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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

 

GADAYE.jpgDr Ali Gadaye, ancien ministre.

 

Dans la plupart des pays africains, surtout francophones, la démocratie initiée depuis le fameux discours de la Baule avance. Il est vrai que la cadence diffère d’un pays à un autre. Dans certains pays le rodage est déjà fait ; c’est le cas du Mali où le pays est arrivé à instaurer l’alternance pacifique. Dans d’autres on progresse lentement mais sûrement. Pendant ce temps au Tchad, le régime de Deby qui avait balayé avec la bénédiction de la France, le régime réfractaire de la logique de la Baule de Habré, fait pire que du surplace ; il recule plutôt. En effet, Deby se trouve encouragé par le manque de détermination et de combativité des acteurs politiques tchadiens et aussi la complaisance de la communauté internationale inspirée par la France qui a toujours fermé les yeux sur beaucoup de dérapages qui ont étouffé le processus démocratique qui a fini par être avorté.

L’assassinat de docteur Ibn Oumar Mahamad Saleh, porte-parole de la CPDC (opposition politique au Tchad) et le soutien inconditionnel apporté par la France à Deby face à l’assaut répété de l’opposition armée sont autant d’illustrations de cette attitude française.

Le fameux accord du 13 août 2007 dont l’Union Européenne à travers sa délégation à Ndjamena joue le rôle de facilitateur pour sa conclusion et continue d’ailleurs à jouer ce même rôle pour son application, ne prend en compte en fait que le point de vue de Deby. Ce dernier n’a fait aucune concession majeure qui puisse militer pour un véritable processus démocratique. Il faut rappeler au passage que la détermination d’Ibn Oumar a arraché un vrai accord pouvant permettre l’organisation des élections libres et transparentes avait motivé son assassinat physique par le régime de Deby.

L’assassinat d’Ibn Oumar a déstabilisé l’opposition politique à coup d’intimidation et d’achat de conscience. C’est ainsi que la CPDC a été écartelée et fragilisée. Une partie a été récupérée par le régime et les chefs sont devenus depuis lors des ministres et défenseurs zélés du régime Deby. Pendant que les autres sont tenus au respect par l’intimidation mais aussi par la précarité de leur situation financière.

Au même moment, la machine à fraude s’est mise en marche. Rien n’est laissé au hasard. Un découpage administratif fantaisiste favorisant sans le moindre doute les tenants du pouvoir, des corruptions à travers de pseudo réalisations ou de dons du Président ‘‘bien aimé’’ destinés à des circonscriptions réputées moins sûres, la commission de recensement et celle des élections sont bien dosées et leur loyauté au régime ne fait aucun doute etc…

Par ailleurs, le parti au pouvoir (MPS), ses tentacules (bureau blanc et autres) ainsi que ses satellites s’agitent avec beaucoup de zèles pour s’occuper des basses besognes.

S’il l’on ajoute à ce bazar la coupe réglée du conseil constitutionnel qui s’occupe des élections législatives et présidentielles et la cour suprême qui supervise les élections locales, on est en droit de se demander s’il y a lieu dans des conditions pareilles de s’illusionner d’une organisation des élections libres et transparentes ?

La réponse est bien entendu sans équivoque. Le peuple tchadien malgré les cinquante (50) ans d’indépendance nominale de son pays, n’est pas encore au bout de ses peines. Ses libertés et droits fondamentaux sont confisqués par un régime qui ne dispose d’aucune légitimité et qui se maintient par l’intimidation, la corruption et la terreur.

Peuple tchadien tu ne manque pas de courage ; puise encore un peu dans tes ressources pour faire sauter le verrou et te voila libre et la tête haute. Sinon tu encoure le risque de voir Deby proclamer un royaume et ce serait la pire des catastrophes qui guète le pays. Touchons le bois.

 

Fait le 01/10/2010

 

Dr. Ali Gaddaye Adoukhour