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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

ANT44.jpgSur le plan interne, le Tchad connaît des difficultés politiques et économiques importantes. D’une part, le Président ne dispose pas du soutien de la population tchadienne. Président « à vie », depuis une révision constitutionnelle de 2006, Idriss Déby refuse toute évolution politique. La démocratisation de façade du pays ne résout en rien les problèmes de fonds liés à la collusion du pouvoir en place. A titre d’exemple, l’administration territoriale hiérarchisée lui permet se maintenir au pouvoir par cooptation. A la suite des dernières élections – accusées d’être truquées – (2006), une partie des opposants située au Soudan, a tenté de bouleverser le régime en occupant la capitale N’Djamena (février 2008). La France est alors intervenue pour défendre le gouvernement tchadien et au-delà, ses intérêts militaires (Opération « Epervier » depuis 1976 et accord de coopération militaire depuis 1976) dans la région. En cas de changement politique, la France perdrait sa capacité d’intervention dans cette zone, étant fortement impopulaire au Tchad, surtout après l’affaire de l’Arche de Zoé.

 

D’autre part, le Tchad, pays agricole essentiellement producteur de coton, dispose d’un poids économique très faible (le PIB par habitant est de moins de 2000 $). L’économie informelle y est très développée. En tant que PMA, le pays a connu plusieurs moratoires sur sa dette publique, assortis de conditionnalités d’assainissement budgétaire. L’essentiel de sa production pétrolière, censé réduire la pauvreté, et donc permettre le développement économique, concoure en réalité à l’instabilité sociale. En effet, le gouvernement profite de cette manne financière pour acheter des armes et éventuellement le ralliement de certains opposants.

Sur le plan externe, le Tchad est conflit avec le Soudan et sa stabilité repose sur des puissances extérieures. Depuis les années 1960, le Darfour constitue une base arrière pour les rebelles tchadiens. A partir des années 2000, les affrontements avec le Soudan sont récurrents ; le Soudan appuyant les rebelles tchadiens, le Tchad soutenant les insurgés soudanais du MJE (Mouvement pour la justice et l’égalité). En outre, cette instabilité chronique résulte de la diversité ethnique des populations locales et de leurs divergentes attentes politico-économiques : au nord, les populations sahariennes musulmanes (Toubous, Goranes, Kradas, Zaghawas, Bideyats, Kanembous et Ouaddaïens), au centre les populations Arabes, et au Sud ouest les populations chrétiennes et animistes (Sara, Hajaraïs, Ngambayes, Toupouris, Kotokos, Massas et autres). Contrairement à une idée reçue, le conflit est avant tout politique. Il ne s’agit pas d’un conflit religieux musulman/ non musulman. Le conflit est également économique dans la mesure où l’objectif est avant tout d’accaparer les ressources naturelles (pétrole, eau essentiellement). Dans ce contexte, la stabilité du Tchad repose sur la France.

 Alexandra Crepy