dans les actions politiques, et le social est mis en veilleuse", ajoute-t-elle.

Dans la capitale tchadienne, un grand et moderne hôpital de la mère et de l'enfant a été inauguré il y a quelques mois. Très vite, il a été submergé par les consultations obstétricales. A l'image des autres structures sanitaires du pays, il manque cruellement de sages-femmes et autres personnels soignants.

En provinces, la situation est plus inquiétante dans les formations sanitaires. Peu de femmes accouchent dans les dispensaires, très éloignés et les moyens de transport faisant défaut. A ces entraves s'ajoute le statut de la femme rurale.

Moins informée et plus vulnérable que sa consoeur de la ville, la femme rurale n'a pas consultée sur sa propre santé. C'est la famille et les hommes qui décident si elle doit accoucher à la maison ou à l'hôpital, subir une césarienne, etc.

Du 22 septembre dernier jusqu'au 15 décembre prochain, l'ambassadrice de la CARMMA rencontre les délégués et chefs d'arrondissements, les chefs de carrés et quartiers, les chefs de races et les responsables religieux de la capitale.

"Nous partons à leur rencontre pour leur faire comprendre que le problème de la santé de la mère et de l'enfant est la priorité des priorités. Cette stratégie de communication a pour fin de faire comprendre aux gens qu'ils sont impliqués dans cette lutte en tant que responsables, dirigeants, époux, pères, frères, etc.", explique-t-elle.