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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

ISSA MHT

2ème Partie : La modernisation des institutions économiques

 

Dans notre 1ère partie nous avons abordé la question des différentes étapes du développement nécessitant  une conduite exemplaire en trois (3) phases.  La 3ème et dernière phase était le secteur tertiaire, qui est celui des services. Un pays moderne, c’est d’abord des institutions économiques modernes et un service public qui répond aux exigences de la modernité et du développement économique. Au Tchad, la défaillance des institutions économiques n’est pas à démontrer. Il ne serait pas saugrenu d’affirmer, sans une étude préalable, que le Tchad se trouve en queue du peloton dans la sous-région. 

Silvio Borner, Frank Bodmer et Markus Kobler, dans l’efficience institutionnelle et ses déterminants(2004) analysaient et faisaient remarquer que les institutions des pays en développement proviennent de deux grandes sources :

La première, c’est la tradition, qui crée des institutions informelles. Elle est souvent  considérée comme un obstacle au développement, parce que ses règles ne reposent pas sur les besoins d’une économie de marché.

La deuxième, est l’Etat, qui engendre des institutions formelles et que l’on considère souvent comme la force motrice de la modernisation. 

 

De ce fait,  en s’attelant au travers plusieurs leviers pour  inciter à la conversion des acteurs du secteur informel au formel, le pays verra une augmentation des ces petites et moyennes entreprises qui sont des sources d’enrichissement pour la population et aussi pour  l’Etat par le biais des cotisations et contributions diverses.

Nous ne revenons pas sur les recherches qui mettent en évidence l’importance des qualités   institutionnelles et développement économique. Puisqu’au Tchad l’inefficacité des institutions est un secret de polichinelle. Cet état de  faiblesse de l’Etat,  résultat des plusieurs facteurs négatifs, est l’un des freins au développement économique du pays.

 

S’agissant des services publics, la poste est l’exemple patent de ce qu’il faut reformer. La partie courrier de cette institution est une catastrophe. A l’heure où les tchadiens se trouvent dans les quatre (4) coins de la planète, la poste ne remplit plus son rôle de service public. Les tchadiens de l’intérieur et de l’extérieur ne font plus confiance à cette institution.

Imaginons un seul instant, si  elle couvre le territoire national, les courriers arrivent à temps, les vols et pertes des courriers et colis sont quasi-inexistants et quand il y en a, les victimes sont remboursées. Ça sera la définition élémentaire  de l’économie monétaire qui explique que la « monnaie  c’est la confiance ». Dans le cas de la poste, la confiance sera une source d’enrichissement. Par la relation positive entre : Confiance, production, encaisse monétaire et création d’emplois.

Ainsi, par la simple volonté d’installer la confiance, on créera des milliers d’emplois. Pas besoin des capitaux extérieurs à l’entreprise pour  y parvenir ; Quitte aux dirigeants de prendre leur responsabilité.

Dans un pays où le chômage est endémique, l’emploi doit être l’une des préoccupations majeures des autorités. C’est pourquoi l’urgence actuelle au Tchad doit être le redressement des institutions du marché du travail.

Les économistes du marché du travail, surtout ceux qui viennent d’obtenir les prix Nobel 2010 à savoir Diamond, Mortensen et Christopher, expliquent les raisons du taux élevé du chômage, dans les pays membres de l’OCDE (organisation pour la coopération et le développement économique) par le fait que les allocations de chômage soient aussi élevées. Car les bénéficiaires ne sont pas incités à rechercher du travail avec une telle allocation proche du salaire minimum. Au vu de cette théorie, on devrait avoir un taux de chômage faible au Tchad, où il n’y a ni allocation, ni aide sociale. Et pourtant ce n’est pas le cas. La raison du chômage au Tchad se trouve dans la carence de ses institutions économiques, particulièrement, celles du marché du travail.

 

Pour ce faire, une vraie reforme du marché du travail avec des moyens conséquents s’impose :

Il faut élargir et mettre l’accent sur les organismes sous-tutelles de la DTESS (direction du travail, de l’emploi et de la sécurité), en créant  une Agence Pour la Création d’Entreprises (APCE si ce n’est déjà fait) cette agence sera le guichet unique qui  aura pour rôle d’amoindrir les tracasseries administratives, qui constituent les principales freins à la modernisation de secteurs informels.

Organiser et Moderniser L’ONAPE (l’office national pour la promotion de l’emploi) :

L’ONAPE,  dont le rôle est de promouvoir l’emploi et élaborer les statistiques du marché du travail, ne couvre pas le territoire national. Les quatre (4) agences actuelles, de Ndjamena, Moundou, Sarh et Doba ne disposent pas la capacité pour collecter l’ensemble des données nécessaires du pays afin d’appréhender le fonctionnement du marché du travail. Il faut diagnostiquer une maladie pour apporter les soins adéquats.

Le budget actuel de l’office s’élève à moins 100 millions de F CFA dont  les un tiers (1/3) est destiné au paiement de salaires,  montre à quel point les autorités ne s’occupent pas de la question comme il se le doit. Vu le chômage dans le pays, un tel budget apparaît très insuffisant pour faire face à cette situation. Pour endiguer ce fléau le mieux serait d’allouer un budget conséquent et également créer un service informatique digne de la question de l’emploi.   

 

 

« Comme la nature donne à chaque homme un pouvoir absolu sur tous ses membres, le pacte social donne au corps politique un pouvoir absolu sur tous les siens… » Du contrat social.  J.J. ROUSSEAU

Issa Mahamat Abdelmamout

issa1304@yahoo.fr

 

A suivre : Une autre cause, la prochaine fois.

 

Issa Mahamat Abdelmamout